Le Cored attaque Aïssatou Diop Fall, Sonko reste intouchable

Le Collectif des organisations de la résistance démocratique (Cored) frappe fort contre la journaliste Aïssatou Diop Fall, accusée d’avoir dépassé les limites. Pendant ce temps, Ousmane Sonko, son cible favorite, s’en sort toujours. Pourquoi cette escalade ? Et surtout, qui a vraiment intérêt à ce que le débat bascule ?

Publié le 12 septembre 2026 à 12:02
Le Cored attaque Aïssatou Diop Fall, Sonko reste intouchable

Le Cored a sorti l’artillerie lourde. Quatre jours après que Aïssatou Diop Fall ait traité Ousmane Sonko de « cancer du pays » et d’« ennemi public n°1 », le collectif dirigé par Dame Mbodji lui répond en mode « on ne rigole pas avec la démocratie ». Leur communiqué ? Un pavé dans la mare. « Une journaliste ne peut pas se permettre de tenir des propos aussi graves sans conséquences », lancent-ils, comme si la liberté d’expression avait une date de péremption quand elle dérange. Pourtant, Diop Fall n’a fait que répéter ce que des millions de Sénégalais pensent tout bas. Le problème, c’est qu’elle l’a dit à voix haute, et que Sonko, lui, a les moyens de faire taire les voix qui l’incommodent. Le Cored, lui, n’a que des mots. Et des mots, Sonko en a vu défiler des milliers depuis des années. Il les ignore, ou les retourne contre ses détracteurs. Cette fois, c’est différent : le Cored mise sur la pression institutionnelle. « Nous exigeons des sanctions », martèlent-ils. Mais contre qui, vraiment ? Contre une journaliste qui ose, ou contre un système qui préfère les ombres aux lumières ? La réponse est dans le silence des autres médias. Personne ne couvre cette attaque en première page. Personne ne s’indigne. Parce que tout le monde sait que Diop Fall a déjà un pied dans le piège. Le Cored joue les justiciers, mais leur cible est déjà isolée. Et Sonko ? Lui, il sourit. Il a survécu à des procès, des menaces, des balles perdues. Une petite journaliste qui l’insulte, ça ne le fait même pas trembler. --- Le Cored et l’art de la diversion --- Le communiqué du Cored est un chef-d’œuvre de communication politique. « La liberté de la presse ne doit pas servir à diffamer », écrivent-ils, comme si Diop Fall avait inventé l’insulte. Le problème, c’est que personne ne conteste ses propos. Sonko est haï, craint, admiré, mais rarement aimé. Quand une journaliste résume en trois mots ce que des années de tensions ont produit, on ne peut pas lui reprocher d’exagérer. On peut lui reprocher d’être trop visible. Le Cored, lui, joue la carte de la morale. « Il faut des limites », répètent-ils. Oui, mais lesquelles ? Quand un homme politique est accusé de corruption, de violences, de manipulation, et que ses opposants finissent en prison ou sous les balles, où trace-t-on la ligne ? Diop Fall l’a franchie, mais elle n’a pas inventé les règles du jeu. Elle les a juste rappelées à ceux qui les oublient. --- Sonko : l’homme qui rit des tempêtes --- Ousmane Sonko a l’habitude des tempêtes. En 2021, il échappe à un attentat. En 2022, il est condamné à deux ans de prison pour « outrage à magistrat », un procès que tout le monde sait truqué. En 2023, il survit à une nouvelle tentative d’assassinat. Et aujourd’hui ? Il regarde le Cored se démener pour une journaliste, tandis que ses propres soutiens se multiplient. Le paradoxe, c’est que plus on essaie de le faire tomber, plus il grandit. Ses détracteurs deviennent ses publicitaires malgré eux. « Regardez comme ils ont peur ! », murmure-t-on dans ses rangs. Et c’est vrai. Le Cored, les médias officiels, même une partie de l’opposition : tout le monde court après lui. Comme un animal traqué qui, au lieu de fuir, se retourne et mord. --- Le vrai combat : la peur contre l’audace --- Ce qui se joue ici, ce n’est pas une querelle entre une journaliste et un collectif. C’est une guerre plus large. D’un côté, ceux qui veulent que le Sénégal reste un pays où l’on chuchote ses vérités. De l’autre, ceux qui préfèrent les crier, même si ça leur coûte cher. Diop Fall a choisi son camp. Le Cored, le sien. Sonko, lui, il a déjà gagné. Parce que la vraie bataille, ce n’est pas contre les mots. C’est contre ceux qui osent les dire. Et pour l’instant, personne ne semble prêt à payer le prix. --- Ce que personne ne dit --- Il y a un chiffre qui résume tout : 12. C’est le nombre de journalistes assassinés en Afrique de l’Ouest depuis 2010, selon Reporters sans frontières. Douze. Douze de trop. Douze qui ont cru, comme Diop Fall, que leurs mots pouvaient changer les choses. Le Cored parle de « limites ». Mais la vraie limite, c’est celle que la peur impose. Et aujourd’hui, au Sénégal, elle est tracée à la craie. Juste là où commence l’audace.

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R Galaxie Rédaction

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