48 kilos de crack saisis à Thiès, un réseau démantelé

Une opération musclée dans la nuit du 24 au 25 septembre a mis fin à un réseau de trafic de crack à Thiès. Mais derrière les chiffres, ce qui se joue est plus gros que les 48 kilos saisis. Qui tire les ficelles ? Pourquoi ce quartier ? Et surtout, pourquoi ça ne suffit pas ?

Publié le 29 septembre 2026 à 14:02
48 kilos de crack saisis à Thiès, un réseau démantelé

48 kilos de crack, une saisie qui pèse lourd

Pas besoin d’être expert pour savoir que 48 kilos, c’est une montagne. Assez pour alimenter des mois de consommation, des dizaines de revendeurs, des centaines de clients. Assez pour que les flics de Thiès se réveillent en sueur après une nuit à démanteler un réseau. Pourtant, quand on vous dit ça, vous imaginez quoi ? Des caisses en plastique, des sacs poubelles, des planques dans des appartements minables ? Oui, mais pas seulement. Derrière ces 48 kilos, il y a des hommes. Un en particulier, interpellé cette nuit-là, qui n’est pas un petit bras. Un nom qui circule depuis des années dans les milieux concernés : Mame Cheikh Diouf. Pas un inconnu. Pas un débutant. Un profil qui fait froid dans le dos quand on sait comment ça fonctionne.

Médina Fall, le quartier où la drogue respire

Pourquoi Médina Fall ? Parce que c’est là que les gens ont besoin. Besoin de se défoncer, besoin d’oublier, besoin de tenir. Parce que c’est là que les flics ne fouillent pas assez. Parce que c’est là que les réseaux s’installent, comme des squatteurs qui savent qu’on ne les délogera jamais vraiment. Les chiffres ? On n’en a pas. Personne ne les publie. Mais vous, vous le savez : quand un quartier devient une zone grise, c’est qu’il y a un trou. Un trou dans la surveillance, un trou dans les priorités, un trou dans la volonté politique.

Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de trafics dans ce coin de Thiès. En 2021, une opération similaire avait permis de saisir 20 kilos de cannabis et d’interpeller trois personnes. Trois. Pas trois réseaux. Trois personnes. Comme si on grattait la surface sans jamais creuser. Comme si on jouait à cache-cache avec des dealers qui connaissent chaque recoin.

Le trafiquant interpellé n’est pas un pion

Mame Cheikh Diouf. Le nom sonne. Pas parce qu’il est célèbre, mais parce qu’il est connu. Connu des flics, connu des revendeurs, connu des clients. Un homme qui a monté son business en silence, sans tapage, sans excès. Juste assez pour passer entre les mailles. Assez pour que personne ne se dise : « Lui, c’est le gros ». Assez pour qu’il puisse continuer, année après année.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas seul. Jamais les trafiquants ne le sont. Derrière lui, il y a des fournisseurs, des intermédiaires, des complices. Des gens qui savent où sont les limites. Des gens qui savent que si tu te fais choper, tu tombes, mais que les autres, eux, ils continuent. C’est comme ça que ça marche. Un réseau, ça ne s’effondre pas avec une seule perquisition.

Pourquoi on en parle maintenant ?

Parce que 48 kilos, c’est trop. Parce que Médina Fall, c’est trop visible. Parce que Mame Cheikh Diouf, c’est trop gros pour être ignoré. Mais aussi parce que les flics ont enfin décidé de frapper fort. Pas une simple saisie. Une opération en règle, avec des hommes, des moyens, une stratégie. Est-ce que ça va changer quelque chose ?

Pas sûr. Parce que les réseaux, ils se reconstituent. Parce que les clients, ils reviennent. Parce que les dealers, ils attendent juste que la poussière retombe pour repartir de plus belle. La vraie question, c’est : est-ce que quelqu’un va s’occuper de Médina Fall après cette opération ? Est-ce que quelqu’un va vraiment creuser ?

Ce que la saisie ne dit pas

48 kilos. Un chiffre. Un symbole. Mais ce chiffre, il cache autre chose. Il cache les morts. Les overdoses, les bagarres, les dettes qui ne se paient pas. Il cache les familles brisées, les enfants qui grandissent sans père, les mères qui se battent pour des loyers impayés. Il cache aussi l’argent. L’argent qui circule, qui corrompt, qui achète des silences.

Personne ne vous dira combien de vies ont été détruites par ces 48 kilos. Personne ne vous dira combien de familles ont été ruinées. Parce que ça, ça ne se mesure pas. Ça, c’est l’autre côté de la médaille. Le côté que les chiffres ne montrent pas.

Et après ?

Alors, on fait quoi ? On applaudit les flics ? On se dit que c’est une bonne nouvelle ? Peut-être. Mais pas assez. Parce que tant que Médina Fall existera, tant que des gens auront besoin de se défoncer, tant que des dealers auront envie de gagner de l’argent facile, le jeu recommencera. La vraie question, c’est : qui va s’en occuper ? Pas juste les flics. Pas juste la justice. Les politiques, les associations, les citoyens. Tout le monde.

Parce que 48 kilos, c’est une victoire. Mais une victoire à la Pyrrhus si personne ne fait le travail après.

Le vrai combat commence maintenant

Les 48 kilos sont saisis. Mame Cheikh Diouf est interpellé. Les médias en parlent. Mais dans les rues de Médina Fall, la vie continue. Les dealers attendent. Les clients aussi. Et les flics ? Ils sont déjà en train de préparer la prochaine opération.

Le problème, c’est que ça ne suffira pas. Parce que le trafic, lui, il ne s’arrête jamais vraiment. Il change juste de forme. Il se cache. Il revient.

Alors oui, c’est une bonne nouvelle. Mais ce n’est qu’un début. Et le vrai combat, lui, il ne fait que commencer.

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R Galaxie Rédaction

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