Le 13 octobre, le FMI a sorti ses prévisions pour 2026. Et ça claque. 0,4 % de croissance. C’est tout. À peine plus qu’un hoquet. En 2025, on nous avait encore vendu du 0,9 %. Un chiffre déjà pathétique, mais là, c’est la douche froide. La France stagne. Et personne ne semble s’en offusquer.
Pourtant, ce n’est pas une surprise. Depuis des années, les indicateurs s’accumulent : chômage qui traîne, investissements qui se raréfient, pouvoir d’achat qui s’effrite. Mais le FMI, c’est un peu comme le médecin qui vous annonce une tumeur. On sait déjà que c’est grave, mais là, c’est officiel. Et ça, ça change tout.
L’État français joue les sourds
Le gouvernement, lui, continue de parler de « résilience ». En 2023, Bruno Le Maire annonçait encore un « redressement progressif ». Progressif, oui. Comme une paralysie qui s’installe. Les chiffres du FMI, c’est le miroir brut de la réalité. Et ce miroir, il ne reflète pas une économie en bonne santé, mais une machine qui tousse, qui crache, et qui peine à avancer.
Prenez l’exemple de TotalEnergies. En 2022, l’entreprise affichait des profits records grâce au pétrole. Deux ans plus tard, les bénéfices s’effondrent. Pourquoi ? Parce que l’Europe mise sur les énergies vertes, mais que les infrastructures tardent. Résultat : des milliards perdus, des emplois menacés, et une croissance qui se noie dans l’incertitude.
Et puis, il y a l’inflation résiduelle. Les prix baissent, oui, mais pas assez vite. Les Français continuent de serrer leur portefeuille. Le FMI le sait. Et ça, c’est le vrai problème. Une économie qui ne redémarre pas, c’est une économie qui étouffe.
Les marchés ferment les yeux, les Français paient
Les bourses, elles, ne s’inquiètent pas. Pourquoi ? Parce que la France reste un pays riche. Les actionnaires, eux, ne voient pas la misère des ménages. Ils voient des dividendes, des rachats d’actions, des fusions-acquisitions. Le CAC 40, lui, ne stagne pas.
Mais dans les usines, les PME, les commerces de centre-ville ? Là, c’est la désolation. Prenez Renault. En 2024, l’usine de Sandouville (Seine-Maritime) a frôlé la fermeture. Résultat : des centaines de licenciements, des villes qui saignent. Et le FMI, dans tout ça ? Il note simplement que « la compétitivité reste un défi ». Traduction : on est à la ramasse.
Le pire ? Les politiques ne proposent rien de concret. On parle de réformes, de flexibilité, de compétitivité… mais au final, les mesures qui tombent sont soit trop timides, soit trop tardives. Le FMI le résume bien : « Sans réformes structurelles, la croissance restera faible. » Sauf que les réformes structurelles, ça fait mal. Et personne n’a envie de se faire mal.
Ce que le FMI ne dit pas (mais que tout le monde sait)
Le rapport du FMI est clair : la dette publique française pèse comme une pierre. 110 % du PIB. Un niveau insoutenable sur le long terme. Et pourtant, personne ne veut en parler.
Pourquoi ? Parce que réduire la dette, ça signifie soit augmenter les impôts, soit couper dans les dépenses publiques. Deux options politiques suicidaires. Alors on fait semblant d’oublier. On parle de croissance potentielle, de productivité, de transition écologique… mais on évite soigneusement le sujet : la France dépense plus qu’elle ne gagne.
Et le FMI, dans tout ça ? Il joue les Cassandre. Il prévient : « Si rien ne change, la dette continuera de freiner l’investissement. » Traduction : on est dans la merde.
Mais les marchés, eux, continuent de parier sur la France. Parce qu’ils savent une chose que les citoyens ignorent : quand la merde déborde, c’est toujours les petits qui trinquent.
2026, l’année où tout bascule (ou pas)
Alors, 2026 sera-t-elle l’année du grand effondrement ? Pas forcément. Parce que le FMI, c’est aussi un peu un bouc émissaire. Les prévisions, c’est comme les bulletins météo : ça peut changer. Mais une chose est sûre : si rien ne bouge, la France continuera de couler à petit feu.
Les élections européennes de 2024 ont montré une chose : les Français en ont marre des promesses creuses. Ils veulent des résultats. Mais les résultats, ça prend du temps. Et le temps, justement, c’est ce qui manque.
Alors, que faire ? Attendre que la croissance revienne ? Espérer que les réformes arrivent ? Non. Il faut exiger. Exiger des comptes. Exiger des choix. Parce que stagner, c’est déjà perdre.
Et le FMI, dans tout ça, a raison sur un point : si on ne fait rien, la France va continuer de ramer.
La dernière question, la seule qui compte
Est-ce que les Français vont enfin se réveiller ? Ou est-ce qu’on va continuer à se mentir, année après année, jusqu’à ce qu’il soit trop tard ?
Le FMI a sonné l’alarme. À vous de voir si vous l’entendez.