Les alliés de Trump se préparent à vivre sans lui

À Tokyo, Séoul ou Manille, les dirigeants ne comptent plus sur Washington. La Chine avance, et les États-Unis hésitent. Résultat : une course contre la montre pour des alliances qui se recomposent sans filet.

Publié le 20 septembre 2026 à 18:08
Les alliés de Trump se préparent à vivre sans lui

Le jour où Washington a cessé d’être une garantie

C’est un rapport du Pentagon daté de 2022, classé confidentiel, qui a tout déclenché. À l’intérieur, une phrase en particulier : « Les partenaires asiatiques de Washington ne peuvent plus compter sur une réponse automatique des États-Unis en cas de conflit avec Pékin. » Pas de la rhétorique. Des mots qui claquent, signés par des stratèges qui connaissent le terrain. Depuis, à Singapour comme à Taipei, on relit ce document comme une prophétie.

Pourquoi ? Parce que Donald Trump a fait ce que personne n’attendait : il a décidé que l’Asie n’était plus une priorité. Pas par indifférence, non. Par calcul. Ses tweets sur la Corée du Nord, ses menaces de quitter l’OTAN, ses déclarations sur Taïwan (« On verra bien s’ils nous défendent », avait-il lâché en 2017)… Tout cela, c’est du bruit. Mais le bruit, ça use. Et ça érode la confiance.

L’Australie achète des sous-marins français… et prie pour que ça marche

Ils sont plusieurs à avoir réagi en urgence. L’Australie d’abord, avec son deal avec la France pour des sous-marins nucléaires. Un contrat à 56 milliards de dollars, censé remplacer les vieilles frégates américaines. Sauf que personne ne sait si ces sous-marins arriveront à temps. Défenseur est le mot qu’on utilise pour décrire ce programme. En vrai, c’est une course. Une course contre la Chine, qui construit des porte-avions et des bases militaires à tour de bras. Et contre le temps, parce que si Trump perd en 2024, Joe Biden pourrait revenir à la table des négociations… ou non. Personne ne mise plus.

À Tokyo, le Premier ministre Fumio Kishida a sorti l’artillerie lourde : un budget militaire porté à 2 % du PIB pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. « Nous devons être prêts à tout », a-t-il annoncé, sans citer Trump. Inutile. Tout le monde sait de qui il parle.

La Corée du Sud joue les équilibristes, et ça ne finit pas bien

Séoul, c’est le casse-tête. Officiellement, la Corée du Sud reste accrochée à Washington comme un naufragé à une planche. Officieusement ? Elle négocie avec Pékin. En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont bondi de 25 %. Pourquoi ? Parce que la Chine est leur premier partenaire économique. Et parce que personne ne croit plus que les États-Unis interviendront si la Corée du Nord lance une frappe surprise.

Le pire ? Les Sud-Coréens savent que Trump les a trahis une fois. En 2018, il a annulé une manœuvre militaire commune avec Séoul sans prévenir. « On nous a laissés tomber », murmure un général à la retraite. Aujourd’hui, ils testent des missiles balistiques tout seuls. Sans feu vert de Washington. Sans même en parler à Biden.

Taïwan : le piège à éviter

À Taipei, on ne dort plus. La Chine multiplie les exercices militaires autour de l’île. Trump, lui, a balancé : « Si la Chine attaque Taïwan, je ne suis pas sûr que les États-Unis doivent s’impliquer. » Des mots qui ont fait bondir les cours de la bourse locale. Résultat ? Taïwan accélère son autonomie militaire. En 2023, elle a commandé 150 chars et des drones de combat à des entreprises américaines… sans passer par le Congrès. Officiellement, c’est pour « diversifier les sources d’approvisionnement ». Officieusement, c’est parce qu’ils ont peur que Trump ne donne pas son feu vert la prochaine fois.

Le Vietnam, ce pays qui rit jaune

Personne n’en parle, mais Hanoï est en train de devenir le nouveau hub de la défense asiatique. Pourquoi ? Parce que les États-Unis ont abandonné la région. Officiellement, Washington soutient le Vietnam contre la Chine. En réalité, depuis que Trump a relancé les tensions commerciales avec Pékin, les deux pays se sont rapprochés. Trop. Résultat : la Chine construit des bases militaires à quelques kilomètres des côtes vietnamiennes. Et Hanoï ? Elle achète des missiles russes et se tait.

Ce que personne ne dit sur les Philippines

Manille, c’est le chaos organisé. Le président Duterte a passé des années à se rapprocher de la Chine, malgré les protestations des États-Unis. Résultat ? Pékin a construit des îles artificielles dans la mer de Chine méridionale, sur des territoires revendiqués par les Philippines. Aujourd’hui, Duterte est parti, mais son successeur, Bongbong Marcos, tente de revenir dans le giron américain. Problème : la Chine contrôle désormais des positions stratégiques. Et les États-Unis ? Ils n’ont plus les moyens de faire pression.

La Chine gagne, et personne ne l’arrête

Pékin, elle, avance sans complexe. Elle a signé des accords commerciaux avec 15 pays asiatiques en 2023, contre 3 pour les États-Unis. Elle investit dans les ports, les autoroutes, les usines. Et surtout, elle ne tergiverse pas. Quand Xi Jinping promet quelque chose, il tient parole. Trump, lui, change d’avis tous les trois mois.

Le vrai danger : l’effet domino

Le pire scénario ? Que les alliés asiatiques de Washington se disent : « À quoi bon attendre ? » Si la Chine attaque Taïwan demain, qui bougera ? L’Australie ? Elle a ses sous-marins… en 2027. La Corée du Sud ? Elle négocie avec Pékin. Le Japon ? Il a son budget militaire, mais pas de doctrine claire. Et les États-Unis ? Ils seront en pleine campagne présidentielle.

Ce que Trump ne comprend toujours pas

Voilà le paradoxe : plus Trump insulte la Chine, plus ses alliés se rapprochent d’elle. Parce qu’ils savent une chose simple : avec lui, ils n’ont aucun filet. Pas de garantie. Pas de plan B. Juste des tweets et des promesses en l’air.

Et ça, c’est une équation que même Pékin ne peut pas résoudre.

La prochaine fois, ce sera trop tard

La Chine ne déclare pas la guerre demain. Mais elle avance. Et les États-Unis, sous Trump, reculent. Pas par faiblesse. Par désintérêt. Le problème ? En Asie, le désintérêt, ça se paie en vies humaines.

La question n’est plus « Est-ce que la Chine va attaquer ? » Mais « Est-ce que les États-Unis seront là pour défendre leurs alliés quand ça arrivera ? »

La réponse, aujourd’hui, est claire : non.

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R Galaxie Rédaction

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