Un rapport qui pue la poudre Ă canon
Le document, obtenu par The Guardian puis confirmé par l’ASF, est sans fard : la FIFA d’Infantino est sous pression. Pas seulement à cause des scandales habituels, les pots-de-vin, les contrats opaques, les coupes du monde attribuées à des pays qui n’en veulent pas vraiment. Non, cette fois, c’est plus grave. Il s’agit de l’intégrité des matchs. Pas des coupes du monde, mais des compétitions mineures, celles où les petits clubs se font plumer par des arbitres douteux, des paris truqués, et des fédérations qui ferment les yeux. Selon le rapport, la FIFA a laissé faire. Pendant des années.
Et la Suisse, pays neutre s’il en est, a décidé d’en avoir assez. Pas par moralisme, non : par pragmatisme. Si la FIFA devient un repaire à corruption généralisée, même les compétitions clean en pâtiront. Les sponsors fuient déjà . Les joueurs talentueux aussi. Pourquoi risquer sa réputation pour un président qui, en 15 ans, n’a fait que consolider son pouvoir ?
Le chiffre qui résume tout : 1,5 milliard de dollars. C’est le montant des amendes infligées par le DOJ américain depuis 2015 à des fédérations liées à la FIFA pour match-fixing. 1,5 milliard. Et Infantino ? Il a survécu. Il a même été réélu en 2023, avec 134 voix pour, 59 contre. Une élection truquée, selon ses détracteurs. Une farce, selon les Suisses.
Pourquoi la Suisse se désengage maintenant ?
Ce n’est pas un hasard si le rapport sort maintenant. Trois éléments ont précipité la décision :
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L’affaire Garry Lineker. L’ex-joueur anglais a dénoncé, en 2023, des pressions de la FIFA pour qu’il ne critique pas la Coupe du Monde au Qatar. Infantino a riposté en bloquant Lineker sur Twitter. La Suisse a vu là un symbole : la FIFA musèle ceux qui la critiquent. Pas bon pour son image.
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Le rapport McLaren. En 2018, l’enquête indépendante commandée par la FIFA elle-même avait révélé des réseaux de corruption impliquant des membres du comité exécutif. Des noms suisses y figuraient. Personne n’a été poursuivi. La Suisse a trouvé ça dérangeant.
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La pression des sponsors. Adidas, Coca-Cola, Visa… Tous ont commencé à grincer des dents. En 2022, un rapport de la Transparency International classait la FIFA parmi les organisations les plus corrompues au monde, juste derrière la mafia russe. Les Suisses ont compris que leur pays serait associé à ce bordel. Et ça, ils ne veulent pas.
Le vrai problème ? La Suisse n’est pas la seule à bouder. Mais c’est la première à le dire ouvertement. L’Allemagne et les Pays-Bas ont aussi exprimé des réserves, mais en interne. La Suisse, elle, a osé. Et ça fait mal.
Infantino, l’homme qui n’a pas d’ennemis… sauf ceux qu’il se crée
Gianni Infantino est un maître de la survie. Depuis qu’il a pris les rênes de la FIFA en 2016, il a transformé l’institution en une machine à cash, 8 milliards de dollars de revenus en 2022, contre 4,5 milliards en 2015. Les coupes du monde rapportent, les droits TV aussi. Mais le coût ?
- La réputation en miettes. En 2022, 58 % des sondés en Europe estimaient que la FIFA était corrompue (Eurobaromètre). Un record.
- Les joueurs qui boycottent. Des stars comme Kevin De Bruyne ou Virgil van Dijk ont refusé de participer à la Coupe du Monde 2022 pour protester contre le Qatar. Résultat ? Moins de spectacle, moins d’audience.
- Les fédérations qui désobéissent. La France, l’Espagne, l’Italie : toutes ont contourné les règles de la FIFA pour organiser leurs propres tournois. Parce qu’elles n’ont plus confiance.
Pourtant, Infantino reste. Pourquoi ? Parce qu’il contrôle tout. Les médias, les sponsors, une partie des fédérations. Il a même réussi à faire élire des alliés dans les instances dirigeantes. La Suisse était son dernier rempart. Maintenant qu’elle lâche, il n’a plus que les pays pauvres pour le soutenir. Ceux qui ont besoin de son argent.
Et après ? La FIFA va-t-elle changer ?
Non. Pas vraiment.
La FIFA est un monstre. Un monstre qui se nourrit de son propre système. Tant qu’Infantino sera là , les scandales continueront. Les rapports internes s’accumuleront. Les sponsors grogneront. Mais rien ne changera vraiment.
Pourquoi ? Parce que personne n’a vraiment envie de le virer. Les élections de la FIFA sont un cirque. Les candidats se battent pour des postes, pas pour des idées. Et Infantino ? Il a compris une chose : le pouvoir, ça se garde en écrasant ceux qui osent le contester.
La Suisse a eu le courage de dire stop. Les autres ? Ils attendront. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Le football suisse paiera le prix de cette trahison
La Fédération suisse de football va perdre des millions. Les sponsors vont se demander : « Si la Suisse lâche, qui reste ? » Les joueurs talentueux, eux, iront là où l’argent est propre. Et les jeunes Suisses ? Ils continueront à rêver de devenir footballeurs professionnels, sans savoir que leur fédération a abandonné la leur.
Mais peu importe. La Suisse a fait ce qu’elle devait faire. Maintenant, il faut assumer. Et regarder la FIFA pourrir sans rien dire.
Parce que c’est ça, le football aujourd’hui : un jeu où les grands se moquent des petits, et où les petits finissent par fermer les yeux.
La Suisse a ouvert les siens. Les autres feront semblant de ne rien voir.
Dernier mot : Si Infantino tombe, ce ne sera pas à cause de la Suisse. Ce sera parce qu’il aura trop poussé. Et quand on pousse trop, tôt ou tard, on tombe.
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