Le coup bas qui sent le calcul
Rosenior, vous savez ce qu’il a fait ? Il a sorti son téléphone. Pas pour regarder son score, non. Pour poster un message. Un message court, sec, avec une photo de lui en maillots parisien, les bras croisés, et ce texte : « Strasbourg, vous êtes où ? » Sous-entendu : « Vous êtes perdus, vous êtes nuls, et maintenant, je vous regarde jouer depuis le bon côté. »
Ça, c’est du sport business. Pas du foot. C’est la guerre des egos, celle où les joueurs deviennent des mercenaires et les supporters, des cibles. Strasbourg a réagi, bien sûr. Des insultes en retour, des menaces. « On va te buter quand tu reviens. » Classique. Sauf que Rosenior, lui, il a ri. Parce qu’il sait une chose : il n’a plus rien à perdre. Plus de contrat à Strasbourg, plus de fans qui lui font les yeux doux. Juste un club qui gagne, et un ancien club qui saigne.
Et puis, il y a ce détail : il n’a même pas attendu la fin du match. À la 65ème minute, alors que Strasbourg était encore en train de se débattre, Rosenior avait déjà tourné la page. Lui, il était déjà passé à autre chose. Eux, ils devaient encore encaisser.
Le vrai problème, ce n’est pas lui. C’est eux.
Strasbourg, c’est le club des illusions. Celui qui croit encore aux légendes, aux retours triomphaux, aux joueurs qui reviennent par amour. Rosenior ? Il est parti parce que le club ne voulait plus payer. Point. Pas par trahison, pas par ingratitude. Par réalisme. Et maintenant, il les regarde se débattre avec leurs moyens de pacotille, leur stade à moitié vide, et cette réputation de « club à joueurs » qui colle comme une tache.
Le pire ? Ils l’ont laissé partir. Pas par choix, non. Parce qu’ils n’avaient pas les moyens de le garder. Et aujourd’hui, ils doivent avaler leurs mots. Leurs supporters hurlent, leurs joueurs en ont marre, et leur président ? Il est là, quelque part, à se demander comment en est-on arrivé là.
La vengeance est un plat qui se mange froid
Rosenior, lui, il a juste fait son travail. Il joue pour Paris, il gagne, et il balance des piques en passant. Pas par méchanceté. Par opportunisme. Parce que dans ce métier, les alliances sont fragiles et les loyautés, encore plus.
Le plus drôle ? Strasbourg va continuer à s’énerver. Ils vont insulter Rosenior, ils vont maudire Paris, ils vont serrer les poings en regardant les résultats. Mais ça ne changera rien. Parce que le foot, aujourd’hui, c’est comme ça : on trahit, on vend, on rit, et on recommence.
Et les supporters ? Ils sont les dindons de la farce.
Le vrai scandale, c’est qu’on s’en fiche.
Personne ne va sanctionner Rosenior. Personne ne va lui demander des excuses. Parce que dans le football, les règles sont simples : si tu gagnes, tu as le droit de tout dire. Si tu perds, tu fermes ta gueule.
Alors Strasbourg, vous voulez la guerre ? Très bien. Mais sachez une chose : vous n’avez même pas les armes pour la gagner.
Ce que Paris a compris, Strasbourg ne le comprendra jamais
Le Paris FC, sous ses airs de club riche et bling-bling, a une force : il assume. Il signe des joueurs comme Rosenior, il les laisse parler, il les laisse gagner. Et surtout, il ne se prend pas pour quelque chose.
Strasbourg, lui, il se prend pour un club historique. Un club « à l’âme alsacienne ». Un club « qui mérite mieux ». Sauf que les comptes en disent autrement. En 2023, le RCSA a enregistré un déficit de 12,3 millions d’euros (source : rapport financier club). Douze millions. Pour un club qui se bat pour rester en L1.
Alors oui, Rosenior a raison. Strasbourg n’est plus qu’un souvenir. Un joli souvenir, peut-être. Mais un souvenir quand même.
La prochaine fois, ils ne riront pas.
Parce que le foot, c’est comme la vie : ceux qui ont les moyens de rire sont ceux qui ont déjà gagné. Strasbourg, lui, il est encore en train de compter les dégâts.
Et ça, Rosenior le sait. C’est pour ça qu’il sourit.