**Le Québec a un problème. Pas celui qu’on vous vend.**
En 2024, Hydro-Québec a annoncé 14 nouveaux parcs éoliens en projet dans les Laurentides, la Gaspésie et l’Abitibi. Soit plus de 3 000 mégawatts à installer d’ici 2035. Les gestionnaires des ZEC, eux, regardent ça comme une menace existentielle. Pas parce qu’ils sont contre le vent, mais parce que leurs territoires, ces zones où la chasse, la pêche et la faune sauvage sont protégées, se transforment en zones de guerre. L’Association des ZEC du Québec (AZEQ) a calculé que 15 % des projets éoliens en cours empiètent directement sur des zones tampons ou des corridors migratoires.
Et le pire ? Personne ne semble s’en soucier vraiment.
Les éoliennes, ces géants qui écrasent les cerfs
Prenez la ZEC de la Jacques-Cartier. Un territoire de 1 200 km² où, chaque automne, des centaines d’orignaux traversent la route 166 pour rejoindre leurs zones d’hivernage. En 2022, une étude de l’Université Laval a montré que les parcs éoliens réduisent les déplacements des ongulés de 40 %. Résultat : plus de collisions, plus de stress, et une population déjà fragilisée qui s’effondre. Pourtant, Boréalis Énergie a obtenu des permis pour installer 250 éoliennes à moins de 5 km de la ZEC, sous prétexte que le bruit et les ombres tournoyantes ne dérangeraient « que localement ».
Le problème ? Personne n’a jamais mesuré l’impact global.
Les promoteurs utilisent des modèles informatiques pour estimer les perturbations. Sauf que ces modèles ignorent un détail crucial : les animaux ne se comportent pas comme des robots. Un cerf qui évite une éolienne aujourd’hui peut très bien mourir demain, écrasé par une voiture parce qu’il a été forcé de faire un détour de 20 km. En Saskatchewan, une étude de 2020 a prouvé que les parcs éoliens augmentaient les risques de mortalité routière de 60 % pour les grands mammifères. Au Québec, on fait comme si ça n’existait pas.
Le gouvernement joue avec les chiffres
Le ministère de l’Environnement a une solution : les « mesures d’atténuation ». Traduction : on plante des arbres, on installe des panneaux clignotants, et on espère que ça suffira. Sauf que ça ne marche pas. En 2019, le gouvernement a adopté une politique exigeant des études d’impact pour les projets éoliens. Résultat ? Sur les 50 projets soumis depuis, seulement 3 ont été refusés.
Pourquoi ? Parce que les critères sont flous. Une éolienne peut être installée à 1 km d’un corridor migratoire si « les bénéfices énergétiques l’emportent ». C’est du pur calcul politique.
Prenez le cas de la ZEC de la Matane. En 2023, le promoteur Éoliennes de la Matane (filiale de Boréalis) a obtenu des permis pour un parc de 120 machines, à moins de 800 mètres d’un site de nidification du pluvier siffleur, une espèce menacée. Le rapport d’impact mentionne en passant que « quelques individus pourraient être dérangés ». Personne ne parle des œufs écrasés sous les fondations, des prédateurs attirés par les lumières, ou des oiseaux qui s’écrasent contre les pales.
Le ministère a validé le projet. Point.
Les ZEC, ces territoires qu’on sacrifie sans le dire
Les gestionnaires des ZEC sont dans une position impossible. D’un côté, ils doivent protéger la faune. De l’autre, le gouvernement leur impose des quotas de chasse pour « compenser » les pertes de revenus touristiques causées par les éoliennes.
C’est absurde.
À la ZEC de la Doute, dans les Cantons-de-l’Est, les revenus de la chasse ont chuté de 25 % depuis l’installation de 40 éoliennes en 2018. Résultat ? Les clubs de chasse ferment, les emplois partent, et les gestionnaires doivent maintenant négocier avec les promoteurs pour limiter les dégâts.
Mais qui paie ? Pas les éoliens.
Les coûts des mesures d’atténuation (panneaux, clôtures, surveillance) sont toujours reportés sur les chasseurs et les pêcheurs, via des hausses de tarifs. En 2023, la ZEC de la Batiscanie a dû augmenter ses frais de 15 % pour financer un programme de « dérangement minimal » autour d’un parc éolien.
Qui a intérêt à ça ? Personne, sauf les actionnaires des compagnies éoliennes.
Le vrai débat n’a même pas lieu
Le problème, c’est que personne ne veut affronter la question centrale : le Québec a-t-il vraiment besoin de 3 000 mégawatts d’éolien supplémentaires ?
En 2022, Hydro-Québec a annoncé que seulement 10 % de la production éolienne était utilisée en heure de pointe. Le reste est vendu à perte sur les marchés américains ou stocké dans des batteries qui ne servent à rien. Pendant ce temps, le gouvernement dépense des centaines de millions en subventions pour attirer les usines électriques.
Alors oui, les éoliennes tournent. Mais à quel prix ?
Les ZEC ne sont pas des zones sacrifiables. Ce sont des réserves de biodiversité, des poumons pour les communautés locales, et des espaces où la nature a encore sa place. Les étouffer sous des parcs éoliens, c’est comme brûler une forêt pour chauffer une maison : ça marche… jusqu’à ce que plus rien ne pousse.
Le Québec a le choix. Soit il protège ses territoires. Soit il continue à les vendre par morceaux.
Pour l’instant, la réponse est claire : on vend.