Les Français craignent pour leurs enfants depuis longtemps

Près de neuf Français sur dix craignent pour l’avenir de leurs enfants. Le dérèglement climatique en tête, mais derrière, il y a une lassitude plus profonde. Et personne ne semble avoir de réponse claire. Voici pourquoi cette peur est un symptôme bien plus large qu’un simple sondage.

Publié le 23 septembre 2026 à 18:00
Les Français craignent pour leurs enfants depuis longtemps

Le dérèglement climatique, symptôme d’un malaise bien plus large

Le climat, bien sûr, c’est l’argument qui fait mouche. Les canicules à répétition, les incendies en Provence, les inondations dans le Nord… Les images s’accumulent, les rapports du GIEC aussi. 72 % des Français citent le dérèglement climatique comme leur première inquiétude, selon l’enquête. Logique. Sauf que derrière, il y a autre chose : l’impression que les politiques publiques ne suivent pas. Prenez la rénovation des logements. Depuis 2017, on parle de « plan de sobriété énergétique ». Résultat ? Seulement 1 % des logements ont été rénovés pour réduire leur consommation, selon l’ADEME. Pendant ce temps, les factures d’électricité explosent, et les ménages les plus modestes triment pour payer leur chauffage. À quoi bon voter pour un candidat « écolo » si, concrètement, rien ne change dans votre quotidien ?

Et puis il y a l’école. Les programmes serrés, les profs en burn-out, les classes surchargées. Un enfant sur trois en difficulté en lecture à 15 ans, selon l’OCDE. Personne ne vous expliquera comment un enfant d’aujourd’hui aura un avenir stable dans ce système. Les alternances politiques ne font qu’empiler les réformes sans jamais les finir. Le lycée pro ? Trop technique. Le bac général ? Trop théorique. Et après ? La précarité, pour beaucoup. Un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, selon l’Insee. Pas besoin d’être devin pour savoir que ça ne va pas s’arranger.

Pourquoi les politiques évitent le sujet

Pourtant, les candidats à la présidentielle de 2027 en parlent peu. Parce que c’est un sujet qui fâche. À gauche, on accuse la droite d’avoir cassé les services publics. À droite, on reproche à la gauche d’avoir trop taxé les entreprises. Au centre, on propose des « transitions » floues qui ne rassurent personne. Le vrai problème ? Personne ne veut assumer les choix difficiles.

Prenez l’exemple de TotalEnergies. L’entreprise mise sur les énergies renouvelables… tout en continuant d’investir massivement dans le pétrole. En 2023, 60 % de ses profits venaient encore des hydrocarbures, selon ses propres chiffres. Pendant ce temps, les Français sont censés « consommer moins ». C’est ça, la réalité : on demande aux citoyens de faire des efforts, mais pas aux géants de l’industrie.

Même chose pour l’immigration. 30 % des Français estiment que c’est le premier problème, selon l’enquête. Pourtant, les débats restent stériles : soit on diabolise les migrants, soit on les présente comme des sauveur·euses sans jamais parler des vrais enjeux, logement, santé, emploi. Résultat ? Une colère qui s’exprime dans les urnes, mais jamais dans des solutions concrètes.

Ce que les sondages ne montrent pas

Ce que les chiffres d’Odoxa ne disent pas, c’est la résignation. Pas la peur paniquée, non. Juste l’idée que, quoi qu’on fasse, ça ne changera pas. Un père de famille dans le Nord, ouvrier chez Renault, résume : « On nous promet depuis 20 ans que ça va s’arranger. Les retraites, l’emploi, le climat… À chaque fois, c’est la même chanson. Alors on se dit : à quoi bon voter ? » Ce n’est pas du cynisme, c’est de la lucidité.

Et puis il y a l’effet générationnel. Les moins de 35 ans, eux, ne votent plus comme leurs parents. 40 % des 18-24 ans se disent « sans espoir », selon l’Ifop. Pas surprenant : ils ont vu leur pouvoir d’achat s’effondrer, le logement devenir inaccessible, et les promesses politiques se transformer en miettes. Leur pessimisme n’est pas une crise passagère, c’est un constat.

2027 : l’année où tout va se jouer

Alors oui, le dérèglement climatique est une menace. Mais le vrai danger, c’est l’absence de projet collectif. Les Français ne veulent plus entendre parler de « croissance à tout prix » ou de « rigueur » comme unique réponse. Ils veulent des solutions qui tiennent debout : des logements décents, des écoles fonctionnelles, un avenir stable pour leurs enfants. Pas des discours lisses, pas des promesses en l’air.

Le problème ? Personne ne semble prêt à assumer les sacrifices nécessaires.

En 2027, les Français voteront. Pas par conviction, mais par désespoir. Parce qu’ils n’ont plus rien à perdre. Et ça, c’est bien plus inquiétant que n’importe quel chiffre de sondage.

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R Galaxie Rédaction

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