Les Houthis frappent l'Arabie saoudite et testent Riyad

Deux blessés en Arabie saoudite après une attaque houthie. Les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, revendiquent une frappe sur une base militaire. Mais cette fois, le message est clair : la guerre par procuration s’intensifie, et Riyad ne répond pas comme avant. Pourquoi ce silence ? Et que cache cette escalade ?

Publié le 13 septembre 2026 à 16:01
Les Houthis frappent l'Arabie saoudite et testent Riyad

Pourquoi Riyad ne tire pas à boulets rouges ?

Les Houthis, c’est l’ennui permanent pour l’Arabie saoudite. Depuis 2014, ils lancent des missiles, des drones, des salves de roquettes artisanales. Résultat ? Des bases bombardées, des civils tués, des milliards dépensés en défense. Mais une règle non écrite : Riyad ne répond pas comme il le devrait. Pourquoi ? Parce que l’Iran est derrière eux, officiellement. Parce que frapper le Yémen, c’est s’enliser dans une guerre sans fin. Parce que les États-Unis, malgré leurs bases en Arabie, ferment les yeux sur bien des choses.

Cette fois, deux blessés. Deux de plus. Le chiffre est dérisoire, mais le symbole est lourd. Les Houthis ne visent plus juste les infrastructures économiques. Ils touchent le territoire saoudien, et pas n’importe où : près d’une base militaire. Comme pour dire : « On peut atteindre vos hommes, vos armes, vos plans. Et vous, vous faites quoi ? »

Les médias saoudiens parlent de « deux blessés légers ». Les Houthis, eux, postent des vidéos de leurs missiles en vol, avec des sous-titres triomphants. La différence ? L’un minimise, l’autre assume. Et ça, c’est le vrai problème.

L’Iran joue son va-t-en-guerre sans risques

Teheran n’a jamais nié son soutien aux Houthis. Officiellement, c’est « une aide humanitaire ». Officieusement, c’est une armée de l’ombre qui tire sur Riyad depuis le Yémen. Et le pire ? L’Iran s’en sort à chaque fois. Les sanctions ? Contournées. Les frappes saoudiennes au Yémen ? Inefficaces. Les pressions internationales ? Dilapidées.

Prenez le dernier rapport de l’ONU, daté de 2023 : « Les livraisons d’armes iraniennes vers les Houthis ont augmenté de 30 % en six mois ». 30 %. Pas des pourcentages de plus en discours, mais des missiles de plus, des drones de plus, des techniciens iraniens de plus sur place. Et pendant ce temps, l’Arabie saoudite, elle, achète des F-35 et des Patriots. Des milliards en équipements high-tech pour se protéger… contre des roquettes artisanales.

Ce que les Houthis ne disent pas

Les rebelles yéménites aiment bien se présenter comme des héros anti-impérialistes. « On défend notre peuple contre l’agresseur saoudien », clament-ils. Sauf que leur « peuple », celui qu’ils disent protéger, meurt aussi. Les frappes houthis au Yémen ont fait des milliers de morts civils depuis 2014. Mais ça, ils n’en parlent pas.

Et puis, il y a cette question gênante : qui finance vraiment cette guerre ? Les Houthis touchent des fonds iraniens, oui. Mais aussi des dons de la diaspora yéménite, des trafics d’armes détournés, et peut-être même des pots-de-vin ici ou là. Une guerre, ça se paie. Et les Houthis, comme tout groupe armé, ont leurs combines.

Leur dernière revendication ? « Une victoire contre l’agresseur saoudien ». Traduction : « On a frappé une base militaire, et vous, vous n’avez rien fait. ». C’est vrai. Riyad a riposté, bien sûr. Des frappes aériennes, des menaces, des communiqués outrés. Mais rien qui ne change la donne. Parce que l’équation est simple : frapper le Yémen, c’est s’attirer une guerre longue et coûteuse. Laisser faire, c’est perdre la face.

Le vrai problème : personne ne veut d’une guerre ouverte

Les États-Unis ? Ils ont d’autres chats à fouetter. La Russie ? Occupée en Ukraine. La Chine ? Trop occupée à faire semblant de médier. Et l’Europe ? Elle regarde, comme d’habitude, sans rien faire.

Reste l’Arabie saoudite. Elle pourrait tout casser. Bombarder les dépôts d’armes houthis au Yémen. Couper les financements iraniens. Envoyer des troupes au sol. Mais à quel prix ? Une escalade avec l’Iran ? Une guerre régionale ? Des milliers de morts de plus ?

Non. Riyad préfère le statu quo. Des frappes symboliques, des condamnations verbales, et l’espoir que les Houthis, un jour, se lasseront. Sauf que les Houthis, eux, ne se lassent pas. Ils gagnent du terrain. Ils améliorent leurs armes. Et ils savent une chose que Riyad refuse d’admettre : personne ne viendra les sauver.

Ce que cette attaque révèle

Deux blessés. Une base militaire touchée. Un communiqué de plus dans la longue liste des provocations houthis. Mais cette fois, quelque chose cloche. Les Houthis ne visent plus juste les symboles économiques. Ils frappent là où ça fait mal : les forces saoudiennes. Et Riyad ne répond pas.

Pourquoi ? Parce que la guerre, aujourd’hui, se joue autrement. Ce n’est plus une question de tanks et d’avions. C’est une question de drones, de mercenaires, de financements opaques. Et dans ce jeu-là, les Houthis ont pris une longueur d’avance.

Le vrai danger n’est pas dans les deux blessés de samedi soir. C’est dans le silence qui suit. Parce que quand plus personne ne répond, c’est que la partie est déjà perdue.

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R Galaxie Rédaction

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