Coquerel veut gonfler le Livret A Ă  30 000 euros, les riches en profiteront

L’amendement LFI pour porter le plafond du Livret A à 30 000 euros passe à l’Assemblée. Une mesure qui vise les classes moyennes… mais que les plus aisés contournent déjà. Explications sur ce qui se joue vraiment.

Publié le 16 octobre 2026 à 18:08
Coquerel veut gonfler le Livret A Ă  30 000 euros, les riches en profiteront

En 2024, un Français sur deux a un Livret A. Certains y parquent 10 000 euros, d’autres 20 000. Mais très peu dépassent les 22 950 euros autorisés. Pourtant, l’idée de porter ce plafond à 30 000 euros, portée par Éric Coquerel (LFI), fait grincer des dents. Pas pour les raisons qu’on croit.

Le piège des classes moyennes

Le Livret A, c’est le placement préféré des Français. Pourquoi ? Parce que c’est sûr, liquide, et exonéré d’impôts. Sauf que depuis 2018, le plafond est bloqué à 22 950 euros. Résultat : ceux qui veulent épargner plus doivent se rabattre sur le Livret de développement durable (LDDS), lui aussi plafonné à 22 950 euros. Deux placements, deux fois le même plafond. Une contrainte qui pèse surtout sur les classes moyennes.

Coquerel propose donc de soulever ce plafond à 30 000 euros. À première vue, c’est une bonne nouvelle pour les ménages qui veulent thésauriser sans payer d’impôts. Sauf que… les plus riches ne sont pas ceux qui trépignent devant le Livret A. Ils ont déjà des solutions bien plus rentables.

Les riches, eux, ont d’autres plans

Un couple avec des revenus de 150 000 euros par an ne va pas mettre son argent sur un Livret A. Même avec un plafond à 30 000 euros, ça ne représente que 20 % de son épargne potentielle. Non, les riches, ils misent sur l’assurance-vie, les SCPI, ou pire, l’immobilier locatif. Des placements qui, eux, rapportent vraiment.

Et puis, il y a le petit détail fiscal : le Livret A reste bloqué à 3 % de rendement. Même avec un plafond plus haut, ça ne change rien pour ceux qui cherchent des rendements sérieux. Les 30 000 euros supplémentaires ? Une aumône pour les classes moyennes, pas un cadeau pour les riches.

Le vrai problème : l’évasion fiscale déguisée

Ce qui agace, c’est que cette mesure arrive alors que l’État cherche désespérément à boucler son budget. En 2023, le déficit public a frôlé les 100 milliards d’euros. Pourtant, on donne plus de marge aux Français pour épargner sans impôt, alors que les grandes fortunes, elles, optimisent déjà leurs placements.

Prenez Bernard Arnault. Son patrimoine ? Plus de 200 milliards. Il ne mettra jamais 30 000 euros sur un Livret A. Par contre, il a des dizaines de millions en comptes offshore, des holdings en Luxembourg, et des biens immobiliers en Suisse. Des montages qui lui font économiser des milliards en impôts. Le Livret A, c’est l’arbre qui cache la forêt.

La vraie cible de Coquerel ? Les banques.

Derrière cette mesure, il y a une autre bataille : celle contre les banques. Les Livrets A et LDDS rapportent peu aux établissements financiers. En élargissant le plafond, l’État force les banques à prêter davantage, à faire tourner l’économie réelle. C’est une façon de les pousser à sortir des produits spéculatifs et à financer l’immobilier ou les PME.

Mais attention : ça ne résoudra pas le problème des inégalités. Les riches continueront à contourner le système. Les classes moyennes, elles, auront un peu plus de marge. Et l’État ? Il perdra encore un peu plus de recettes.

Le piège des apparences

Le débat sur le Livret A, c’est comme celui sur l’ISF : on parle des petits épargnants, mais les vrais enjeux sont ailleurs. Coquerel le sait. Son amendement n’est pas une mesure sociale, c’est un coup de poker fiscal. Un moyen de dire : « Vous, les banques, vous allez enfin jouer le jeu. »

Sauf que les riches, eux, ne joueront jamais.

Et après ?

Si le plafond passe à 30 000 euros, les Français mettront-ils plus d’argent sur leur Livret A ? Peut-être. Mais ça ne changera rien aux inégalités. Les riches, eux, auront toujours leurs paradis fiscaux. Les banques, elles, continueront à spéculer. Et l’État ? Il devra trouver d’autres façons de se financer.

La vraie question, c’est : à quoi bon élargir le Livret A si on ne touche pas aux mécanismes qui permettent aux plus aisés d’échapper à l’impôt ?

Parce qu’au final, 30 000 euros de plus sur un Livret A, ça ne fera pas une dentelle à ceux qui détiennent des milliards.

Le vrai combat, c’est ailleurs.

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R Galaxie Rédaction

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