17 menaces, 2 qui pourraient tout emporter

Le rapport du Lancet liste 17 risques globaux. Deux d’entre eux pourraient basculer dans le chaos. Pourtant, les gouvernements et les scientifiques tergiversent. Pourquoi ? Parce que les préparer, c’est admettre qu’on n’a pas les outils pour les arrêter. Et ça, personne n’en parle vraiment.

Publié le 15 octobre 2026 à 18:08
17 menaces, 2 qui pourraient tout emporter

Le chiffre que les politiques ignorent encore

En 2019, l’OMS estimait qu’une nouvelle pandémie coûterait 60 000 milliards de dollars à l’économie mondiale. Soit l’équivalent du PIB de la Chine et des États-Unis réunis. Le Covid a déjà fait 20 000 milliards de pertes selon la Banque mondiale. Pourtant, en 2024, les budgets de préparation aux pandémies ont été réduits dans 15 pays sur 20. Pourquoi ? Parce que les gouvernements préfèrent dépenser des milliards en subventions aux énergies fossiles plutôt qu’en recherche sur les pathogènes. C’est une décision politique, pas une fatalité. Et ça, c’est le vrai scandale. On a les moyens. On ne les utilise pas.

Le Lancet cite en exemple le projet PREPARE, un programme européen de surveillance des virus zoontiques lancé en 2015. Budget initial : 1 milliard d’euros. Budget réel en 2024 : 300 millions. Pourquoi ? Parce que les États membres ont préféré investir dans des laboratoires de luxe à Berlin ou à Paris plutôt que dans des équipes sur le terrain, en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Là où les virus sautent de l’animal à l’homme. On préfère briller en conférence qu’agir dans l’ombre.

Et puis il y a le silence radio sur les antibiotiques. En 2022, l’Organisation mondiale de la santé a alerté : d’ici 2035, 10 millions de morts par an à cause de bactéries résistantes. Les labos pharmaceutiques ferment leurs unités de recherche. Pourquoi ? Parce que développer un nouvel antibiotique coûte 1,3 milliard de dollars et ne rapporte rien. On laisse faire. Comme si l’humanité n’avait pas de prix.

L’écosystème qui s’effondre, et nous avec

En 2023, le lac Tchad a perdu 90 % de sa superficie en 60 ans. Résultat : des millions de personnes se battent pour l’eau, les pêcheurs n’ont plus rien à vendre, et les maladies comme la fièvre de Lassa se propagent. Personne ne parle de ce lac. Pourtant, c’est un exemple de ce qui nous attend. Le Lancet le dit clairement : la dégradation des écosystèmes va tuer plus que le réchauffement climatique. Pas dans 50 ans. Dans 10 ou 20 ans.

Prenez les insectes pollinisateurs. En Europe, les abeilles domestiques ont disparu à 30 % depuis 2010. Les agriculteurs utilisent des pesticides interdits ailleurs, comme le thiaclopride, un neurotoxique pour les insectes. L’UE a mis 15 ans à le restreindre. 15 ans. Pendant ce temps, les rendements agricoles chutent. On attend la crise pour réagir. Toujours trop tard.

Et puis il y a l’acidification des océans. En 2023, les coraux de la Grande Barrière ont perdu 50 % de leur masse en un seul été. Les scientifiques savent depuis 20 ans que c’est lié au CO₂. Pourtant, les États continuent de subventionner le charbon. On préfère les profits à court terme. Même si ça signifie que d’ici 2040, les océans auront perdu 80 % de leurs poissons. Et avec eux, des milliards de personnes qui dépendent de la pêche.

Pourquoi on fait semblant de ne pas voir ?

Parce que parler de ces risques, c’est admettre qu’on n’a pas de solutions. Pas de solutions faciles, en tout cas. Les pandémies ? On n’a pas de vaccin universel. Les écosystèmes ? On n’a pas de technologie pour les réparer en quelques années. Alors on fait semblant d’attendre. On attend la prochaine crise pour paniquer. On attend que ce soit les autres qui trinquent.

Prenez le cas de la grippe aviaire. En 2022, l’Europe a abattu 40 millions de volailles pour limiter la propagation du virus H5N1. Coût : 600 millions d’euros. Résultat ? Le virus a continué à muté. On a réagi après la catastrophe. Pas avant. Parce que prévenir, c’est compliqué. C’est admettre qu’on est impuissants.

Et puis il y a l’illusion de la technologie. On croit que l’IA ou la génétique va nous sauver. En 2023, une start-up californienne a annoncé avoir créé un virus synthétique résistant à tous les antibiotiques. Personne n’a crié au scandale. Pourquoi ? Parce que ça fait vendre des articles. On préfère l’innovation spectaculaire à la prévention ennuyeuse.

Ce qu’on ne dit pas sur les deux menaces majeures

La première, c’est que les pandémies et l’effondrement écologique sont liés. Un écosystème qui s’effondre, c’est plus de zoonoses. Plus de virus qui passent de l’animal à l’homme. Plus de famine. Plus de migrations massives. C’est un cercle vicieux. Pourtant, personne ne le dit clairement. Parce que ça fait peur. Parce que ça implique de changer vraiment de modèle.

La deuxième, c’est que les pays riches se protègent, les autres trinquent. En 2021, les États-Unis ont stocké 1,1 milliard de doses de vaccins contre le Covid. L’Afrique en avait 30 millions. 1 %. Résultat ? Les variants se propagent là où on ne les surveille pas. Et reviennent nous hanter. On joue à la roulette russe avec la santé mondiale.

Et puis il y a le lobby. Celui des laboratoires, celui de l’agrochimie, celui des énergies fossiles. Ils savent très bien ce qui se passe. Ils financent des études pour minimiser les risques. Ils achètent des politiques. Ils gagnent du temps.

La vraie question n’est pas « Sommes-nous prêts ? »

C’est : « On veut vraiment l’être ? »

Parce que se préparer, ça veut dire dépenser des milliards sans garantie de résultat. Ça veut dire limiter la croissance pour sauver les écosystèmes. Ça veut dire renoncer à des profits immédiats pour éviter un effondrement futur. Personne n’en a envie.

Alors on fait semblant. On crée des commissions, on publie des rapports, on organise des conférences. On remplit des pages, mais on ne change rien.

Le Lancet le résume bien : « L’humanité a les outils pour éviter le pire. Elle n’a pas la volonté politique de les utiliser. » C’est ça, le vrai problème. Pas le manque de science. Pas le manque de données. Le manque de courage.

Et ça, c’est bien plus dur à affronter qu’un virus ou qu’une canicule.

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R Galaxie Rédaction

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