Lundi 19 octobre, l'électricité a frôlé les 280 €/MWh

Les prix de l'électricité ont atteint leur pic d'octobre lundi, avec un sommet à 280 €/MWh en soirée. Derrière les chiffres, une mécanique qui ne s'arrête pas et des factures qui explosent. Pourquoi personne ne semble vouloir agir ?

Publié le 19 octobre 2026 à 18:03
Lundi 19 octobre, l'électricité a frôlé les 280 €/MWh

Le marché de gros a encore battu des records lundi soir, et ça ne s'arrête pas là

À 19 heures, lundi 19 octobre, le prix de l'électricité a frôlé les 280 €/MWh sur le marché de gros. Un niveau qui claque comme une gifle, surtout quand on sait que la moyenne de la journée était déjà à 222 €/MWh, le plus haut d'octobre. À 3 heures du matin, le creux était à 183 €/MWh. Autrement dit, en 16 heures, le prix a varié de 97 €/MWh, comme si on jouait à la roulette russe avec la facture d'électricité.

Pourtant, personne ne semble surpris. Ni les fournisseurs, ni les régulateurs, ni même les consommateurs, qui continuent de payer sans broncher. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas un accident. C'est la règle.

Le marché de gros, ce casino où tout le monde gagne, sauf vous

Le marché de gros, c'est le grand marché de l'électricité où se fixent les prix avant qu'ils n'arrivent jusqu'à vos compteurs. Lundi, il a encore fait ce pour quoi il est fait : spéculer. Pas produire. Pas réguler. Spéculer.

Comment ? En fonction de la demande, des stocks de gaz en Europe, des aléas météo, et surtout, des anticipations. Les traders parient sur ce que le prix sera demain, après-demain, dans un mois. Et comme tout le monde parie dans le même sens, les prix montent. Vraiment montent.

Prenez Engie, qui a annoncé il y a deux semaines que les prix de l'électricité pourraient dépasser 200 €/MWh en octobre. Résultat ? Les traders ont anticipé. Les prix ont grimpé. Et maintenant, Engie doit justifier ses prévisions, même si, en interne, on sait très bien que la machine est lancée.

Le gaz, ce poison lent qui empoisonne tout

Derrière ces chiffres, il y a une réalité : l'Europe est accro au gaz russe. Pas assez pour éviter les pénuries, assez pour que les prix restent volatils. Lundi, les stocks de gaz en Europe étaient à 83 % de leur capacité, selon Gascade, le gestionnaire du réseau allemand. Assez pour tenir l'hiver ? Non. Assez pour que les prix restent élevés ? Oui.

Pourquoi ? Parce que même si on stocke du gaz, on ne produit pas assez d'électricité propre pour compenser. L'Allemagne, qui misait sur ses centrales à charbon pour remplacer le gaz russe, a dû relancer ses mines, et payer le charbon à prix d'or. Résultat : l'électricité reste chère, et les industriels commencent à grogner.

Les régulateurs, ces sourds qui font semblant d'entendre

La CRE (Commission de Régulation de l'Énergie) et BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) savent très bien ce qui se passe. Ils publient des rapports, alertent sur les risques, mais rien ne change. Pourquoi ? Parce que réguler, c'est compliqué. Parce que les États préfèrent laisser faire plutôt que d'intervenir. Parce que personne ne veut assumer la hausse des prix.

Prenez Emmanuel Macron, qui a promis de bloquer les prix de l'électricité pour les ménages… mais seulement jusqu'à la fin de l'année. Après ? Libre à vous de payer.

Ce qui va se passer demain, et après-demain

Les prix de demain, vers 14 heures, devraient rester élevés. Entre 200 et 250 €/MWh, selon les prévisions. Pourquoi ? Parce que la demande reste forte, que les stocks de gaz ne baissent pas assez vite, et que les traders continuent de parier sur la hausse.

Et après ? Ça va continuer. Pas parce qu'il y a une crise, mais parce que le système est conçu pour ça. Le marché de gros, c'est comme un élastique : plus on tire, plus ça rebondit. Et cette fois, personne ne semble vouloir lâcher prise.

La vraie question : et si on arrĂŞtait de jouer Ă  ce jeu ?

Le problème, c'est que tout le monde attend que quelqu'un d'autre agisse. Les fournisseurs attendent que les régulateurs interviennent. Les régulateurs attendent que les États prennent des décisions. Les États attendent que les citoyens acceptent. Et les citoyens ? Ils paient.

Pourtant, il y a des solutions. L'Allemagne relance son nucléaire. La France mise sur l'éolien, même si les parcs sont souvent à l'arrêt. L'Espagne et le Portugal développent des interconnexions pour importer de l'électricité moins chère.

Mais personne ne veut en parler. Parce que ça coûte cher. Parce que ça prend du temps. Parce que c'est plus facile de laisser faire.

Le piège : on va encore attendre novembre

Les prix vont continuer de monter. Pas parce qu'il y a une pénurie, mais parce que le système est conçu pour spéculer. Et quand novembre arrivera, on se rendra compte que rien n'a changé.

Sauf si quelqu'un décide enfin de casser la machine. Pas en bloquant les prix, ça ne marche pas. En forçant les énergies renouvelables. En taxant les profits excessifs des traders. En arrêtant de jouer aux apprentis sorciers.

Mais pour l'instant, personne ne bouge.

Et vous, vous payez.

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R Galaxie Rédaction

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