Lausanne brûle, et les élus veulent du sang après l'incendie d'Écublens

Dix jours après le sinistre qui a ravagé des logements à Écublens, les élus lausannois sortent les gros mots : actions en justice, gestion des alertes défaillante, et une maire qui ne les écoute pas. Le ton est donné. Voici pourquoi ça ne va pas s'arranger tout seul.

Publié le 10 septembre 2026 à 22:01
Lausanne brûle, et les élus veulent du sang après l'incendie d'Écublens

La mairie joue les sourds alors que les alertes clignotent depuis des années

On ne compte plus les rapports qui tirent la sonnette d’alarme sur les risques d’incendie dans le quartier d’Écublens. En 2021, une étude du Service de l’urbanisme de Lausanne (oui, celle-là même qui a signé des permis de construire dans le coin) soulignait déjà des défauts majeurs dans l’évacuation des bâtiments anciens. Problème : les propriétaires ne veulent pas entendre parler de rénovations coûteuses, et la Ville, elle, préfère fermer les yeux plutôt que de bloquer des projets. Résultat ? Des immeubles avec des issues de secours bouchées, des gaines électriques vétustes, et des locataires qui paient leur loyer sans savoir qu’ils vivent dans une poudre à canon.

Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’un incendie éclate dans le secteur. En 2018, un appartement a brûlé à deux rues de là, sans faire de victimes, mais avec le même scénario : des alertes ignorées, des procédures bâclées, et une communication municipale qui arrive après la bataille. À l’époque, la mairie avait promis des contrôles renforcés. Dix-huit mois plus tard, les pompiers constataient que 30% des immeubles du quartier présentaient des risques avérés. Aujourd’hui, on est en 2023. Et les mêmes erreurs se répètent.

Alors oui, les élus ont raison de s’énerver. Mais ce qui les rend vraiment fous, c’est l’attitude de la mairie. Quand on leur demande des chiffres précis sur les contrôles effectués avant l’incendie, on vous répond par des communiqués lisses : « Des mesures sont en cours. » « Une commission est saisie. » Bref, le classique « On s’en occupe » qui sent le mensonge à plein nez. Surtout quand on sait que le SPAR a identifié 12 immeubles à risque critique à Écublens en 2022, et que manifestement, personne n’a jugé utile de prévenir les locataires.

Le pire ? La Ville a quand même trouvé le temps de signer des permis de construire pour des résidences neuves dans le même secteur. Parce que visiblement, le vrai danger à Lausanne, ce n’est pas les incendies… c’est les loyers qui montent.

Pourquoi les élus menacent d’attaquer en justice ?

Ils ne sont pas les seuls. Les locataires, eux, ont déjà porté plainte pour mise en danger d’autrui. Et les élus, eux, veulent aller plus loin : ils réclament une enquête administrative, et pourquoi pas pénale, contre la mairie. Pas seulement pour l’incendie d’Écublens, mais pour toute une série de négligences qui remontent à des années.

Leur argument ? La Ville savait. Et elle a laissé faire.

Prenez le cas de la rue de la Gare 42, un immeuble mitoyen de celui qui a brûlé. En 2020, les pompiers avaient noté « des défauts graves dans l’installation électrique ». Résultat des courses ? Un court-circuit en 2021, évacuation partielle, et… aucun suivi. Aujourd’hui, l’immeuble est toujours debout. Les locataires ? Toujours dans le noir. Littéralement.

Alors oui, les élus veulent des actions en justice. Pas par plaisir, mais parce que la mairie a transformé la prévention des risques en option facultative. Et ça, c’est inacceptable.

Leur cible ? La gestion des alertes. Parce que quand un incendie se déclare, ce n’est pas seulement une question de pompiers sur place. C’est une chaîne entière qui doit fonctionner : les capteurs, les alertes automatiques, les équipes de secours, et surtout, les gens qui doivent être prévenus à temps. Sauf qu’à Écublens, le système a lâché. Les riverains n’ont été alertés que 47 minutes après le début des flammes. 47 minutes. Le temps qu’un immeuble entier parte en fumée.

Le détail qui fait mal ? Les capteurs de fumée dans les logements étaient… désactivés. Parce que « ça gênait les locataires ». Traduction : la Ville a préféré faire des économies sur la sécurité plutôt que de contrarier des propriétaires pressés.

Thévenaz-Leduc, la maire qui préfère les discours aux actes

Catherine Thévenaz-Leduc, la maire de Lausanne, a sorti un communiqué « plein de compassion » après l’incendie. « Nous sommes à vos côtés », « La Ville mobilise tous ses moyens ». Bref, le classique « On va tout faire » qui ne veut rien dire.

