Les écrans ont remplacé le travail scolaire, et personne ne s’en émeut vraiment

Les résultats Pisa 2026 confirment l’effondrement des maths en France, mais les vraies causes, écrans, désengagement des parents, classes surchargées, restent des sujets tabous. Pourquoi on continue à faire semblant de chercher des solutions ?

Publié le 9 septembre 2026 à 18:03
Les écrans ont remplacé le travail scolaire, et personne ne s’en émeut vraiment

Les écrans, ce fléau qu’on regarde sans agir

On passe son temps à râler contre les écrans, mais on ne fait rien. Les études le confirment : un enfant scotché devant un téléphone, une tablette ou un écran de jeu perd en moyenne 20 à 30 % de ses capacités cognitives immédiates. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que si un gamin passe ses soirées à scroller TikTok au lieu de faire ses devoirs, il ne sera pas en tête du classement Pisa. Pourtant, en France, 87 % des 12-15 ans ont un smartphone (source : Baromètre des usages numériques des jeunes, 2025). Et les parents ? Ils ferment les yeux. Pourquoi ? Parce que c’est plus simple. Parce que la faute, c’est toujours aux autres : l’école, le système, les profs qui ne savent plus enseigner. Personne ne veut admettre que la responsabilité commence à la maison.

Pire : les écrans ne servent même plus à rien. On ne parle plus de « divertissement passif ». Non, maintenant, c’est l’addiction. Les algorithmes de TikTok ou YouTube sont conçus pour capter l’attention des ados et les y maintenir, comme des rats en labo. Une étude de l’INSERM publiée en 2024 a montré que les jeunes exposés plus de 3 heures par jour à ces plateformes avaient des scores en compréhension écrite inférieurs de 15 % à ceux qui limitaient leur usage. 15 %. Pas 2 ou 5. Quinze. Et on continue à laisser faire.

Mais le vrai problème, c’est que les écrans ne sont même plus un loisir. Ils sont devenus le cadre de vie des enfants. En 2026, 60 % des collégiens font leurs devoirs sur ordinateur (source : Enquête « Numérique à l’école », ministère de l’Éducation). Sauf que ces ordinateurs, souvent des Chromebooks bas de gamme fournis par l’État, sont conçus pour le surf, pas pour le travail scolaire. Résultat ? Les élèves zappent, copient-collent, ou pire : ils utilisent des outils comme Grammarly ou QuillBot pour réécrire leurs dissertations en deux clics. L’école a externalisé la triche. Et personne ne s’en offusque.

Les classes surchargées, ce mensonge organisé

On nous serine que les effectifs en classe ont été réduits. Que non, cette fois, c’est la bonne réforme. Sauf que les chiffres mentent. En 2026, dans les collèges des quartiers populaires, les classes de seconde dépassent toujours les 30 élèves par professeur dans 40 % des établissements (source : Rapport IGÉSR, 2025). 30 élèves, c’est déjà beaucoup. Mais quand la moitié d’entre eux décrochent dès la première heure, que le prof doit gérer les téléphones qui sonnent, les conflits, les demandes d’aide individualisées, et que l’autre moitié passe son temps à regarder par la fenêtre en attendant la fin du cours… vous voyez le tableau ?

Et puis, il y a les profs. Les bons. Ceux qui tentent encore de transmettre quelque chose malgré tout. Ils sont épuisés. Le métier est devenu ingérable. En 2024, 1 professeur sur 3 en collège a déclaré avoir envisagé de quitter la profession (source : SNUipp-FSU). Pourquoi ? Parce que personne ne les soutient. Parce que les moyens manquent. Parce que l’État préfère dépenser des milliards en subventions aux plateformes éducatives en ligne (comme Khan Academy ou Class’Code) plutôt qu’en embauches ou en formation.

Le pire ? Les élèves s’en foutent. Dans une classe de 30, quand un prof crie pour se faire entendre, quand il doit répéter trois fois la même consigne parce que la moitié n’a pas écouté, quand il voit que ceux qui pourraient suivre ne le font pas… il finit par baisser les bras. Et les élèves, eux, apprennent une chose : l’école ne sert à rien. Alors ils décrochent. Définitivement.

