Le carburant, ce nouveau point de rupture
En 2018, c’était la taxe sur le diesel. Aujourd’hui, c’est le prix pur et simple. Le problème, c’est que cette fois, la colère ne vient pas d’une mesure politique, mais d’un marché qui se fout de vous. Les cours du pétrole ont bondi depuis juin, poussés par les tensions géopolitiques et la spéculation. Résultat : en France, une famille qui roule 15 000 km par an a vu sa facture carburant augmenter de 400 à 500 euros sur un an. Pas une augmentation symbolique. Une vraie pression sur le budget. Et quand vous demandez des comptes, on vous sort des graphiques et des facteurs externes. Comme si c’était une fatalité. Sauf que non. En Allemagne, les prix sont stables. En Norvège, ils baissent même légèrement. Pourquoi ? Parce qu’ils ont des politiques publiques qui encadrent les marges des compagnies. Pas chez nous. Ici, on laisse Total et ses copines faire ce qu’elles veulent. Et ça, ça pique au vif.
Le pire ? Les réseaux sociaux sont inondés de témoignages. Je gagne 1 800 euros net, et mon plein me coûte 100 euros. Ma mère arrête de conduire, elle préfère le bus. Je fais 20 km pour trouver une station à 1,85 euro. Personne ne vous parle de ça dans les médias. Juste des tensions sociales ou des risques de pénurie. Mais au fond, qui s’en soucie vraiment ? Pas les actionnaires de Total, en tout cas. Eux, ils rigolent bien.
# Les syndicats ne veulent pas (encore) de cette galère
Les CGT, FO, CFDT : ils ont autre chose à faire. La réforme des retraites, les grèves dans les hôpitaux, les luttes contre la précarité. Le carburant, c’est un sujet trop niche, trop populiste. Alors ils laissent les réseaux sociaux porter le flambeau. Sauf que cette fois, ce n’est pas qu’une question de pouvoir d’achat. C’est une question de dignité. Vous vous souvenez des Gilets jaunes ? Des gens qui ont tout quitté pour dire ça suffit. Aujourd’hui, ils ne sont plus dans la rue. Mais ils sont toujours là, en colère. Et quand la colère n’a plus de débouché, elle repasse par les interstices. Les appels du 17 octobre ne viennent pas des syndicats. Ils viennent de ceux qui en ont marre d’attendre.
Le problème, c’est que cette fois, le gouvernement n’a pas de réponse toute faite. En 2018, Macron avait sorti son grand débat. Aujourd’hui, il n’a même pas de discours. Juste des mesures d’urgence qui arrivent trop tard. Comme ces 10 centimes de réduction sur le diesel annoncés en urgence… alors que le prix a déjà explosé. Une miette. Une insulte.
# Ce qui se joue vraiment : la fin des illusions
Les Gilets jaunes, c’était une révolte contre les inégalités. Aujourd’hui, c’est une révolte contre l’abandon. Vous vous sentez seuls ? Personne ne vous représente ? Parfait. Alors vous vous organisez vous-mêmes. Les groupes Facebook, les chats Telegram, les appels à manifester sans structure… C’est ça, la nouvelle donne. Plus de leaders, plus de partis, juste des gens qui en ont assez et qui veulent agir. Le 17 octobre, ce ne sera peut-être pas une grande manif. Peut-être juste quelques milliers de personnes sur les ronds-points, avec des pancartes Carburant : on paie, vous trichez. Mais l’effet sera le même : une pique dans le ballon des politiques qui croyaient avoir enterré le sujet.
Le plus intéressant, c’est ce que ça révèle : la fin des vieux schémas. Les syndicats ne marchent plus. Les partis non plus. Alors on revient aux bases. Aux ronds-points. Aux réseaux. À l’action directe. Et ça, ça fait peur. Parce que quand les gens n’ont plus confiance dans les institutions, ils se tournent vers ce qui marche : la pression. La rue. La désobéissance.
# Le vrai risque : que ça déborde ailleurs
Le carburant, c’est le symptôme. Mais ce qui fait peur, c’est ce que ça cache. L’électricité qui monte, les prix de l’alimentation qui suivent, les salaires qui stagnent… Tout ça, c’est la même histoire. Une histoire de pouvoir d’achat qui s’effondre, et de politiques qui regardent ailleurs. Le 17 octobre, si la manif du carburant marche, elle enverra un message clair : on ne lâche rien. Et là, les autres sujets vont suivre. L’électricité, les loyers, les retraites… Tout peut rejaillir.
Le gouvernement joue avec le feu. Il croit que les gens vont se taire. Qu’ils vont attendre. Qu’ils vont oublier. Mais non. La colère, une fois réveillée, elle ne s’endort pas. Elle attend. Elle guette. Et elle frappe quand c’est le moment. Le 17 octobre, ce sera peut-être le début. Ou peut-être juste un avertissement. Dans les deux cas, une chose est sûre : ce ne sera pas la dernière fois.
# La dernière question : et après ?
Si la manif du 17 octobre a lieu, elle ne changera pas tout du jour au lendemain. Mais elle rappellera une vérité simple : quand les prix explosent et que les salaires ne suivent pas, les gens descendent dans la rue. Point. Pas besoin de syndicats, pas besoin de partis. Juste des gens en colère, et une date dans le calendrier. Le vrai danger, ce n’est pas la manif elle-même. C’est ce qu’elle pourrait réveiller. Parce que si les Gilets jaunes reviennent, ce ne sera pas pour le carburant. Ce sera pour tout le reste. Et là, les politiques n’auront plus le choix : soit ils écoutent, soit ils paient.
Alors oui, le 17 octobre, on verra bien. Mais une chose est sûre : cette fois, personne ne les arrêtera. Pas avec des promesses. Pas avec des discours. Juste avec des actes. Et des actes, ils en ont déjà donné assez.