Le feu d’artifice genevois a mal tourné à Lausanne
Dimanche soir, la gare de Lausanne sentait la poudre. Pas celle des feux d’artifice, non, celle des engins pyrotechniques lancés par une quarantaine de supporters du Servette FC sur les forces de l’ordre. Résultat : les gendarmes ont sorti les balles en caoutchouc. Pas la première fois, mais cette fois, l’ambiance était plus lourde. Pourquoi ? Parce que cette fois, c’est la Super League qui était en jeu. Et quand le football monte en tension, les supporters aussi.
Le derby lémanique, ce vieux serpent
Le Lausanne-Sport contre le Servette, c’est comme le Chablais contre Genève : une vieille rivalité qui puise dans l’histoire, les préjugés, et surtout, l’alcool. Dimanche, le match s’est joué sur le terrain, mais la vraie bataille a commencé après. À la gare. Parce que les supporters genevois, une fois le coup de sifflet final donné, ont décidé que la soirée n’était pas assez chaude. Ils ont sorti les pétards, les fumigènes, et même des cocktails Molotov, selon des témoins. La police cantonale vaudoise a confirmé : ils ont dû riposter avec des balles en caoutchouc. Quatre blessés légers, dont deux policiers. Rien de grave, mais assez pour rappeler que ces débordements, ça coûte cher.
Un chiffre qui en dit long : 40 millions
La Super League, c’est le championnat suisse. Mais c’est aussi un business. Et un business qui rapporte : 40 millions de francs par an, selon le dernier rapport de la ligue. Assez pour que les clubs investissent dans des stades, des joueurs, des infrastructures. Assez pour que les supporters, eux, se sentent parfois oubliés. Parce que quand vous payez 200 francs pour un billet, vous vous attendez à ce que le spectacle soit à la hauteur. Pas à ce que votre soirée se termine en course-poursuite avec la police.
Pourquoi ça dérape toujours ?
La réponse, c’est simple : parce que personne ne veut réguler. Les clubs ferment les yeux sur les groupes ultras. La police, elle, n’a pas les moyens de tout contrôler. Et les supporters, eux, savent très bien que les sanctions, quand elles arrivent, sont souvent légères. En 2022, après des émeutes similaires, le Servette avait écopé d’une amende de 10 000 francs. 10 000 francs. Pour une soirée de chaos. C’est le prix de l’impunité.
Le vrai problème, c’est la culture de l’impunité
À Genève, les groupes de supporters les plus chauds, comme les Brigades Rouges ou les Ultras Servette, ont une réputation bien établie. Ils savent que la police va intervenir, mais pas assez tôt. Ils savent que les sanctions seront minimes. Et surtout, ils savent que les clubs, pour ne pas perdre leur public, ne les sanctionneront pas trop fort. C’est un cercle vicieux : plus les débordements sont violents, plus les supporters se sentent invincibles. Plus ils se sentent invincibles, plus ils osent.
La Super League, ce miroir brisé
Le championnat suisse veut se moderniser. Il veut attirer des investisseurs, des spectateurs, des médias. Mais quand vos supporters passent leur temps à brûler des poubelles et à lancer des pétards sur la police, vous avez un problème d’image. Un gros problème. Parce que les investisseurs, eux, ils regardent les chiffres. Et les chiffres, pour la Super League, ce ne sont pas seulement les buts marqués ou les buts encaissés. Ce sont aussi les amendes, les interdictions de stade, et les nuits blanches des forces de l’ordre.
Ce que ça signifie pour Lausanne
Pour la ville, c’est une mauvaise publicité. Lausanne, c’est une ville propre, calme, touristique. Pas une ville où les supporters se battent dans les gares. Surtout quand ces supporters viennent de Genève. Parce que quand les Genevois débarquent à Lausanne, ils ne viennent pas juste pour le match. Ils viennent pour marquer leur territoire. Et cette fois, ils ont marqué un peu trop fort.
La prochaine fois, ce sera pire ?
Difficile à dire. Mais une chose est sûre : si rien ne change, la prochaine fois, ce ne seront pas que des pétards qui voleront. Ce sera des cocktails Molotov, des barricades, des blessures plus graves. Parce que quand la tension monte, les supporters, eux, ils ne reculent jamais. Et les clubs, eux, ils regardent ailleurs.
Le vrai coût de l’impunité
40 millions de francs par an pour la Super League. Combien pour les dégâts collatéraux ? Combien pour les nuits blanches des policiers ? Combien pour l’image du championnat ? Personne ne le sait. Parce que personne ne veut en parler. Mais une chose est sûre : tant que les supporters sauront qu’ils peuvent faire n’importe quoi sans conséquences, les nuits comme celle de dimanche continueront. Et la prochaine fois, ce ne sera pas Lausanne qui brûlera. Ce sera la Super League toute entière.
La dernière question, la plus simple
Qui va payer ? Pas les supporters. Pas les clubs. Pas la police. Personne. Parce que dans ce système, tout le monde a intérêt à ce que rien ne change.