Le premier débat, celui où Legault va jouer les stratèges
François Legault a un problème : il a passé quatre ans à gouverner en mode survie, à couper dans les services publics comme un boucher dans du bœuf, et maintenant, il doit faire croire qu’il est le seul à avoir un plan. Pas un plan pour les hôpitaux qui crèvent, pas un plan pour les profs qui démissionnent, non. Un plan pour vous, chers électeurs, pour que vous oubliiez que votre CLSC a fermé et que votre enfant attend six mois pour voir un pédiatre.
Sur TVA, il va falloir jouer serré. Le plateau est hostile : Jean-Martin Aussant, qui connaît les ficelles des médias mieux que personne, et François Saillant, qui a l’avantage de ne pas être au pouvoir. Legault va essayer de faire deux choses à la fois : attaquer les libéraux sur la santé sans parler de ses propres coupes, et vendre son projet de « société forte » comme si c’était une révolution. Sauf que personne n’y croit. Même pas ses propres ministres, qui passent leur temps à expliquer en catimini que le gouvernement a vraiment pas les moyens de ses promesses.
Le chiffre qui résume tout : 1,2 milliard.
C’est le montant que le gouvernement Legault a économisé en 2022-2023 en réduisant les dépenses de santé, selon les données de la Direction de la planification, de la performance et des risques du ministère. Un milliard deux. Assez pour payer les salaires de 12 000 infirmières pendant un an. Assez pour éviter que 50 000 patients attendent six mois pour une chirurgie. Assez pour que François Legault puisse dire, les yeux dans les yeux, qu’il n’a pas les moyens de ses promesses. Sauf qu’il va pas le dire. Sur TVA, il va parler d’efficacité, de gestion rigoureuse, de « faire mieux avec moins ». Comme si c’était une question de volonté.
Noovo, le plateau où les libéraux vont essayer de ne pas déconner
François Blais a un avantage : il n’est pas au pouvoir. Donc il peut se permettre de critiquer sans avoir à justifier ses propres erreurs. Sauf que les libéraux ont un problème de fond : personne ne croit qu’ils vont régler quoi que ce soit. Ils ont gouverné pendant 16 ans, ils ont laissé les hôpitaux pourrir, ils ont privatisé les services publics à petit feu, et maintenant ils veulent jouer les sauveur. Sur Noovo, leur stratégie est simple : attaquer Legault sur la gestion de la crise des soins sans proposer de vraies solutions. Parce que les vraies solutions, ça coûterait cher. Et les libéraux, ils savent une chose : au Québec, les électeurs n’aiment pas payer.
Leur meilleur atout ? François Saillant. Lui, au moins, il a l’air sincère. Le problème, c’est que la sincérité ne paie pas les factures d’hôpital. Et que les Québécois, ils le savent.
Radio-Canada, le plateau où tout peut basculer
Le 23 septembre, sur Radio-Canada, ce ne sera plus un débat. Ce sera un référendum. Parce que les Québécois, ils vont regarder ça comme une dernière chance. Une dernière chance de voir si Legault est capable de tenir ses promesses, si les libéraux ont un plan B, si Québec solidaire a autre chose à proposer que des bonnes intentions.
Sur ce plateau-là, il ne sera plus question de sourires ni de formules toutes faites. Il sera question de chiffres. De l’argent qu’on n’a pas. Des lits qu’on a fermés. Des infirmières qu’on a laissées partir. Et des patients qui attendent, encore, encore, toujours.
Ce que personne ne dit, mais que tout le monde sait
Derrière les promesses, il y a une réalité : le Québec est en train de couler. Pas à cause d’un seul gouvernement, non. À cause de 20 ans de mauvaises décisions, de coupes claires, de privatisations déguisées. Et maintenant, les chefs politiques, ils sont tous là, sur leurs plateaux, à vous vendre du rêve.
François Legault va parler de « société forte ». François Blais va parler de « retour à l’équilibre ». Gabriel Nadeau-Dubois va parler de « justice sociale ». Mais personne ne va vous dire une chose simple : ça coûte cher, et vous allez devoir payer.
Le vrai débat, celui qu’on ne verra pas à la télé
Le vrai débat, ce n’est pas celui des chefs. C’est celui des infirmières qui démissionnent. Des profs qui font grève. Des parents qui cherchent désespérément une place en garderie. Ce débat-là, il n’aura pas lieu sur les plateaux télé. Il a lieu dans les couloirs des hôpitaux, dans les salles de classe vides, dans les maisons où les enfants attendent un médecin qui ne vient pas.
Les débats télévisés, c’est du théâtre. Trois heures de performance, de sourires, de phrases toutes faites. Mais derrière les projecteurs, la vraie crise continue. Et elle ne s’arrêtera pas parce que François Legault aura fait un bon coup sur TVA.
La dernière question, celle qu’on n’osera pas poser
La dernière question, c’est celle-ci : et si, au final, peu importe qui gagne, rien ne change ?
Parce que le problème, ce n’est pas Legault. Ce n’est pas Blais. Ce n’est même pas Nadeau-Dubois. Le problème, c’est nous. Nous, qui acceptons les coupes. Nous, qui votons pour des gens qui nous mentent. Nous, qui croyons encore que les promesses des chefs vont régler nos problèmes.
Les débats commencent mardi. Mais la vraie bataille, elle ne fait que commencer.