Le diesel européen va coûter encore plus cher, et personne ne peut rien y faire à court terme
En ce moment, aux États-Unis, les prix du diesel s’envolent. À la pompe, le litre dépasse déjà 4,50 dollars dans certains États, contre 3,50 il y a un an. Et si Donald Trump passe à l’acte, comme il l’a menacé, en interdisant les exportations de diesel américain, ce ne sont pas seulement les Américains qui vont payer. C’est l’Europe qui va trinquer en premier.
Pourquoi ? Parce que les États-Unis exportent environ 20 % de leur production de diesel vers l’Europe chaque année. Sans ces livraisons, le marché européen se retrouve en sous-régime. Les raffineries européennes ne peuvent pas compenser du jour au lendemain. Résultat : les prix grimpent, et pas qu’un peu. On parle d’une hausse de 10 à 15 % sur le diesel en Europe d’ici l’été, selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Et ce n’est pas une exagération. En 2022, quand la Russie a réduit ses exportations vers l’Europe, les prix ont déjà bondi de 30 % en quelques mois. Aujourd’hui, c’est le tour des États-Unis de jouer les trouble-fêtes. Sauf que cette fois, on n’a pas le temps de s’adapter.
Les transporteurs et les agriculteurs vont payer la note
Vous pensez que ça ne vous concerne pas ? Détrompez-vous. Le diesel, c’est le sang de l’économie européenne.
- Les transporteurs : déjà à la ramasse après des années de marges serrées, vont voir leurs coûts exploser. Les camions qui livrent vos courses, vos colis, vos marchandises ? Ils vont répercuter. Attendez-vous à des livraisons plus chères, ou plus rares.
- Les agriculteurs : eux, ils n’ont pas le choix. Le diesel, c’est leur carburant pour les moissonneuses, les tracteurs, les camions de livraison. En France, le coût du diesel représente 15 à 20 % du budget d’un exploitant. Une hausse de 15 % ? Ça signifie des marges réduites de moitié pour certains. Des fermes vont fermer, tout simplement.
- Les particuliers : vous, vous allez moins rouler. Moins de trajets, moins de vacances, moins de liberté. Parce qu’avec un litre à 2 euros (au lieu de 1,80), vous repensez deux fois avant de prendre la voiture.
Et le pire ? Les États ne peuvent pas grand-chose. Les stocks européens sont bas, les raffineries tournent à plein régime, mais elles ne suffisent pas. On est en mode urgence, et personne n’a de plan B.
L’Europe dépend des États-Unis, et ça ne va pas s’arranger
L’Europe a une mauvaise habitude : elle compte sur les autres. Depuis des années, les raffineries européennes ferment, faute de rentabilité. Résultat ? On dépend de plus en plus des importations. En 2023, 40 % du diesel consommé dans l’UE venait de l’extérieur (Russie, États-Unis, Moyen-Orient).
Sauf que la Russie, depuis la guerre en Ukraine, a réduit ses livraisons. Les États-Unis, eux, ont profité de la situation pour exporter massivement. Et maintenant, Trump veut tout bloquer.
Pourquoi ? Parce qu’aux États-Unis, les prix du diesel sont déjà élevés, et les réserves sont limitées. La priorité, c’est de faire baisser les prix chez eux, même si ça signifie crever les prix en Europe.
Et l’Europe ? Elle n’a pas les moyens de réagir. Les raffineries européennes tournent à 90 % de leur capacité, selon l’AIE. Impossible d’en construire de nouvelles du jour au lendemain. On est à la merci des marchés.
Ce que les politiques ne vous disent pas
Les gouvernements européens parlent d’