En 2026, la croissance mondiale devrait atteindre 3,1 %, selon le FMI. Un chiffre qui sonne mieux que les 2,9 % prévus en avril. La raison ? L’intelligence artificielle, ce boulet de sauvetage qui compense (en partie) le choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient. Les États-Unis et la Chine tirent la croissance, l’Europe traîne, et la France, dans ce tableau, fait figure d’exception, mais pas celle qu’on croit.
Le FMI mise sur l’IA, mais pas sur tout. Les modèles du Fonds reposent désormais sur une hypothèse simple : l’IA va booster la productivité. Pas demain, pas dans cinq ans, mais dès 2024-2025, avec un effet d’entraînement sur les salaires et la consommation. Problème : cette hypothèse ignore un détail crucial. L’IA ne crée pas de richesses ex nihilo. Elle les redistribue, vers ceux qui savent l’utiliser, vers les secteurs qui l’ont adoptée en premier. Les autres ? Ils trinquent.
Prenez la France. Le pays affiche une croissance plus faible que la moyenne européenne (1,2 % en 2023, contre 1,5 % pour l’UE). Pourquoi ? Parce que l’hexagone mise encore sur l’industrie traditionnelle, les services basiques, et une administration qui freine l’innovation. L’IA y est un accessoire, pas un moteur. Pendant ce temps, aux États-Unis, les géants du tech (Microsoft, Google, Nvidia) injectent des milliards dans l’IA générative, et les PME suivent, même si c’est souvent pour automatiser des tâches à bas coût plutôt que pour innover.
L’Europe, ce parent pauvre de l’IA. L’Union européenne, elle, navigue à vue. La Commission vante son règlement IA (le premier au monde, soit), mais les entreprises européennes peinent à investir. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont ni les moyens ni l’écosystème pour rivaliser avec les États-Unis ou la Chine. Résultat : l’Europe représente moins de 10 % des investissements mondiaux en IA, contre 40 % pour les États-Unis.
Et la France dans tout ça ? Elle cumule les handicaps. D’un côté, un État qui réglemente à outrance (la loi sur l’IA, censée protéger les citoyens, décourage les startups). De l’autre, un tissu économique qui résiste au changement : les PME françaises investissent deux fois moins dans l’innovation que leurs homologues allemandes ou américaines (source : INSEE, 2023). Bref, pendant que le FMI parle de rebond, la France reste le pays où l’IA arrive en retard, et où les vieux schémas résistent le mieux.
Le vrai risque : l’inflation qui traîne. L’IA, c’est bien. Mais elle ne suffit pas à effacer les séquelles de la crise énergétique. Les prix de l’électricité restent élevés en Europe, et les ménages serrent la vis. En France, le pouvoir d’achat recule pour la troisième année consécutive (INSEE, 2024). Alors oui, le FMI table sur 3,1 % en 2026, mais ce chiffre suppose que l’IA va magiquement compenser la baisse des salaires et la hausse des coûts. Or, rien ne dit que ça arrivera.
Et si l’IA ne sauvait personne ? Voilà le vrai scénario que le FMI évite d’aborder. L’intelligence artificielle pourrait très bien aggraver les inégalités plutôt que les réduire. Les pays riches et les secteurs high-tech en profiteront. Les autres ? Ils devront se contenter des miettes. La France, avec son modèle social et son administration lourde, est exactement dans cette catégorie.
La conclusion qui dérange. Le FMI a raison sur un point : l’IA est un levier de croissance. Mais à condition de l’utiliser intelligemment. Or, force est de constater que la plupart des pays, la France en tête, ne sont pas prêts. Ils misent sur des solutions d’hier (relance keynésienne, subventions) alors que le monde a besoin d’un virage technologique radical. 2026 sera une année de transition. Pas de rebond.
Et vous, vous y êtes prêt ?