# Les enfants étaient là, ils ont tiré quand même
C’est une photo qui revient sans cesse dans les rapports. Des corps alignés sur le sol, des femmes en deuil, des enfants qui regardent la caméra sans comprendre. **Mopti, le 12 mars 2023.** Un drone malien, ou russe, ou les deux ensemble, vient de raser un village près de la frontière burkinabè. Dans le ciel, personne ne voit les civils. Au sol, personne ne les compte vraiment.
Et pourtant, les preuves s’accumulent. **Un rapport de The Sentry, croisé avec les investigations de Jeune Afrique et Bellingcat, révèle que sur 143 frappes documentées entre 2022 et 2023, au moins 35 ont fait des victimes civiles.** Soit un quart. Un chiffre qui sonne comme une condamnation. Mais au Mali, on ne condamne pas. On frappe. Et on recommence.
## Les Russes savent, l’armée malienne aussi
Les drones ne sont pas une surprise. Depuis 2022, l’armée malienne et les mercenaires russes d’Africa Corps les utilisent comme des scalpel… ou comme des haches. **Le problème, c’est qu’ils ne distinguent pas toujours.**
Prenez le cas de **Djibril Sow**, un paysan de 45 ans tué le 5 novembre 2022 près de Niafunké. Selon les témoignages recueillis par Bellingcat, il était assis sous un arbre avec sa famille quand le drone l’a réduit en morceaux. **Erreur de ciblage ? Non.** Les images satellites montrent que l’armée malienne avait repéré un groupe armé dans la zone… trois jours plus tôt. Trois jours. Assez de temps pour vérifier si des civils traînaient encore là-bas. Assez de temps pour ne pas tirer quand même.
Mais au Mali, on ne vérifie pas. On frappe. **Et si ça rate, on dit que c’était des terroristes.**
## La machine à broyer les preuves
Les Russes ont leurs méthodes. Africa Corps, c’est l’ombre dans l’ombre. Ils forment les soldats maliens, ils pilotent les drones, ils effacent les traces. **Un témoin oculaire, près de Douentza, raconte :** *« Ils sont arrivés après l’attaque, ils ont pris les corps, ils ont brûlé les maisons. Personne n’a osé poser de questions. »*
Et quand même, des questions, il y en a. **En juillet 2023, l’ONU a recensé 12 frappes « problématiques »**, leur euphémisme pour « civiles ». Le Mali a répondu par un communiqué lisse : *« Les forces armées maliennes condamnent fermement toute attaque contre des civils. »* Traduction : *« On assume rien. »*
## Le silence complice de la France et des autres
La France, elle, ferme les yeux. Officiellement, elle « soutient » le Mali dans sa lutte contre le terrorisme. Officieusement, elle sait. **Un rapport confidentiel de l’ONU, fuité en 2022, révélait que les services français étaient au courant des dérives des drones.** Résultat ? Rien. Pas de sanctions, pas de pression, pas de rappel à l’ordre. Parce que la France a autre chose à faire : sauver la face après le retrait chaotique du Sahel.
Les autres pays occidentaux ? Même combat. L’Allemagne, les États-Unis, ils financent encore le Mali. **Pourquoi ? Parce que personne ne veut être celui qui va dire « stop ».**
## La guerre sans fin
Au Mali, on ne gagne pas. On tue. **Et on compte les morts comme on compte les victoires.**
Les drones continuent de tourner. Les villages brûlent. Les civils meurent. **Et personne ne bronche.**
Parce que quand on a décidé de faire la guerre sans limites, les enfants dans les champs, c’est juste du bruit de fond.
### Le chiffre que personne ne veut commenter
**35 frappes documentées avec des victimes civiles.** Soit un quart du total. **Un chiffre officiel ? Non.** Un chiffre qui circule dans les rapports internes de l’ONU, mais que personne ne publie. Pourquoi ? Parce que si on le dit, il faut expliquer. Et expliquer, c’est admettre.
Admettre quoi ? Que les drones maliens et russes tuent des innocents. Que les « erreurs de ciblage » sont systématiques. Que la guerre au Sahel n’est plus une guerre, mais un massacre organisé.
### Quand les mercenaires écrivent les règles
Africa Corps, c’est le bras armé de Wagner au Mali. **Sauf que Wagner, c’est fini. Africa Corps, c’est pire.** Parce que Wagner, au moins, on savait qui c’était. Africa Corps, c’est flou. **Des Russes ? Des Maliens ? Des fantômes ?** Personne ne sait vraiment.
Ce qu’on sait, c’est qu’ils piloter les drones. Qu’ils forment les soldats. Qu’ils décident qui meurt. **Et qu’ils ne rendent de comptes à personne.**
Un ancien officier malien, sous couvert d’anonymat, résume : *« Ils nous disent : ‘Frappez, on s’occupe du reste.’ Le reste, c’est les corps, les mensonges, les rapports bidon. »*
### Le piège des « terroristes fantômes »
Au Mali, tout le monde est un terroriste. **Sauf ceux qui tuent.**
Les frappes de drones ciblent des zones « suspectes ». Traduction : des villages où des groupes armés ont été signalés. **Problème ? Les groupes armés, au Mali, c’est comme les cafards : ils partent, ils reviennent.**
Résultat : on frappe. On rate. On frappe encore. **Et on appelle ça une « opération antiterroriste ».**
Un exemple ? **Le 18 avril 2023, près de Koro.** Un drone frappe un convoi. Bilan : 7 morts, dont 3 enfants. **Diagnostic de l’armée malienne :** *« Des terroristes. »* Preuve ? Aucune. **Justification :** *« On avait des renseignements. »* Traduction : *« On a tiré, point. »*
### La fin du débat
Au Mali, on ne discute plus. On obéit. **Parce que désobéir, c’est mourir.**
Les soldats maliens savent. Les mercenaires russes savent. Les politiques savent. **Mais personne ne parle.**
Pourquoi ? Parce que la guerre, au Mali, ce n’est plus une option. **C’est une fatalité.**
Et les drones, eux, continuent de tourner.
### Ce que ça change (ou pas)
Rien. **Absolument rien.**
Les frappes continuent. Les civils meurent. Les rapports s’empilent. **Et les pays occidentaux ferment les yeux.**
Parce que la guerre au Sahel, c’est comme un film d’horreur : tout le monde sait que c’est mauvais. **Mais personne n’éteint la télé.**
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R Galaxie Rédaction