De Gi ignore les patrons locaux et perd des milliards

Le 12 octobre, la commune de De Gi a tenté un dialogue avec les entrepreneurs locaux. Résultat : des promesses en l’air, des attentes bafouées et un mépris affiché pour ceux qui font tourner l’économie. Voici pourquoi cette réunion était une perte de temps.

Publié le 13 octobre 2026 à 14:17
De Gi ignore les patrons locaux et perd des milliards

Les patrons parlent, mais on ne les entend pas

Le problème, c’est que personne n’a vraiment posé les bonnes questions. Les chefs d’entreprise sont venus avec leurs chiffres, leurs projets, leurs besoins. Les fonctionnaires ont sorti leurs dossiers, leurs plans quinquennaux, leurs discours sur la coopération. Sauf que personne n’a creusé. Personne n’a demandé : « Et concrètement, qu’est-ce qui vous bloque ? » Personne n’a osé dire : « Vos promesses de 2020, où sont-elles ? »

Prenez l’exemple de Vinacomin, cette entreprise minière qui exploite les terres rares autour de De Gi. Depuis des années, elle promet des investissements, des infrastructures, des emplois. Résultat ? Des routes défoncées, des villages sans électricité et des ouvriers qui partent faute de salaires à temps. Le 12 octobre, leurs représentants ont encore parlé de « partenariats gagnant-gagnant ». Traduction : on vous laisse creuser, on prend les profits, et vous, vous gérez les conséquences.

Et puis il y a les petits, les ateliers textiles, les fermes agro-industrielles. Ceux qui n’ont pas les moyens de faire pression, qui trimballent leurs dossiers depuis des années sans jamais obtenir un permis, une subvention, un déblocage administratif. Le Comité populaire leur a seriné des trucs sur « l’accompagnement » et « la confiance ». Comme si la confiance se décrétait dans un bureau climatisé.

Le chiffre que personne ne veut commenter

Selon les dernières données du Département du Plan de Gia Lai (2023), les investissements étrangers dans la province ont chuté de 32 % en un an. Pas parce que les marchés se sont effondrés, mais parce que les entrepreneurs en ont marre. Ils partent. Ils installent leurs usines au Vietnam du Sud, à Ho Chi Minh-Ville, là où les contrats se signent en une semaine et où les fonctionnaires ne vous demandent pas trois tampons pour un simple certificat.

Le 12 octobre, personne n’a cité ce chiffre. Personne n’a osé dire : « Si on ne change pas, dans cinq ans, il ne restera plus grand-chose à gérer. » À la place, on a eu droit à des discours sur « l’harmonie sociale » et « le développement durable ». Comme si le durable, c’était de laisser pourrir une économie parce qu’on a peur de froisser.

Ce qui se passe quand les marchés ferment les yeux

Le vrai problème, c’est que les patrons locaux le savent. Ils savent que De Gi est en train de rater le train. Pas celui des terres rares, pas celui du tourisme (même si c’est une blague), mais celui de l’industrie légère, des PME, des petits usines qui pourraient employer des milliers de gens. Sauf qu’aujourd’hui, ils n’ont pas le choix : soit ils jouent le jeu et attendent des années pour un permis qui n’arrivera jamais, soit ils ferment boutique.

Le 12 octobre, un responsable du Comité populaire a lâché, sans s’en rendre compte : « Nous devons créer un environnement favorable. » Favorable à quoi ? À ce que les entreprises restent ? À ce qu’elles investissent ? À ce qu’elles ferment proprement ? Personne n’a précisé. Parce que personne ne sait.

Et puis il y a les silences. Ceux sur les retards de paiement des contrats publics. Ceux sur les taxes qui s’accumulent sans que personne ne vérifie si elles sont justes. Ceux sur les projets pharaoniques annoncés à grand renfort de communiqués, puis oubliés dans un tiroir. Le 12 octobre, aucun patron n’a osé demander : « Pourquoi personne ne nous rend de comptes ? » Parce que la réponse, tout le monde la connaît : parce que ça dérange.

Pourquoi les régulateurs n’ont pas réagi à temps

Le plus ironique, c’est que tout le monde est au courant. Les patrons, les fonctionnaires, les ONG, même les rumeurs du marché. Pourtant, personne ne bronche. Pourquoi ? Parce que dans un système comme celui de Gia Lai, personne ne veut être celui qui va casser les codes.

  • Les entrepreneurs ont peur de se faire blacklister si ils critiquent trop fort.
  • Les fonctionnaires ont peur de perdre leur poste s’ils admettent que les choses ne marchent pas.
  • Les politiques, eux, ont peur des émeutes si ils avouent que les promesses ne seront pas tenues.

Résultat : on fait semblant. On organise des réunions de dialogue. On prend des notes. On signe des protocoles d’intention. Et dans le fond, rien ne change.

Le 12 octobre, à De Gi, personne n’a dit ça. Personne n’a eu le courage. Mais les chiffres, eux, parlent. Et ils crient.

La vraie raison pour laquelle cette réunion était inutile

Le dialogue, c’est comme le café : ça réchauffe, mais ça ne nourrit pas. Le 12 octobre, les patrons sont repartis avec leurs dossiers toujours aussi épais, leurs espoirs toujours aussi minces, et cette certitude amère : personne ne veut vraiment les aider.

Pas parce qu’on est méchant. Pas parce qu’on est corrompu. Simplement parce que personne n’a intérêt à ce que ça change.

Les fonctionnaires préfèrent gérer le statu quo. Les patrons préfèrent attendre que les autres bougent. Et les politiques ? Ils préfèrent compter sur les prochaines élections pour régler les problèmes d’aujourd’hui.

Alors oui, le Comité populaire de De Gi a organisé une réunion. Oui, il y a eu des sourires, des poignées de main, des promesses. Mais au final, c’était juste une autre façon de gagner du temps. Et dans une économie comme celle de Gia Lai, le temps, c’est ce qu’on n’a plus.

La dernière idée qui pique

Si vous êtes entrepreneur à De Gi, voici ce que vous devez retenir : ne comptez sur personne. Pas sur les fonctionnaires, pas sur les politiques, pas sur les grands groupes qui vous promettent monts et merveilles. Comptez sur vous. Trouvez des partenaires ailleurs. Installez-vous là où on vous traite comme un adulte, pas comme un suppliant.

Parce que dans cinq ans, quand Gia Lai sera encore plus loin du reste du Vietnam, ce ne sera pas faute d’avoir été prévenu.

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R Galaxie Rédaction

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