À partir de septembre, le diesel rouge sera accessible à tous

Donald Trump vient de lever un tabou : le diesel rouge, habituellement réservé aux tracteurs, sera désormais accessible à tous les Américains. Mais derrière cette mesure, un report de taxe déguisé et des comptes qui ne rentrent pas. Voici ce qui change vraiment, et pourquoi ça ne suffira pas.

Publié le 6 octobre 2026 à 16:05
À partir de septembre, le diesel rouge sera accessible à tous

Le diesel rouge, c’est quoi, en vrai ?

Imaginez un réservoir de carburant, mais en rouge. Pas parce que c’est plus joli, non. Parce que ce diesel-là, il est moins taxé. Beaucoup moins. Normalement, aux États-Unis, le diesel subit une taxe fédérale de 24,4 cents par gallon, plus des taxes locales qui peuvent grimper à 50 cents ou plus selon l’État. Résultat : un litre à 1,50 dollar dans le meilleur des cas. Sauf si vous êtes agriculteur, pompier, ou que vous conduisez un engin de chantier. Là, vous avez droit au diesel rouge, avec une taxe réduite à 4 cents par gallon. Une aubaine. Sauf que jusqu’à présent, cette mesure était réservée à une poignée de professionnels. Pas aux millions d’Américains qui galèrent à faire le plein.

Pourtant, c’est exactement ce que Trump vient d’autoriser. En théorie. Parce que le décret ne dit pas vraiment « vous pouvez tous y avoir accès ». Il dit : « la taxe sera prélevée plus tard ». Bref, un report. Comme quand votre banquier vous dit : « On va reporter votre crédit, mais vous paierez des intérêts en plus. » Sauf que là, c’est l’État qui joue les banquiers en chef. Et les intérêts, ce sera les prix qui continueront de flamber dès que la mesure prendra fin.

Le chiffre qui résume tout : selon l’American Petroleum Institute, les prix du diesel ont augmenté de 15 % en un an. Et cette mesure ne va rien changer à la tendance. Juste reporter la facture. Comme on repousse une dette. Sauf que cette fois, ce sont les automobilistes qui trinquent.

Pourquoi Trump joue cette carte ?

Parce que les prix à la pompe, c’est le nouveau bouc émissaire politique. Personne n’aime payer plus cher. Personne ne comprend pourquoi les prix explosent. Et quand les gens ont mal au portefeuille, ils votent avec leurs pieds. Ou plutôt, contre ceux qui sont au pouvoir.

Trump le sait. Il a déjà utilisé cette tactique en 2017, quand il avait promis de faire baisser les prix de l’essence. Spoiler : ça n’avait pas marché. Mais cette fois, il mise sur un effet d’annonce. « Regardez, on fait comme si on vous aidait ! » Sauf que le vrai problème, c’est pas le diesel rouge. C’est l’offre et la demande. Et les sanctions contre l’Iran, qui ont réduit les exportations de pétrole de 1,2 million de barils par jour depuis 2018 (source : IEA).

Mais bon, expliquer ça, c’est compliqué. Alors Trump préfère jouer les super-héros du plein d’essence. Même si, au final, ça ne change rien.

Ce que les stations-service en pensent (et pourquoi elles ne vont pas sauter de joie)

Demandez à Marathon Petroleum, le deuxième raffineur américain, ou à Valero Energy, le troisième. Ils savent très bien que cette mesure, c’est du vent. Parce que le diesel rouge, ça ne se distribue pas comme ça. Il faut des réservoirs spécifiques, des pompes adaptées, des stocks à gérer. Et surtout, ça ne rapporte rien.

« Les stations-service vont devoir investir dans des réservoirs supplémentaires, et au final, elles ne gagneront pas un centime de plus », explique un responsable du secteur sous couvert d’anonymat. « On nous demande de faire un effort pour rien. Et après, on nous reprochera d’avoir augmenté les prix. »

Surtout que cette mesure, elle est temporaire. Donc dans six mois, quand Trump ne sera plus aux commandes (ou quand les électeurs auront oublié), les prix repartiront à la hausse. Et les stations-service, elles, auront déjà dépensé des millions pour s’adapter à une mesure qui ne durera pas.

Le vrai problème ? Personne ne parle de la vraie solution. Parce que la vraie solution, c’est de taxer moins les énergies propres et de subventionner moins les énergies fossiles. Mais ça, c’est pas une mesure qui fait des titres chocs. Et ça, Trump ne le fera jamais.

Et après ? Quand la musique s’arrêtera

Parce que oui, cette mesure, elle s’arrête. Officiellement, elle ne concerne que les six prochains mois. Après ? Retour à la case départ. Sauf que cette fois, les prix auront encore augmenté. Parce que le vrai problème, c’est pas le diesel rouge. C’est l’offre. Et l’offre, elle ne va pas s’améliorer toute seule.

En 2023, les États-Unis ont importé 7,2 millions de barils de pétrole par jour (source : EIA). Une partie vient du Canada, une partie du Mexique, une partie du Moyen-Orient. Mais les tensions géopolitiques, les sanctions, les cyberattaques sur les oléoducs… Tout ça, ça fait monter les prix. Et ça, un décret présidentiel ne peut pas le régler.

Alors oui, les Américains vont pouvoir acheter du diesel rouge. Pendant six mois. Ensuite ? Ils paieront encore plus cher. Et Trump aura tenu sa promesse… jusqu’à la prochaine élection.

La vraie question, personne ne la pose

Pourquoi personne ne parle de taxer les superprofits des compagnies pétrolières ? En 2022, ExxonMobil a réalisé 55 milliards de dollars de bénéfices. Chevron, 30 milliards. Shell, 20 milliards. Pendant ce temps, les prix à la pompe explosaient. Et les États-Unis ont continué à subventionner le pétrole à hauteur de 20 milliards de dollars par an (source : Congressional Research Service).

Au lieu de ça, on nous parle de diesel rouge. D’un report de taxe. D’une mesure qui ne changera rien. Parce que la vraie solution, c’est pas de faire semblant d’aider les automobilistes. C’est de faire payer ceux qui gagnent des milliards sur le dos des consommateurs.

Mais bon. Ça, c’est pas un décret que Trump signera de sitôt.

Alors, à quoi bon ?

À rien. Sauf à gagner des points politiques. Sauf à faire croire que quelque chose change. Sauf à reporter l’échéance. Comme on repousse une facture. Comme on évite d’affronter le vrai problème.

Les Américains vont pouvoir acheter du diesel rouge. Pendant six mois. Ensuite, ils paieront encore plus cher. Et personne n’aura rien changé.

C’est ça, la vraie mesure Trump.

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R Galaxie Rédaction

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