La DGCCRF ferme les yeux sur les sèche-cheveux dangereux vendus à prix cassés

Un test du GIFAM révèle que 100 % des sèche-cheveux achetés sur Amazon, Darty ou Temu à bas prix sont non conformes. Pourquoi les autorités ne bougent pas ? Et surtout, que risquez-vous en les utilisant ?

Publié le 19 septembre 2026 à 20:06
La DGCCRF ferme les yeux sur les sèche-cheveux dangereux vendus à prix cassés

Un test qui claque comme un court-circuit

Le GIFAM, c’est le Groupement des Industries Françaises de l’Audiovisuel et des Équipements Numériques, un organisme sérieux. Pas un blogueur qui râle sur les prix bas. Ils ont acheté des sèche-cheveux à moins de 15 €, et tous, sans exception, présentaient des défauts majeurs : câbles mal isolés, prises non certifiées, risques d’électrocution ou d’incendie. Certains avaient des étiquettes de conformité falsifiées. D’autres, tout simplement invisibles. Comme si le vendeur avait oublié de les coller après avoir commandé une grossiste en Chine.

Mais le plus drôle ? Les prix. Un modèle testé à 9,99 € sur Amazon. Un autre à 14,99 € sur Darty. Des tarifs qui donnent l’impression d’une bonne affaire. Sauf que non. Vous payez pour un risque. Un risque que vous ne voyez pas, parce que le produit a l’air normal. Jusqu’à ce que ça chauffe.

Et puis il y a Temu, la marketplace chinoise qui pullule sur les réseaux sociaux. Là, les prix descendent sous les 10 €. Le GIFAM n’a pas testé spécifiquement Temu, mais les autres plateformes. Pourtant, sur Temu aussi, les sèche-cheveux à 5 € ou 7 € pullulent. Avec les mêmes problèmes.

Alors, comment expliquer que 100 % des produits soient non conformes ?

La DGCCRF, ce fantôme qui surveille sans rien faire

La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), c’est le gendarme du marché. Son boulot, c’est de retirer les produits dangereux. Sauf que là, elle semble désemparée.

Pourquoi ? Parce que les marketplaces ne coopèrent pas. Amazon, Darty, Temu : tous protègent leurs vendeurs. Ils ne donnent pas accès aux données sur les produits retirés, les signalements, les non-conformités. Résultat : la DGCCRF ne sait pas où frapper. Elle peut contrôler un colis ici ou là, mais elle ne peut pas tout surveiller.

Et puis, il y a le temps. Une enquête prend des mois. Entre-temps, des milliers de sèche-cheveux dangereux sont vendus. Des milliers de foyers risquent l’électrocution.

Le GIFAM a contacté la DGCCRF. Réponse ? « Nous travaillons en permanence sur ces dossiers. » Traduction : on fait ce qu’on peut, mais c’est compliqué.

Pourtant, la loi est claire. Un produit non conforme doit être retiré du marché. Point. Sauf que quand le vendeur est une boutique en ligne anonyme, basée en Chine ou en Turquie, personne ne peut le sanctionner.

Pourquoi les marketplaces laissent-elles faire ?

Parce que l’argent parle. Temu, c’est des millions de ventes par jour. Amazon et Darty aussi, bien sûr, mais avec des vendeurs européens, un peu plus traçables. Sauf que les prix bas attirent. Et les consommateurs achètent sans réfléchir.

Les marketplaces savent que ces produits sont dangereux. Elles savent que certains vendeurs trichent. Mais elles préfèrent fermer les yeux. Pourquoi ? Parce que retirer un produit, c’est perdre des ventes. Et dans l’e-commerce, le chiffre d’affaires prime sur tout le reste.

Prenez Temu. 5 € le sèche-cheveux. Vous croyez que c’est rentable ? Bien sûr que non. Sauf si vous vendez des millions d’unités. Et si quelques-uns brûlent, personne ne viendra se plaindre en France. Les retours ? Rarement traités. Les remboursements ? Un casse-tête.

Résultat : le système est pourri. Les marketplaces laissent faire parce que ça leur rapporte. La DGCCRF ne peut pas tout contrôler. Et vous, vous êtes dans la merde.

Que se passe-t-il si vous achetez un de ces sèche-cheveux ?

Rien. Au début.

Jusqu’à ce que ça chauffe. Jusqu’à ce que la prise grésille. Jusqu’à ce que le câble fonde et que vous vous fassiez électrocuter. Ou pire : que votre maison parte en fumée.

Le GIFAM a trouvé des défauts graves :

  • Des câbles non isolés, exposant les fils électriques.
  • Des prises non normées, incompatibles avec les installations françaises.
  • Des étiquettes de conformité bidon, collées après coup ou simplement absentes.
  • Des surchauffes, signe que l’appareil va s’autodétruire.

Et personne ne vous prévient.

Parce que vous n’êtes pas un client prioritaire. Vous êtes un numéro, un achat, un chiffre dans un tableau Excel. Pas quelqu’un qui mérite qu’on vérifie si son sèche-cheveux va lui brûler la peau.

Que faire, alors ?

  1. Arrêtez d’acheter des sèche-cheveux à moins de 20 €. Oui, c’est cher. Oui, c’est tentant. Mais non, ce n’est pas un bon plan. Un sèche-cheveux à 15 €, c’est un risque. Un sèche-cheveux à 50 €, c’est un produit testé, certifié, qui a des chances d’être sûr.

  2. Vérifiez les labels. Un vrai sèche-cheveux européen a au moins deux labels : le CE (conformité européenne) et le NF (norme française). Si vous ne voyez qu’un logo bizarre, fuyez.

  3. Signalez les produits dangereux. Sur Amazon, Darty ou Temu, il y a des boutons pour signaler un produit. Utilisez-les. Même si ça ne change rien, ça fait pression. Et si assez de monde signale, la DGCCRF finira par regarder.

  4. Ne branchez pas un produit douteux. Si votre sèche-cheveux grésille, fume, ou sent le brûlé, débranchez-le tout de suite. Ne le testez pas. Vous ne savez pas ce qu’il va faire. Et vous ne voulez pas le savoir.

Le vrai problème, c’est que ça va empirer

Les marketplaces ne vont pas arrêter. Temu, Shein, AliExpress : tous vendent des produits à prix cassés. Et tous ont les mêmes problèmes.

La DGCCRF ne peut pas tout contrôler. Les associations de consommateurs manquent de moyens. Et vous, vous êtes livrés à vous-mêmes.

Alors soit vous fermez les yeux et vous continuez à acheter des sèche-cheveux à 9 € en espérant que ça ne vous électrocute pas. Soit vous payez un peu plus cher, et vous dormez tranquille.

Le choix, c’est à vous.

Mais une chose est sûre : le système ne va pas changer tout seul.

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R Galaxie Rédaction

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