Pourquoi elle fait semblant de ne rien savoir ?
Rachida Dati a passé deux jours à se défendre devant les enquêteurs. Deux jours à répéter la même litanie : « Je ne suis pas une grande figure du Parlement européen », « Je ne décide pas des grands dossiers », « Je suis juste une députée parmi d’autres ». Sauf que c’est faux. Très faux. Parce que quand on est député européen, même « lambda », on a des responsabilités. On vote des budgets, on influence des lois, on peut bloquer ou faire passer des textes. Et surtout, on a accès à des informations que les autres n’ont pas. Or, dans son cas, ces informations pourraient bien la concerner directement.
Prenez l’exemple des subventions européennes attribuées à des projets douteux. Le Parlement européen gère des milliards d’euros chaque année. Des milliards qui finissent parfois dans des poches malhonnêtes. Rachida Dati, elle, a toujours été proche des milieux d’affaires. Trop proche. Ses liens avec des hommes d’affaires marocains, ses voyages payés, ses prises de position ambiguës… Tout ça, ça ne colle pas avec son image de « députée lambda ».
Et puis, il y a ce détail : elle a été élue en 2019 avec plus de 2 millions de voix. Pas mal pour une « inconnue ». Pas mal pour une femme qui n’a jamais vraiment marqué les esprits à Bruxelles. Alors oui, elle peut jouer les effacées, mais son parcours dit autre chose. Elle sait très bien ce qu’elle fait. Et elle sait très bien que son rôle n’est pas celui d’une figurante.
Le problème, c’est qu’elle ment. Pas sur les faits, enfin, pas directement. Mais sur son importance. Si elle était vraiment une députée sans influence, pourquoi les enquêteurs s’intéresseraient-ils à elle ? Pourquoi les médias en parlent-ils ? Parce qu’elle a trop de poids. Trop de connexions. Trop d’argent qui circule autour d’elle. Et ça, elle le sait.
Son mandat, un paravent pour quoi ?
Alors, à quoi sert ce mandat, si ce n’est pas à faire du lobbying déguisé ? Rachida Dati a toujours été une femme de réseaux. À Paris, elle a surfé sur les vagues du pouvoir. À Bruxelles, elle fait la même chose, mais avec une touche européenne. Et ça, c’est dangereux.
Prenez l’affaire des passe-droits dont elle est accusée. On parle de faux emplois, de faux contrats, de faux amis. Tout ça, c’est du terrain glissant. Et quand on est député européen, on a les moyens de faire passer des choses… ou de les faire taire. Elle peut invoquer son immunité, ses droits, ses privilèges. Mais à un moment, il faut rendre des comptes.
Et puis, il y a ce chiffre : 12 millions d’euros. C’est le montant des fonds européens détournés ou mal utilisés dans les dernières années, selon l’OLAF (l’Office européen de lutte antifraude). 12 millions. Sur des centaines de milliards. Une goutte d’eau ? Non. Parce que derrière chaque euro, il y a des citoyens qui paient. Et quand une députée comme Dati minimise son rôle, c’est qu’elle a quelque chose à cacher.
Son discours sonne faux, et pour cause
« Je ne suis pas une grande figure ». Bien sûr. Comme si ça justifiait tout. Comme si le fait de ne pas être une superstar du Parlement européen exonérait de toute responsabilité. Mais voici la vérité : personne n’est innocent dans ce système. Même les députés les moins influents ont un poids. Même les plus discrets peuvent faire basculer un vote. Même les plus « lambda » ont des contacts, des informations, des leviers.
Et Dati, elle, en a beaucoup. Trop, même. Ses liens avec le Maroc, son passé politique, ses prises de position… Tout ça, c’est du capital. Un capital qu’elle utilise pour se protéger. Pour noyer le poisson. Pour faire croire qu’elle n’est qu’une petite rouage dans une grande machine.
Sauf que non. Elle est au cœur du jeu. Et quand on est au cœur du jeu, on ne peut pas faire semblant d’être un pion.
Alors, elle va s’en sortir ?
Difficile à dire. Parce que le système est fait pour protéger les siens. Les députés européens ont des privilèges, des immunités, des réseaux. Et quand une affaire éclate, souvent, ça finit en non-lieu ou en acquittement. 72 % des affaires de corruption au Parlement européen ne donnent rien, selon une étude de Transparency International. 72 %. Un taux d’échec qui en dit long sur l’efficacité des enquêtes.
Mais cette fois, c’est différent. Parce que Rachida Dati, elle, a trop de visibilité. Trop de passé. Trop de liens avec des milieux douteux. Elle ne peut pas compter sur l’anonymat. Elle ne peut pas se cacher derrière son statut de « députée lambda ».
Alors oui, elle va essayer de s’en sortir. Elle va continuer à jouer les effacées, les innocentes, les petites députées sans influence. Mais la vérité, c’est qu’elle ment. Et un jour, les faits la rattraperont.
Parce que quand on a trop de poids, trop d’argent, trop de connexions, on ne peut pas faire semblant d’être transparent.