Pourquoi le FBI a pété un câble sur des mots ?
Le 11-Septembre, c’est un sujet sensible. Tout le monde le sait. Mais quand même. La CBC, chaîne publique canadienne, a décidé de ne plus utiliser le mot « attentat » pour décrire les attaques du 11 septembre 2001. Pourquoi ? Parce que, officiellement, « attentat » implique une intention terroriste, et que la chaîne préfère éviter les « biais ». Résultat : « événements du 11-Septembre », « tragédie du 11-Septembre », « attaques du 11-Septembre », mais jamais « attentats ».
Le FBI, lui, a trouvé ça insultant. Pas pour les victimes, pas pour les familles. Pour eux. Parce que le FBI, quand il parle du 11-Septembre, il parle en termes de « terrorisme ». En termes de « guerre ». En termes de « chasse aux coupables ». Et si on lui retire le mot « attentat », c’est comme si on lui retirait les armes des mains. Comme si on lui disait : « On ne sait pas vraiment qui a fait ça, ni pourquoi. On va juste pleurer en silence. »
Et ça, le FBI, ça ne le supporte pas.
Un chiffre pour comprendre l’ampleur du problème : En 20 ans, le FBI a classé 2 700 affaires liées au terrorisme après le 11-Septembre. 2 700 dossiers, 2 700 enquêtes, 2 700 fois où le mot « attentat » avait du sens. Quand CBC efface ce mot, elle efface aussi, indirectement, une partie du travail du FBI. Et ça, les Américains, ça les fait grincer des dents.
Mais le vrai problème, c’est pas le FBI. C’est que personne ne veut plus assumer le mot « terrorisme » aujourd’hui. Personne ne veut plus dire « islamiste », « djihadiste », « extrémiste ». On préfère les « acteurs non étatiques », les « groupes armés », les « événements tragiques ». Comme si en évitant les mots, on évitait la réalité.
Et la GRC dans tout ça ?
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) collabore étroitement avec le FBI depuis des décennies. Enquêtes communes, échanges d’informations, formation des agents. Sauf que depuis que CBC a changé sa charte éditoriale, le FBI a ralenti les échanges. Pas arrêté net, non. Juste « temporairement suspendu », comme on dit dans les communiqués officiels quand on veut pas pisser dans la soupe.
Pourquoi la GRC ? Parce que la GRC, comme la CBC, fait partie du même écosystème canadien. Même culture du « politiquement correct ». Même peur de froisser. Même tendance à édulcorer les mots pour ne pas braquer. Et le FBI, lui, il en a marre. Il veut des partenaires qui parlent clair. Pas des partenaires qui ont peur de leur ombre.
Le vrai conflit : la peur vs. la réalité
Le FBI n’est pas en train de faire une crise de nerfs parce que CBC a changé de vocabulaire. Non. Le FBI est en train de dire : « Si vous ne pouvez même plus nommer les choses comme elles sont, comment voulez-vous qu’on travaille ensemble ? »
Parce que derrière ce mot « attentat », il y a une idée : celle que ces attaques étaient ciblées. Organisées. Politiques. Pas juste « une tragédie », pas « un événement », mais un acte de guerre. Et si on ne peut plus le dire, alors quoi ? On fait semblant que ça n’a pas existé ?
La CBC, elle, répond que « attentat » est un mot chargé, biaisé, qui peut « stigmatiser » un groupe. Sauf que le FBI, lui, il voit ça autrement : « attentat », c’est un mot qui permet d’agir. Qui permet d’enquêter. Qui permet de traquer. Sans ce mot, tout devient flou. Tout devient « sensible ». Tout devient « à éviter ».
Ce que ça change pour les Canadiens
Pour l’instant, pas grand-chose. Les échanges entre le FBI et la GRC ne sont « que » temporairement suspendus. Les dossiers en cours continuent. Les coopérations sur d’autres sujets aussi. Mais ce silence, il dit quelque chose.
Ça dit que le Canada, comme beaucoup d’autres pays, a peur des mots. Peur de froisser. Peur de choquer. Peur de se tromper. Et quand on a peur des mots, on a peur de la réalité. Parce que si on ne peut plus dire « attentat », « terrorisme », « guerre », alors on ne peut plus non plus dire « ennemi ». Et sans ennemi, comment on se défend ?
Le vrai danger : l’auto-censure
Le problème avec CBC, ce n’est pas qu’elle évite le mot « attentat ». Le problème, c’est que personne ne lui dit « arrêtez ». Personne ne lui dit « vous avez tort ». Personne ne lui dit « vous êtes en train de nous faire un cadeau aux terroristes ».
Parce que dans une démocratie, on a le droit de choisir ses mots. Mais quand ce choix devient une règle, une ligne éditoriale, une politique publique, alors ça devient dangereux. Ça devient de l’auto-censure. Et l’auto-censure, c’est le premier pas vers la soumission.
Le FBI, lui, il ne veut pas se soumettre. Il veut des partenaires qui osent encore parler. Même si ça dérange. Même si ça choque. Même si ça fait mal.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vous, vous trouvez que CBC a raison ? Que « attentat » est un mot trop fort, trop biaisé, trop dangereux ? Ou vous trouvez que le FBI a raison ? Que si on ne peut plus dire les choses comme elles sont, alors on est déjà perdus ?
Personnellement, je penche pour la deuxième option. Parce que les mots, ça ne tue pas. C’est ceux qui les utilisent qui tuent. Et si on ne peut plus les utiliser, alors on est déjà morts.
La leçon du FBI pour le Canada
Le FBI n’est pas un modèle de transparence. Loin de là. Mais au moins, il assume ses mots. Il assume ses ennemis. Il assume ses guerres. Et ça, c’est quelque chose que le Canada devrait peut-être apprendre.
Parce que si on ne peut plus dire « attentat », alors on ne pourra plus jamais dire « résistance ». Et sans résistance, il n’y a plus de liberté.
La dernière question : qui va craquer en premier ?
Le FBI va-t-il continuer à bouder ? La GRC va-t-elle suivre CBC dans sa politique du « on ne dit rien » ? Ou est-ce que CBC va finir par céder, sous la pression, et réintroduire le mot « attentat » ?
Une chose est sûre : ce conflit ne date pas d’hier. Il ne fera que s’aggraver. Parce que tant qu’on aura peur des mots, on aura peur de la vérité. Et la vérité, elle, elle n’a pas peur.
Et ça, c’est le vrai problème.