Pourquoi Netanyahu explose comme ça ?
Israël n’a pas l’habitude qu’on lui parle comme ça. Pas devant l’ONU, pas en public. Macron a osé. Il a utilisé un terme fort, « honte », et il l’a associé à une image : « un spectacle ». Comme si Gaza était un cirque, et que les Israéliens en étaient les clowns. Sauf que pour Netanyahu, ce n’est pas un spectacle. C’est une guerre. Une guerre qu’il mène, oui, mais une guerre qu’il justifie par la sécurité de son pays. Et quand un président français vient lui dire « vous nous faites honte », ça sonne comme un jugement. Pire : comme une ingérence. Parce que pour Israël, la Cisjordanie, Gaza, c’est son dossier. Son problème. Pas celui de la France. Pas celui de l’ONU.
Et puis, il y a le timing. Macron sort ses grands discours sur Gaza alors que les frappes israéliennes continuent. Alors que des milliers de Palestiniens sont déplacés, alors que l’aide humanitaire peine à passer. Alors que les États-Unis, eux, continuent de livrer des armes à Israël sans broncher. Dans ce contexte, son coup de gueule à l’ONU, c’est un peu comme crier « au feu ! » dans un cinéma où tout le monde regarde ailleurs. Sauf que cette fois, ce n’est pas un cri d’alarme. C’est une provocation.
La France joue un double jeu ?
Voilà le vrai problème. La France se présente comme le champion des droits de l’homme sur cette question. Elle vote pour les résolutions de l’ONU contre Israël, elle condamne les colonies, elle parle de « processus de paix ». Mais en même temps, elle vend des armes à Israël. Beaucoup d’armes. En 2022, selon les chiffres du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), la France était le troisième fournisseur d’armes d’Israël, derrière les États-Unis et l’Allemagne. Des chars, des hélicoptères, des systèmes de défense. Assez pour que Netanyahu puisse se dire : « Merci, Macron, mais on se débrouille très bien sans vos leçons. »
Alors oui, Macron a raison sur un point : la situation à Gaza est catastrophique. Les chiffres le prouvent. Selon l’ONU, plus de 35 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, la plupart des civils. Les hôpitaux sont saturés, l’eau et la nourriture manquent. C’est un drame. Mais quand il pointe du doigt Israël sans jamais mentionner le Hamas, sans jamais expliquer pourquoi cette guerre a commencé, ça sonne faux. Parce que le Hamas, lui, ne fait pas de discours à l’ONU. Lui, il tire des roquettes sur des écoles. Lui, il prend des otages. Lui, il ne négocie pas.
L’ONU, ce théâtre des illusions
L’Assemblée générale de l’ONU, c’est un peu comme un bal masqué. Tout le monde y vient avec ses bonnes intentions, mais personne n’a vraiment les moyens d’agir. La France y va pour jouer les moralisateurs. Les États-Unis y vont pour soutenir Israël sans trop en avoir l’air. La Russie et la Chine y vont pour critiquer l’Occident. Et Israël ? Israël y va pour écouter, puis pour ignorer. Parce que au final, personne ne décide rien. Personne ne force personne à faire quoi que ce soit.
Pourtant, cette fois, Macron a osé. Il a osé dire « honte ». Et ça, c’est nouveau. Parce que d’habitude, les dirigeants occidentaux font semblant de ne pas voir. Ils condamnent « avec la plus grande fermeté », puis ils signent des contrats d’armement le lendemain. Ils parlent de « cessez-le-feu », puis ils laissent Israël bombarder. Ils appellent à la « modération », puis ils ferment les yeux sur les exactions du Hamas.
Sauf que là, Macron a franchi une ligne. Il a nommé Israël. Il a utilisé un mot fort. Et ça, Israël ne l’a pas supporté. Parce que pour Netanyahu, ce n’est pas une question de morale. C’est une question de survie. Et quand on vous dit « vous nous faites honte » alors que vous êtes en train de vous battre pour votre existence, ça fait mal. Ça fait très mal.
Ce que ça change (ou pas)
Alors, est-ce que ça va changer quelque chose ? Probablement pas. Parce que la guerre à Gaza, elle, continue. Parce que les États-Unis, eux, ne bougeront pas. Parce que l’ONU, elle, reste un forum où l’on parle beaucoup et où l’on agit peu. Macron a marqué des points symboliques, oui. Il a montré que la France était du côté des Palestiniens, du moins en théorie. Mais en pratique ?
Reste une question : est-ce que Macron a vraiment cru que son discours allait faire plier Israël ? Ou est-ce qu’il savait très bien que ça ne changerait rien, mais qu’il fallait quand même le dire ? Parce que sinon, à quoi bon être à l’ONU ? À quoi bon faire des discours si ce n’est pas pour marquer les esprits ?
La réponse, c’est probablement les deux. Macron joue un rôle. Il doit montrer qu’il est du côté des « valeurs ». Mais en même temps, il sait très bien que la réalité, elle, est bien plus compliquée. Bien plus sale. Bien moins noble.
Le vrai problème, c’est l’Occident
Le fond du problème, c’est que l’Occident entier est dans le déni. On parle de « droits de l’homme », mais on ferme les yeux sur les exactions du Hamas. On parle de « sécurité d’Israël », mais on ignore les souffrances des Palestiniens. On fait semblant de condamner, mais on continue à armer. On pleure sur Gaza, mais on ne bouge pas.
Macron a eu le courage (ou l’inconséquence) de le dire à voix haute. Netanyahu a réagi comme un homme blessé dans son orgueil. Mais au final, rien ne change. Parce que la guerre, elle, elle continue. Et que personne, vraiment personne, n’a envie de la stopper.
Alors oui, Macron a raison sur un point : c’est un spectacle. Un spectacle de cruauté, de cynisme, de double langage. Et le pire, c’est que personne ne veut en sortir. Parce que personne n’a vraiment intérêt à ce que ça s’arrête.