INWIT prépare sa privatisation, les actionnaires jouent leur va-tout

Les investisseurs d’INWIT préparent un tour de financement pour une sortie boursière. Mais derrière les calculs, une question brûle : qui va vraiment en profiter ? Les actionnaires, l’État, ou ceux qui détiennent déjà le pouvoir ?

Publié le 12 octobre 2026 à 22:05
INWIT prépare sa privatisation, les actionnaires jouent leur va-tout

10 milliards d’euros sur la table, et personne ne sait vraiment qui les ramassera d’abord

Ce matin, les actionnaires d’INWIT, ce géant des infrastructures télécoms qu’on oublie souvent entre Orange et Free, ont une idée en tête : vendre. Pas un morceau, pas une participation minoritaire. Non. Ils veulent tout. Ou presque. Et pour ça, ils ont besoin d’argent. Beaucoup d’argent.

Selon Reuters (traduction automatisée, donc à prendre avec des pincettes), un financement est en cours de préparation pour une éventuelle privatisation. Éventuelle ? Le mot est faible. À y regarder de près, ça sent le déjà fait. Les banques sont en train de dessiner les lignes de crédit, les fonds d’investissement se lèchent les babines, et l’État, lui, fait semblant de ne pas voir. Parce que 10 milliards d’euros, c’est une somme qui fait mal. Même pour lui.

Le problème ? INWIT ne vaut pas 10 milliards.

Pas encore. Pas sans un coup de baguette magique. Les comptes sont solides, oui. Mais pas assez pour justifier une valorisation à la hauteur des ambitions. Alors on triche. Un peu. On ajuste les prévisions de croissance, on mise sur les futures licences 5G, on oublie de mentionner que la dette pèse déjà 12 milliards (chiffre 2023, rapport annuel INWIT). Bref, on fait comme si le marché était prêt à avaler n’importe quoi.

Et puis il y a l’État. Actionnaire historique à 33 %, il ne veut pas lâcher son jouet sans se faire avoir. Sauf qu’il est coincé : vendre aujourd’hui, c’est prendre une perte. Attendre, c’est laisser filer la valeur. Alors il tergiverse. Comme d’habitude.

Les fonds d’investissement ont déjà gagné, même si la privatisation n’a pas lieu

Ce qui est sûr, c’est que les fonds qui détiennent INWIT depuis des années vont en profiter. Pas vous. Pas les petits actionnaires. Eux.

Prenez PAI Partners, qui a racheté des parts en 2015 pour 1,8 milliard. Aujourd’hui, avec une valorisation potentielle à 10 milliards, ils ont multiplié leur mise par six. Sans rien faire. Juste en attendant. C’est ça, le vrai business : ne pas travailler, mais posséder.

Et puis il y a les banques. Crédit Agricole, BNP, Société Générale, ils sont partout dans le dossier. Ils prêtent, ils conseillent, ils structurent les deals. Et à chaque fois, c’est eux qui gagnent. Parce que quelqu’un doit bien financer l’opération. Et que les actionnaires, eux, préfèrent toucher leurs dividendes plutôt que de réinvestir.

Le piège ? Si la privatisation échoue, ce sont les mêmes banques qui viendront réclamer leur dû. Avec des intérêts. Comme d’habitude.

La France perd une carte, sans rien y gagner

INWIT, c’est quoi ? Un réseau de fibres optiques qui traverse la France, des data centers, des tours de télécoms. Bref, l’infrastructure invisible qui fait tourner le pays.

Sauf que si ça part dans les mains d’un fonds américain ou qataris, c’est toute la souveraineté numérique qui s’envole. Pas demain. Aujourd’hui.

L’État français a déjà cédé ADP, Engie, Atos. INWIT serait le prochain. Et cette fois, ce n’est pas une usine ou un service public. C’est l’ossature du numérique.

Le pire ? Personne ne proteste.

Les syndicats sont occupés ailleurs. Les médias parlent d’autre chose. Et les politiques ? Ils attendent que le deal soit signé pour faire leur mea culpa. Comme d’habitude.

Le vrai jeu : qui contrôle les données, demain ?

Derrière INWIT, il y a les données. Pas celles des utilisateurs, non, celles des entreprises, des collectivités, des opérateurs. Ce qui fait la richesse réelle de ces infrastructures.

Si un fonds privé rachète INWIT, ce n’est pas pour les fibres. C’est pour ce qui circule dedans. Et après ? On verra bien qui aura le dernier mot.

Parce que privatiser, c’est bien. Mais privatiser une infrastructure critique, c’est se tirer une balle dans le pied.

La Chine a ses Huawei et ZTE, les États-Unis leurs AT&T et Verizon. La France ? Elle vend ses pépites à qui veut bien les prendre. Et après, on s’étonnera que nos données finissent entre les mains de qui ne nous aime pas.

La privatisation aura lieu. La question est : Ă  quel prix ?

Les actionnaires veulent leur fric. Les fonds veulent leur rendement. L’État veut sauver la face. Et vous, vous n’aurez rien à dire.

Sauf si vous êtes un investisseur. Ou un banquier. Ou un fonds d’investissement.

Parce que le vrai gagnant de cette histoire, ce n’est pas INWIT. C’est ceux qui savent déjà qu’ils vont gagner.

Et les autres ? Ils paieront l’addition.

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R Galaxie Rédaction

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