Le Maroc aligne 39 athlètes à Dakar 2026, mais les JOJ restent un tremplin incertain

Avec 39 athlètes sélectionnés, le Maroc confirme sa présence aux JOJ de Dakar, mais cette édition africaine cache des enjeux bien plus politiques qu’olympiques. Entre priorités sportives et calculs géostratégiques, l’objectif réel dépasse largement le podium.

Publié le 14 octobre 2026 à 16:00
Le Maroc aligne 39 athlètes à Dakar 2026, mais les JOJ restent un tremplin incertain

Dakar 2026, ou l’art de faire semblant d’y croire

Les JOJ, c’est le terrain de jeu des nations qui n’ont pas les moyens des JO. Pas de pression médiatique, pas de sponsoring pharaonique, juste une vitrine pour les jeunes talents, et une occasion de briller sans se ruiner. Le Maroc le sait. Il y était déjà en 2010 à Singapour, puis en 2014 à Nankin. À chaque fois, le bilan était le même : une participation correcte, mais sans gloire. En 2014, le Maroc avait même dû se contenter de 3 médailles sur 170 athlètes engagés. Un ratio qui parle.

Pourtant, cette fois, le CNOM mise sur Dakar comme sur une opportunité. Pourquoi ? Parce que les JOJ 2026, c’est l’Afrique qui organise. Et quand l’Afrique organise, les règles du jeu changent. Pas forcément pour le mieux. Les délégations africaines ont souvent les moyens limités, les infrastructures locales sont parfois critiquées, et les critères de sélection… disons qu’ils sont flexibles. En clair, le Maroc joue à la fois le jeu olympique et le jeu politique.

Preuve ? Regardez la liste. Parmi les 39 athlètes, certains sont des valeurs sûres : des judokas, des haltérophiles, des athlètes de combat. Des disciplines où le Maroc a l’habitude de performer. Mais d’autres ? Des noms tirés au sort, des espoirs sans expérience internationale, des sportifs dont le seul mérite est d’être disponibles. Le CNOM a besoin de remplir des cases, pas de gagner des médailles. Dakar 2026, c’est avant tout une question d’image.

Le vrai enjeu : faire oublier les JO de 2030

Parlez-en au CNOM, ils ne vous le diront pas comme ça. Mais tout le monde sait que les JOJ de Dakar, c’est un entraînement pour les JO de 2030. Le Maroc a officiellement candidaté pour organiser les Jeux en 2030. Et là, ce ne sera plus un tremplin pour ados, mais un vrai défi logistique, sécuritaire et financier.

Alors oui, 39 athlètes à Dakar, c’est bien. Mais c’est surtout une façon de dire : « On est sérieux, on prépare l’avenir. » Le problème, c’est que pour l’instant, le Maroc n’a même pas été retenu comme candidat officiel pour 2030. Le CIO a déjà tranché : ce sera soit le Maroc, soit l’Arabie Saoudite, soit personne. Et les rumeurs courent : l’Arabie Saoudite mise gros, avec des promesses de stades futuristes et des milliards de dollars. Le Maroc, lui, n’a pas les moyens de rivaliser.

Alors Dakar 2026, c’est une répétition générale ratée. Une façon de montrer que le Maroc est capable d’organiser un événement international, sans vraiment en avoir les moyens. Comme en 2019 avec la Coupe d’Afrique des Nations, où les stades étaient à moitié vides et les infrastructures défaillantes.

Les disciplines oĂą le Maroc peut (enfin) briller

Si on creuse la liste des 39 athlètes, deux disciplines sortent du lot : le judo et l’athlétisme.

  • Le judo : Le Maroc a une longue tradition dans cette discipline. En 2014, Ă  Nankin, le judoka Mohamed El Meznati avait remportĂ© une mĂ©daille de bronze. Cette fois, le CNOM mise sur des jeunes comme Anass Kheiridine ou Yassmine Jabloul. Mais attention : Ă  Dakar, la concurrence sera fĂ©roce. Les pays asiatiques dominent toujours le judo chez les jeunes. Le Maroc a une chance, mais pas de certitude.

