La Belgique veut faire baisser vos factures, mais ça cache un vrai problème

Marie-Colline Leroy (Écolo) propose trois pistes pour réduire les prix des carburants et de l’électricité. Mais derrière les annonces, une question reste entière : et si le vrai problème n’était pas fiscal, mais politique ?

Publié le 30 septembre 2026 à 08:05
La Belgique veut faire baisser vos factures, mais ça cache un vrai problème

Le gouvernement propose trois pistes pour faire baisser vos prix. En vrai, ça ne changera pas grand-chose à votre portefeuille, et ça révèle surtout un manque de courage politique.

Vous avez payé 1,80 euro le litre d’essence hier ? Bienvenue dans la réalité. Les prix des carburants flambent, ceux de l’électricité aussi, et le gouvernement, comme d’habitude, propose des solutions qui ressemblent à des rustines. Marie-Colline Leroy, députée Écolo, en a trois sous le coude : un pass transport à 1 euro, une baisse des accises sur l’électricité, et une réforme fiscale pour les plus riches. Ça fait joli sur le papier. Dans votre quotidien, ça ne changera pas tout.

Pourtant, ces propositions ont le mérite d’exister. Parce que, face à l’inflation, les politiques préfèrent souvent jouer les pompiers pyromanes plutôt que de s’attaquer aux causes profondes. Alors oui, baisser les prix, c’est bien. Mais est-ce que c’est suffisant ? Non.

Le pass à 1 euro, une illusion pour les urbains

L’idée, c’est simple : un abonnement mensuel à 1 euro pour les transports en commun. Ça sonne bien, surtout si vous habitez à Bruxelles ou dans une grande ville. Vous prenez le métro, le tram, le bus, et hop, 1 euro par mois. Sauf que pour 90 % des Belges, ça ne sert à rien.

Prenez la Wallonie. Vous habitez à Charleroi ? Vous faites 50 km par jour pour aller travailler à Mons ? Le train, c’est cher, les horaires, c’est la galère, et le covoiturage, c’est souvent la seule solution. Un pass à 1 euro ne vous aidera pas à payer votre essence, ni à acheter une voiture électrique dont le prix reste inaccessible. Alors oui, c’est une mesure symbolique. Mais symbolique, ça ne paie pas vos factures.

Et puis, qui va financer ça ? Le gouvernement ? Les communes ? Personne ne veut assumer le coût réel. Les subsides pour les transports, ça coûte cher. Très cher. Et à un moment, il faut choisir : soit on dépense l’argent pour améliorer les réseaux, soit on le gaspille en mesures cosmétiques.

L’électricité à prix réduit, mais les factures restent un casse-tête

L’autre piste d’Écolo, c’est de baisser les accises sur l’électricité. Ça, au moins, c’est une vraie mesure. Parce que oui, l’électricité, ça coûte une fortune. Mais est-ce que ça suffira à faire baisser vos factures ? Non.

Prenez une famille moyenne. Elle consomme 3 000 kWh par an. Même avec une baisse des accises, le coût du kWh reste élevé. Pourquoi ? Parce que le vrai problème, c’est le marché de l’électricité. Les fournisseurs jouent avec les prix, les contrats sont opaques, et quand vous voulez changer de fournisseur, c’est un parcours du combattant. Alors oui, baisser les taxes, c’est bien. Mais ça ne résout pas le cœur du problème : l’opacité des prix et le manque de concurrence réelle.

Et puis, qui va payer la différence ? Les accises, c’est de l’argent public. Si on les baisse, il faut bien que quelqu’un compense. Les riches ? Les entreprises ? Non, comme d’habitude, ce sera les ménages qui trinqueront.

La justice fiscale, un leurre pour calmer les consciences

Troisième proposition d’Écolo : taxer davantage les plus riches. Ça, au moins, c’est une vraie idée. Parce que oui, les Belges les plus aisés paient trop peu d’impôts. Mais est-ce que ça va faire baisser vos factures d’essence ou d’électricité ? Non.

La fiscalité, ça ne régule pas les prix du marché. Ça peut redistribuer un peu d’argent, mais ça ne change rien à la spéculation sur le pétrole ou à la hausse des coûts de production. Alors oui, c’est une mesure juste. Mais juste ne veut pas dire efficace.

Et puis, qui va vraiment payer ? Les milliardaires ? Les grands patrons ? Non, comme d’habitude, ce sera les classes moyennes qui seront ciblées. Parce que les riches, ils ont toujours des failles dans leur fiscalité. Ils paient déjà moins que leur part.

Le vrai problème, personne n’en parle

Alors, pourquoi ces mesures ne suffiront pas ? Parce que le vrai problème, c’est le manque de courage politique.

On préfère jouer avec les prix, les taxes, les aides, plutôt que d’affronter les vrais enjeux : la dépendance aux énergies fossiles, la spéculation sur les marchés, et l’incapacité à investir dans des alternatives réelles.

Prenez l’exemple de l’Allemagne. Ils ont misé sur les énergies renouvelables, ils ont investi massivement dans les transports publics, et aujourd’hui, leurs prix de l’électricité sont bien moins chers que les nôtres. Pourquoi la Belgique ne fait-elle pas la même chose ? Parce que nos politiques préfèrent les mesures d’urgence aux réformes structurelles.

Alors oui, un pass à 1 euro, une baisse des accises, une fiscalité plus juste, c’est bien. Mais ça ne changera pas grand-chose à votre portefeuille. Parce que le vrai problème, c’est qu’on n’a pas le courage de faire ce qu’il faut.

Et ça, personne n’en parle.

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R Galaxie Rédaction

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