Les parents, ces fantômes du système

On parle toujours des « parents démissionnaires ». Mais qui sont-ils vraiment ? Ce ne sont pas les parents qui envoient leurs gosses à l’école à 8h30 avec un goûter et un cartable rempli. Non. Ce sont ceux qui croient encore que l’école peut tout faire. Ceux qui signent les bulletins sans les lire. Ceux qui disent « mon enfant, il est comme ça » quand il rentre avec un 8/20 en maths. Ceux qui, le soir, au lieu de s’asseoir avec lui pour vérifier ses exercices, lui disent : « Regarde ça demain, là, je suis fatigué. »

Le problème, c’est que la plupart des parents n’ont plus le temps. Ils travaillent deux jobs, ou un seul mais avec des horaires de ouf. Ils sont épuisés. Alors ils délèguent. À l’école, aux profs, aux écrans. Personne ne veut assumer. Personne ne veut jouer son rôle.

Et puis, il y a ceux qui croient que leur enfant est « doué ». Que les maths, c’est pas son truc, mais qu’il a d’autres qualités. Sauf que dans un monde où tout se chiffre, où même un boulanger doit comprendre un tableau Excel pour gérer ses stocks, les maths, c’est la base. Point. Si vous ne maîtrisez pas les fractions, les pourcentages, les équations simples, vous êtes bon pour les petits boulots ou le chômage. Personne ne vous expliquera deux fois.

Pourquoi on fait semblant de chercher des solutions ?

Parce que ça arrange tout le monde. Les politiques ? Ils peuvent pointer du doigt « les écrans » ou « l’école » sans jamais avoir à agir vraiment. Les profs ? Ils peuvent se dire que « de toute façon, c’est perdu ». Les parents ? Ils peuvent se voiler la face en se disant que « leur enfant, lui, il s’en sortira ». Et les élèves ? Ils savent déjà qu’ils n’ont pas besoin des maths. Ils ont TikTok, les jeux vidéo, et l’illusion que ça, ça sert à quelque chose.

Le vrai scandale, c’est que personne ne veut admettre que le système est pourri jusqu’à la moelle. On patchouille, on fait semblant de réagir, mais au fond, on s’en fout. Parce que ça fait des années que ça dure. Parce que ça fait des années que les résultats Pisa pourrissent. Parce que ça fait des années que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Alors oui, les écrans sont une catastrophe. Oui, les classes sont surchargées. Oui, les parents se défilent. Mais le vrai problème, c’est qu’on ne veut pas que ça change. Parce que changer, ça voudrait dire remettre en cause des habitudes, des modes de vie, des façons de penser. Et ça, personne n’en a envie.

Ce qu’on ne vous dira jamais

Il y a une solution. Elle est simple, mais personne ne la propose vraiment. Il faudrait :

  • Interdire les smartphones avant 16 ans dans les collèges. Pas juste pendant les cours. Point. Que les enfants les laissent chez eux, ou dans un casier surveillé. Comme en Finlande, où le niveau en maths est 20 % supérieur à la moyenne OCDE. Parce que oui, ça marche. Mais ça demande du courage politique.

  • Réduire les effectifs à 25 élèves maximum par classe dans les collèges difficiles. Pas 30. Pas 28. 25. Avec des profs formés pour gérer l’hétérogénité, pas des enseignants épuisés qui en ont rien à faire. Ça coûterait cher ? Oui. Mais moins cher qu’une génération sacrifiée.

  • Former les parents. Pas avec des brochures, mais avec des ateliers concrets. Leur montrer comment aider leur enfant en maths. Leur expliquer pourquoi les écrans sont un piège. Leur dire que non, leur gamin n’est pas « comme ça », mais qu’il peut progresser. À condition qu’on lui en donne les moyens.

  • Arrêter de mentir aux élèves. Leur dire clairement : « Les maths, c’est pas une option. Si tu veux un boulot qui paie bien, si tu veux te défendre dans la vie, tu vas devoir bosser. Point. » Pas de demi-mesures. Pas de « on verra plus tard ». Maintenant.

Mais bien sûr, personne ne le fera. Parce que ça froisserait trop de monde. Parce que ça demanderait de vraiment vouloir changer les choses. Et au fond, on préfère se voiler la face. Attendre que les générations suivantes se débrouillent toutes seules.

Alors oui, les résultats Pisa 2026 sont mauvais. Mais le pire, c’est qu’on s’y attendait. Et que personne ne fera rien pour que ça s’améliore.

Parce que si on voulait vraiment, on l’aurait déjà fait.

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R Galaxie Rédaction

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