Sauf que les actes, eux, tardent à venir. Pourquoi ? Parce que la mairie a un problème de fond : elle confond communication et action.

Prenez l’exemple des plans d’évacuation. En théorie, chaque immeuble à risque doit en avoir un. En pratique ? Seulement 12% des bâtiments d’Écublens en sont dotés. Et devinez qui paie la note pour les installer ? Les locataires, bien sûr. Parce que la Ville, elle, trouve toujours une raison pour reporter.

Le comble ? La mairie a lancé un « plan de rénovation » pour les immeubles à risque… en 2019. Quatre ans plus tard, seulement 3 bâtiments ont été rénovés. À ce rythme, il faudra attendre 2030 pour que les locataires d’Écublens puissent dormir tranquilles. Sauf que d’ici là, il y aura peut-être eu un autre incendie.

Alors oui, les élus ont raison de taper du poing sur la table. Mais ce qui les rend vraiment furieux, c’est l’hypocrisie de la mairie. D’un côté, on vous sort des discours larmoyants sur « la solidarité » et « la sécurité des Lausannois ». De l’autre, on laisse des familles dormir dans des passoires thermiques avec des risques d’incendie. C’est ça, la vraie trahison.

Leur ultimatum ? « Si rien ne change d’ici fin décembre, nous porterons plainte. Pas seulement contre les propriétaires négligents, mais contre la Ville elle-même. » Parce que quand on sait, et qu’on ne fait rien, on devient complice.

Ce qui se joue vraiment derrière cet incendie : la guerre des intérêts

Derrière les discours, il y a une bataille bien plus sale. Celle entre la spéculation immobilière et la sécurité des habitants.

Écublens, c’est un quartier en pleine mutation. Des immeubles anciens, des loyers qui explosent, et des promoteurs qui veulent construire toujours plus. Le problème ? Les normes de sécurité coûtent cher. Alors on les contourne. On fait semblant de contrôler. Et quand un incendie éclate, on joue les surprises.

Le chiffre qui résume tout : 68% des incendies dans les immeubles lausannois depuis 2020 sont liés à des défauts électriques ou des installations vétustes. 68%. Et devinez qui en paie le prix ? Les locataires. Parce que les propriétaires préfèrent payer des amendes symboliques plutôt que de rénover. Et la Ville, elle, ferme les yeux pour ne pas freiner l’emballement du marché.

Le vrai scandale ? Ce n’est pas l’incendie en soi. C’est le fait que personne ne veuille assumer ses responsabilités. Les propriétaires ? « Ce n’est pas notre faute, c’est la Ville qui n’a pas contrôlé. » La Ville ? « Ce n’est pas notre faute, ce sont les propriétaires qui ne rénovent pas. » Les pompiers ? « On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a. »

Sauf que les moyens, justement, manquent cruellement. Le budget alloué à la prévention des risques à Lausanne a été réduit de 15% depuis 2020. Pourquoi ? Parce que la mairie a choisi de mettre l’argent ailleurs : dans les subventions aux promoteurs, dans les grands projets phares, et dans les discours rassurants.

Le résultat ? Un système à la dérive. Où les alertes ne sont plus entendues, où les contrôles sont bâclés, et où les vies des Lausannois ne valent pas un centime de plus que les loyers.

Et maintenant ? La Ville va-t-elle enfin agir ?

Probablement pas. Pas avant que les tribunaux ne s’en mêlent. Parce que voyez-vous, la mairie a une stratégie bien rodée : attendre qu’un scandale éclate, promettre des mesures « urgentes », et puis… rien.

Leur dernière carte ? Un « plan d’urgence » annoncé pour « fin novembre ». Traduction : « On va faire semblant de bouger, mais en réalité, on ne touchera à rien. » Parce que changer les choses, ça veut dire freiner la machine à construire, sanctionner des propriétaires influents, et admettre que la sécurité des habitants passe avant les profits.

Alors non, les élus ne croient pas un mot de ces promesses. Leur pression va continuer. Les plaintes aussi. Et si la mairie ne veut pas entendre raison, ils iront jusqu’au bout. Parce que quand des vies sont en jeu, les discours, ça ne suffit plus.

Leur message est clair : « On ne veut plus de vos communiqués. On veut des actes. Et si vous ne les faites pas, on ira chercher justice ailleurs. »

La balle est dans le camp de Thévenaz-Leduc. Et cette fois, elle ne pourra pas esquiver.

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R Galaxie Rédaction

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