Van Bommel offre Godts aux Diables, l'erreur qui change tout

La titularisation de Godts contre l'Italie était une décision de Mark van Bommel qui va bien au-delà d’un choix tactique. Elle révèle une équipe en quête de repères, un sélectionneur qui mise sur l’expérience brute pour combler des failles structurelles, et une génération de talents qui attend encore son heure. Le match de Rome n’était pas qu’une victoire : c’était un test raté.

Publié le 26 septembre 2026 à 12:00
Van Bommel offre Godts aux Diables, l'erreur qui change tout

Le coup de poker de van Bommel, ou l’art de jouer avec le feu sans brûler personne vraiment.

À Rome, les Diables rouges ont écrasé l’Italie sur le score de 3-0, mais personne ne s’en souviendra pour ça. On retient la titularisation de Godts, 33 ans, en lieu et place de Denayer, 23 ans, et ce choix-là, c’est une déclaration de guerre. Pas contre l’Italie, non. Contre le temps qui passe, contre les attentes, contre cette équipe qui oscille entre deux époques sans jamais en choisir une.

Godts, c’est le dernier des Mohicans. Un milieu défensif usé, un joueur qui a tout vu, tout perdu, tout regagné par morceaux. Van Bommel l’a sorti comme on sort un vieux soldat de réserve : parce qu’on n’a plus le choix. Parce que les jeunes, eux, ils sont là, mais ils ne sont pas prêts. Ou alors, ils ne sont pas assez prêts. Denayer, par exemple. Le gamin a du talent, mais à Rome, il aurait dû être titulaire. À la place, il a regardé le match depuis le banc, comme un spectateur de plus, et ça, c’est une insulte.

Pourquoi van Bommel a-t-il fait ça ? Parce qu’il n’a pas le choix.

Les Diables rouges manquent de profondeur. Pas seulement en milieu de terrain, non : partout. Les latéraux ? Trossard et Verschaeren, deux bons joueurs, mais pas des monstres. L’attaque ? Une question de jours avant que Lukaku ne prenne sa retraite, et après ? On en est où, avec Orban et Onana ? À Rome, ils ont brillé, mais c’est une exception qui confirme la règle : cette équipe n’a pas de deuxième ligne. Van Bommel le sait. Il a donc fait ce que tout sélectionneur fait quand il n’a plus rien sous la main : il a sorti les vieux dossiers.

Godts, c’est le symbole d’une équipe qui refuse de tourner la page. Comme si les Diables rouges étaient condamnés à revivre éternellement les mêmes combats, les mêmes victoires, les mêmes doutes. À 33 ans, Godts n’est plus le joueur qu’il était. Il compense par l’expérience, par la connaissance du jeu, par cette capacité à lire les situations comme personne d’autre. Sauf que contre l’Italie, une équipe qui a déjà battu la Belgique deux fois en deux ans, l’expérience ne suffit plus. Il faut autre chose. Il faut de la fraîcheur, de l’audace, des joueurs qui n’ont pas peur de se tromper.

Le vrai problème, c’est que van Bommel n’a pas le temps de former une nouvelle génération.

La Belgique a une fenêtre de tir étroite. Les prochains grands tournois, c’est l’Euro 2024, puis la Coupe du Monde 2026 à la maison. Deux compétitions où les attentes seront démesurées. Deux compétitions où une équipe comme celle de van Bommel, tiraillée entre hier et demain, ne pourra pas survivre.

Prenez Denayer. Le gamin a du potentiel, mais il n’a pas encore la maturité pour porter une équipe. À Rome, il aurait dû jouer. À la place, il a été relégué au banc, comme un remplaçant de luxe. Comme si van Bommel avait peur de le brûler. Comme si le sélectionneur belge avait peur de tout, en fait. Peur de se tromper, peur de prendre des risques, peur de laisser passer sa chance.

Et puis il y a le reste.

Les blessures, d’abord. Les Diables rouges sont une équipe qui saigne. Trossard, déjà fragile, a encore failli manquer ce match. De Ketelaere, toujours en convalescence. Meunier, jamais vraiment à 100 %. Une équipe qui joue avec un pied dans le plâtre, et van Bommel, lui, il doit composer avec ça. Il doit faire avec ce qu’il a, même si ce qu’il a, ce n’est pas toujours ce qu’il faudrait.

Ensuite, il y a la question des priorités. Van Bommel a une équipe nationale à gérer, mais il a aussi un club à diriger. À Ajax, il doit préparer la saison prochaine, recruter, former. La Belgique, c’est son second job, et parfois, on le sent. Parfois, on a l’impression qu’il joue avec les Diables rouges comme on joue avec une équipe réserve : sans trop y croire, sans trop y mettre.

Le match de Rome, c’était ça : une victoire qui cache une défaite.

Les Diables rouges ont gagné 3-0. Ils ont dominé. Ils ont été meilleurs. Sauf que la vraie question, c’est : pourquoi ? Pourquoi une telle domination ? Parce que l’Italie était en lambeaux ? Parce que Godts, à 33 ans, peut encore faire des miracles ? Parce que van Bommel a enfin trouvé la recette magique ?

Non. La vraie raison, c’est qu’il n’y avait pas d’alternative. Pas de pression. Pas de doute. Juste une équipe qui a fait ce qu’elle sait faire : jouer serré, attendre son heure, et espérer que l’adversaire craque. Sauf que contre des équipes comme l’Italie, ça ne suffit plus.

Ce qui se joue derrière, c’est une question de légitimité.

Van Bommel a été critiqué après ce match. Trop conservateur, pas assez audacieux, trop attaché au passé. Les critiques ont raison. Le sélectionneur belge a peur. Peur de se tromper, peur de prendre des risques, peur de laisser passer sa dernière chance. Godts, c’est le symbole de cette peur. Un joueur qui représente tout ce qu’il ne faut plus être, mais qu’on ne peut pas se résoudre à lâcher.

Pourtant, la Belgique a besoin de tourner la page. Elle a besoin de jeunes comme Denayer, comme Verschaeren, comme Onana. Elle a besoin d’une équipe qui croit en l’avenir, pas en des victoires sans lendemain. Rome était une victoire, oui. Mais c’était aussi un avertissement. Un avertissement que van Bommel ne semble pas vouloir entendre.

La vraie question, maintenant, c’est : jusqu’où ira-t-il ?

Jusqu’à l’Euro ? Jusqu’à la Coupe du Monde ? Jusqu’à ce que les Diables rouges ne soient plus qu’un souvenir ?

Une chose est sûre : si van Bommel continue comme ça, ce ne sera pas une question de si la Belgique va échouer. Ce sera une question de quand.

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R Galaxie Rédaction

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