  • L’athlĂ©tisme : LĂ  aussi, le Maroc a des atouts. Les 1500 mètres, le 5000 mètres, le marathon… Les jeunes Marocains sont solides en endurance. Mais encore une fois, le niveau des JOJ est Ă©levĂ©. En 2014, le Marocain Abderrahim Goumri avait remportĂ© l’or sur 3000 mètres steeple. Cette fois, il n’y aura pas de Goumri dans la dĂ©lĂ©gation. Juste des espoirs, des promesses, et beaucoup d’incertitude.

Le vrai problème ? Le CNOM sélectionne des athlètes, mais ne leur donne pas les moyens de performer. Entraînement, préparation mentale, suivi médical… Tout ça coûte cher. Et le Maroc, comme beaucoup de pays africains, n’a pas les budgets pour ça.

Ce que personne ne dit sur les JOJ

Les médias en parlent peu, mais les JOJ de Dakar 2026, c’est un test pour l’Afrique. Pas seulement pour le Maroc. C’est la première fois que l’Afrique organise les JOJ depuis leur création en 2010. Et ça, ça change tout.

Problème numéro 1 : les infrastructures. Dakar a beau être une ville dynamique, les stades et les installations sportives laissent à désirer. En 2012, pour la CAN, le Maroc avait dû construire des stades en urgence. Risque de répétition à Dakar.

Problème numéro 2 : la sécurité. Avec les tensions politiques en Afrique de l’Ouest, organiser un événement international, c’est prendre des risques. Les JOJ, c’est déjà compliqué à gérer. Ajoutez-y des groupes armés, des grèves, des problèmes logistiques… et vous avez une recette pour le désastre.

Problème numéro 3 : l’argent. Le CIO promet des aides, mais personne ne sait vraiment combien coûtera Dakar 2026. Les précédents JOJ ont toujours été déficitaires. Et cette fois, avec l’inflation et les coûts de construction, ce sera pire.

Alors pourquoi le Maroc s’embête-t-il à envoyer 39 athlètes ? Parce que refuser, ce serait admettre que le pays n’est pas prêt. Et le CNOM ne peut pas se permettre ça. Mieux vaut envoyer une délégation symbolique, même faible, que de passer pour un pays incapable d’organiser un événement international.

La vraie question : et après ?

Les JOJ de Dakar 2026, ce sera une vitrine, un exercice, une répétition. Mais au final, personne n’y gagnera vraiment.

Le Maroc aura montré qu’il pouvait aligner une délégation. Mais sans médailles, sans performances marquantes, ça ne changera rien.

Les athlètes, eux, auront vécu une expérience olympique. Mais la plupart ne reverront jamais un podium.

Et le CIO ? Il aura validé une édition africaine, mais sans garantie que ça se reproduira.

Alors oui, le Maroc part à Dakar avec 39 athlètes. Mais ce qui compte vraiment, ce n’est pas le nombre. C’est ce qu’ils feront là-bas. Et sur ce point, les pronostics ne sont pas bons.

Dernier détail, qui en dit long : parmi les 39 sélectionnés, aucun nom ne dépasse vraiment en notoriété. Pas de star montante, pas de futur champion. Juste des athlètes compétents, mais pas exceptionnels.

Pourquoi ? Parce que le CNOM a peur. Peur de rater son coup, peur de décevoir, peur de montrer que le Maroc n’est pas encore prêt pour les grands événements. Alors il joue la sécurité.

Et vous, vous regardez ça. Vous voyez une délégation, des couleurs, des espoirs. Mais derrière, il n’y a que l’ombre des JO de 2030, et la peur de ne pas être à la hauteur.

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R Galaxie Rédaction

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