Le gouvernement a un plan… mais il ne dit pas tout
Le protocole est simple : quand les lycéens défilent, les enseignants restent dans les classes. Ceux qui auraient dû les encadrer sont réquisitionnés ailleurs. Une logistique militaire, façon plan Vigipirate pour les lycées. Sauf que cette fois, ce n’est pas une menace terroriste qui justifie le déploiement, mais une crise sociale. Et ça, personne ne le dit clairement.
Pourtant, les chiffres parlent : depuis septembre, 60 % des établissements ont connu au moins une journée de grève ou de mouvement, selon le SNES-FSU. Le gouvernement le sait. Il a même anticipé. Alors pourquoi cette réponse qui sent le coup de force ? Parce que la vraie peur, ce n’est pas la grève des lycéens. C’est celle des profs.
Le SNES-FSU menace de suivre
Les syndicats d’enseignants commencent à grogner. Si on leur demande de faire les poubelles pendant que les lycéens manifestent, ils pourraient bien se dire : « Et pourquoi pas nous, demain ? » Le gouvernement mise sur la loyauté des profs, mais il sous-estime leur ras-le-bol. Un sondage IFOP de 2023 montrait que 68 % des enseignants se sentaient « épuisés » par les réformes successives. Aujourd’hui, ils sont en première ligne d’un système qui les utilise comme variable d’ajustement.
Et puis, il y a cette question : qui paiera le prix de cette stratégie ? Les lycéens, bien sûr, mais aussi les élèves qui restent en classe. Parce qu’un cours donné par un prof en double service, c’est un cours donné à moitié. Et les parents qui comptent sur l’école pour éduquer leurs enfants ? Ils sont les grands perdants de cette partie.
Le vrai jeu : diviser pour mieux régner
Le gouvernement joue les arbitres. D’un côté, il laisse les lycéens manifester (sans trop les écouter). De l’autre, il muselle les profs en leur demandant de tenir le rang. C’est une tactique classique : isoler les mouvements pour éviter qu’ils ne fassent front commun. Sauf que cette fois, le risque est réel : les enseignants pourraient se retourner contre leur propre camp.
Regardez ce qui s’est passé en 2016, pendant Nuit Debout. Les profs avaient soutenu les lycéens. Aujourd’hui, l’exécutif mise sur leur professionnalisme… et leur fatigue. Un pari dangereux. Parce qu’un prof qui a donné 150 % pendant des années, ça finit par craquer. Et quand ça craque, ça fait des étincelles.
Mardi, ce sera la première bataille. Mais la guerre, elle, ne fait que commencer.
Ce que le gouvernement ne dit pas
Officiellement, tout va bien. Les cours continuent, les grèves sont « gérables », et le dialogue social reste ouvert. Sauf que personne ne parle des conséquences.
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Les lycéens : ils obtiennent des avancées symboliques (un peu plus d’écoute, quelques promesses), mais rien qui ne change vraiment leur quotidien. Leur colère, elle, reste entière.
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Les profs : ils sont épuisés, sous-payés, et on leur demande de faire le sale boulot. Le ministère les traite comme des soldats de réserve.
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Les élèves : ceux qui ne grèvent pas subissent les retards, les cours annulés, et une école qui dysfonctionne. Personne ne leur demande leur avis.
Et puis, il y a cette petite phrase, glissée dans un communiqué : « Le gouvernement reste attentif à la situation. » Attentif, oui. Mais pas prêt à céder.
La vraie question n’est pas : « Pourquoi les lycéens grèvent-ils ? » C’est : « Jusqu’où le gouvernement est-il prêt à pousser pour éviter de négocier ? »
Parce que mardi, ce ne seront pas seulement les lycéens qui descendront dans la rue. Ce seront aussi les profs qui diront : « Assez. »
Et là, les choses pourraient devenir sérieuses.