# **Le Maroc abandonne son équilibre commercial avec l'Argentine**
**Janvier-septembre 2026.** L’Institut national de la statistique marocain (INS) vient de publier un chiffre qui claque : le déficit commercial avec l’Argentine a bondi de **248 %** en un an. **498 millions de dollars** de déficit en neuf mois. Pour rappel, en 2025, sur la même période, le déficit était de **143 millions**. Presque quatre fois moins. Alors, qu’est-ce qui se passe ?
## **L’Argentine, ce trou noir pour les exportations marocaines**
Le Maroc exporte surtout des **pharmaceutiques**, des **produits agroalimentaires** et des **textiles**. L’Argentine, elle, importe massivement. Mais le problème, c’est que **les exportations marocaines vers ce pays ne suivent pas**. Entre janvier et septembre 2026, les ventes marocaines vers l’Argentine ont à peine augmenté (+3,5 %), tandis que les importations ont **explosé (+120 %)**. Résultat : un déficit qui devient structurel.
Pourtant, l’Argentine n’est pas un marché négligeable. **En 2025, le Maroc y a vendu pour 1,5 milliard de dirhams de produits pharmaceutiques**, selon l’Office des changes. Mais cette année, les chiffres stagnent. Pire : les importations marocaines en provenance d’Argentine concernent surtout des **matières premières** (soja, huile végétale) et des **produits énergétiques**, dont le Maroc a un besoin croissant. **Problème** : l’Argentine ne compense pas par des achats massifs de produits marocains.
Et puis, il y a **l’effet de change**. Le peso argentin s’est effondré face au dirham ces derniers mois. **Un dirham vaut aujourd’hui 1,8 peso**, contre 1,3 il y a un an. Les importations marocaines deviennent donc **beaucoup plus chères** pour les Argentins, qui achètent moins. Mais le Maroc, lui, continue d’importer massivement. **Pourquoi ?** Parce que les alternatives (Brésil, États-Unis) sont soit trop chères, soit trop éloignées.
## **Les choix politiques qui aggravent la situation**
Le Maroc mise depuis des années sur **l’Amérique latine** pour diversifier ses échanges. Mais l’Argentine, malgré ses accords commerciaux (comme l’accord de libre-échange avec le Mercosur), reste un partenaire **ingrat**. **Pourquoi les autorités ne réagissent-elles pas ?**
Plusieurs pistes. **D’abord, la dépendance aux matières premières** : le Maroc importe massivement du soja argentin pour nourrir son bétail et son industrie agroalimentaire. **Remplacer cette source serait compliqué et coûteux.** Ensuite, **les barrières douanières argentines** : l’Argentine protège son marché avec des droits de douane élevés sur les produits manufacturés. **Résultat** : les exportations marocaines peinent à percer.
Et puis, il y a **l’absence de stratégie claire**. Le Maroc a signé des accords, mais **aucun plan concret** pour booster ses ventes vers l’Argentine. **Pendant ce temps, les importations continuent de croître**, tirées par la demande intérieure marocaine en énergie et en denrées alimentaires.
## **Ce que ça signifie pour l’économie marocaine**
Un déficit commercial qui explose avec l’Argentine, c’est **un signal d’alerte**. **D’abord, parce que ça creuse la dette commerciale** : le Maroc doit importer pour produire, mais ses exportations ne suivent pas. **Ensuite, parce que ça révèle une faiblesse structurelle** : le pays reste trop dépendant de quelques partenaires et de quelques secteurs.
**Pire** : cette situation s’inscrit dans un contexte plus large. Le Maroc voit son déficit commercial global **se dégrader** depuis 2023. **Pourquoi ?** Parce que les exportations stagnent, tandis que les importations (énergie, matières premières) explosent. **L’Argentine n’est qu’un exemple parmi d’autres.**
**La vraie question, c’est : jusqu’où le Maroc peut-il continuer comme ça ?**
## **L’Argentine joue avec le feu**
De l’autre côté de l’Atlantique, l’Argentine a ses propres problèmes. **Son économie est en crise**, avec une inflation à deux chiffres et une monnaie qui s’effondre. **Pourtant, le pays continue d’exporter massivement vers le Maroc**, surtout du soja et de l’huile de tournesol. **Pourquoi ?** Parce que le Maroc est un **client fiable**, même si ses achats ne compensent pas.
**Mais attention** : si la situation continue, l’Argentine pourrait **réorienter ses exportations** vers d’autres marchés (Chine, Turquie) où la demande est plus forte. **Pour le Maroc, ce serait un coup dur.**
## **Et maintenant ?**
Le Maroc a deux options. **Soit il diversifie ses importations** pour réduire sa dépendance à l’Argentine. **Soit il force l’entrée de ses produits** sur le marché argentin, en négociant des accords plus avantageux ou en misant sur des niches (pharma, textile haut de gamme).
**Problème** : aucune de ces solutions n’est simple. **Diversifier coûte cher.** **Percer le marché argentin demande du temps et des investissements.**
**Pour l’instant, le Maroc continue d’importer comme si de rien n’était.** Mais si le déficit persiste, **les autorités devront prendre des décisions difficiles.**
**Parce qu’un déficit qui explose, ce n’est pas qu’un chiffre. C’est un avertissement.**
**Le Maroc a jusqu’à fin 2027 pour réagir. Après, ce sera trop tard.**
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R Galaxie Rédaction