La Montérégie dit non aux éoliennes d'Hydro-Québec

Pour la première fois, la Commission de protection du territoire agricole du Québec bloque deux projets éoliens d’Hydro-Québec. Un refus qui révèle les tensions croissantes entre transition énergétique et souveraineté alimentaire. Pourquoi cette décision tombe à pic, et pourquoi elle ne suffira pas à calmer la colère des agriculteurs ?

Publié le 11 septembre 2026 à 22:00
La Montérégie dit non aux éoliennes d'Hydro-Québec

Le premier coup dur pour Hydro-Québec en Montérégie

En 2023, la Commission de protection du territoire agricole (CPTA) du Québec a refusé deux projets éoliens d’Hydro-Québec en Montérégie. Pas un simple contretemps administratif, mais un revers stratégique. Ces refus, les premiers de l’histoire de la commission, tombent comme un cheveu sur la soupe d’un gouvernement qui mise tout sur l’éolien pour remplacer le charbon et le gaz. Pourtant, derrière les discours sur la transition énergétique, c’est une guerre silencieuse qui s’engage : celle des terres. Et cette fois, les agriculteurs ont frappé fort.

Pourquoi la CPTA a dit non ? Un calcul simple

La commission a invoqué des « impacts irréversibles » sur les sols agricoles. Traduction : les éoliennes prévues à Saint-Valérien et Saint-Césaire auraient grignoté des terres fertiles, déjà sous pression avec les projets miniers et les zones d’expansion urbaine. Un argument qui sonne juste quand on sait que le Québec perd 10 000 hectares de terres agricoles par an (source : Union des producteurs agricoles, 2022).

Mais le vrai problème, c’est que ces refus arrivent alors qu’Hydro-Québec mise sur 15 000 mégawatts d’éolien d’ici 2030, soit l’équivalent de 15 centrales nucléaires. Si la CPTA commence à dire non, où va-t-on installer ces parcs ? Dans le Nord ? Là où les vents soufflent fort, mais où les communautés autochtones et les groupes environnementaux se battent déjà pour leurs droits.

Hydro-Québec joue les sourds

La société d’État a réagi comme si de rien n’était. « Nous étudions les recours », a-t-on lâché dans un communiqué. Traduction : on va traîner le dossier en justice jusqu’à ce que la pression politique nous force à céder. Parce que, au fond, Hydro-Québec n’a pas le choix. Le gouvernement Legault a fixé des objectifs de 90 % d’électricité renouvelable d’ici 2035, et l’éolien est le seul cheval de bataille qui reste. Le nucléaire, c’est long. L’hydroélectricité, c’est saturé. Alors on installe des éoliennes, même si ça veut dire raser des champs.

Le pire ? Personne ne parle des subventions. Entre les crédits d’impôt, les exonérations fiscales et les contrats garantis, chaque mégawatt éolien coûte cher aux contribuables. En 2022, le Québec a déboursé plus de 2 milliards pour soutenir ses parcs éoliens (Rapport de la Vérificatrice générale). Et pour quel résultat ? Des paysages défigurés, des agriculteurs en colère, et une dépendance accrue aux lobbies énergétiques.

Les agriculteurs ne lâcheront pas

À Saint-Valérien, les producteurs de maïs et de soja ont déjà perdu des terres à cause des projets miniers. Maintenant, c’est au tour des éoliennes. « On nous dit qu’on doit accepter pour la planète, mais personne ne nous demande notre avis », grogne un éleveur de la région. La CPTA a peut-être gagné cette bataille, mais la guerre, elle, ne fait que commencer.

Le problème, c’est que les agriculteurs n’ont pas les moyens de se battre. Pendant ce temps, Hydro-Québec et ses avocats ont des budgets illimités. Résultat : les projets éoliens continuent de se multiplier, même là où ils ne devraient pas.

Et si on parlait vraiment des alternatives ?

Tout le monde court après l’éolien comme si c’était la seule solution. Pourtant, le Québec a d’autres cartes à jouer. L’hydrogène vert, par exemple. Ou le stockage par batteries sur les sites hydroélectriques existants. Même le nucléaire, avec de nouveaux réacteurs modulaires, pourrait être une option, si on arrêtait de diaboliser l’atome.

Mais non. Parce que l’éolien, c’est facile : on signe des contrats, on plante des machines, et hop, on peut se vanter d’être « vert ». Sauf que quand les vents tombent, comme en 2022 où le Québec a dû réimporter du gaz naturel pour compenser les pannes éoliennes, on se retrouve avec un problème bien réel.

La vraie question : qui décide ?

La CPTA a fait son travail. Elle a dit non. Mais est-ce que ça changera quelque chose ? Pas sûr. Parce que derrière cette histoire, il y a une question plus large : qui a le droit de décider de l’avenir des terres au Québec ? Les agriculteurs, qui nourrissent les Québécois ? Les promoteurs éoliens, qui promettent un avenir vert ? Ou le gouvernement, qui veut juste tenir ses promesses électorales sans se soucier des conséquences ?

Pour l’instant, la réponse, c’est personne. Et c’est ça, le vrai scandale.

La prochaine étape ? Une bataille juridique qui pourrait tout changer.

Hydro-Québec ne lâchera pas ses projets sans se battre. Les agriculteurs, eux, ont compris qu’ils devaient s’organiser. La CPTA a ouvert la porte. Maintenant, il faut la franchir.

Et vous, vous seriez prêt à voir vos champs transformés en parc à éoliennes pour sauver la planète ?

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R Galaxie Rédaction

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