La vraie question n'est pas médicale
La nouvelle définition de l'obésité n'est pas un progrès scientifique. C'est un débordement. Un aveu d'échec.
- Échec des régimes : 95 % des gens qui suivent un régime reprennent le poids perdu dans les 5 ans (étude de l'Université de Pennsylvanie, 2022).
- Échec des médicaments : le Wegovy fait perdre du poids, mais 40 % des patients arrêtent le traitement à cause des effets secondaires (nausées, diarrhées, dépression).
- Échec des campagnes de prévention : « Mangez 5 fruits et légumes par jour » est un conseil inutile pour quelqu'un qui vit avec 2 euros par jour et un frigo vide.
Alors on change de critère. Pas pour mieux soigner, mais pour délimiter un marché.
- Pour les labos : si l'obésité se définit par la graisse viscérale et les complications, alors les médicaments qui ciblent le foie gras ou l'insuline deviennent légitimes. Coût : 3 000 euros par an et par patient.
- Pour les assureurs : si on ne peut plus se fier à l'IMC, il faut trouver un autre moyen de trier les bons et les mauvais risques. Spoiler : ce sera probablement votre historique de santé et votre code postal.
- Pour les influenceurs : si l'obésité n'est plus qu'une question de graisse et de santé, alors les « coachs minceur » doivent se réinventer. Soit ils vendent des « défis graisse viscérale » (ce qui n'existe pas encore), soit ils ferment boutique.
Le vrai problème, c'est qu'on a remplacé un critère simpliste par un système complexe… sans résoudre la racine du problème.
La racine, c'est l'environnement. Un environnement où le sucre est moins cher que l'eau, où les publicités pour les sodas ciblent les enfants, où les urbains passent plus de 7 heures par jour assis (bureau, voiture, canapé), et où le stress chronique booste la production de cortisol, qui favorise le stockage des graisses.
Changer la définition de l'obésité, c'est comme changer les règles d'un match de football alors que le terrain est bourbé et que les joueurs n'ont pas de chaussures. Ça ne rend pas le jeu plus juste. Ça le rend plus compliqué.
Et puis, au fond, personne ne veut vraiment guérir. Parce que guérir, ça veut dire arrêter de vendre des pilules, des régimes, des applications de suivi. Ça veut dire admettre que la solution, c'est moins de marketing, plus de légumes, et des villes conçues pour marcher. Pas pour rouler.
Alors on attendra. On attendra que les assurances crachent au bassinet. On attendra que les médecins aient le temps. On attendra que les politiques se réveillent.
En attendant, votre IMC reste votre meilleur ennemi.