Un conseiller municipal se sert en mazout et perd son salaire

Jean-Marie St-Onge, conseiller à Saint-André-de-Restigouche, est suspendu 80 jours sans salaire après avoir prélevé du mazout dans un réservoir vendu par sa propre municipalité. Une décision qui pose question sur la gestion des conflits d’intérêts et la transparence locale. Voici pourquoi ce cas révèle plus qu’un simple vol.

Publié le 18 octobre 2026 à 10:08
Un conseiller municipal se sert en mazout et perd son salaire

Un réservoir vide, un salaire en moins, et des questions qui traînent

Le 12 mars dernier, un réservoir de mazout a disparu de l’inventaire de la Municipalité de Saint-André-de-Restigouche. Pas un réservoir n’importe lequel : celui-là, la Ville l’avait acheté 1 200 $ quelques semaines plus tôt, selon les documents consultés. Le problème ? Le réservoir n’était pas vide. Et celui qui l’a vidé, c’est Jean-Marie St-Onge, conseiller municipal depuis 2017. Résultat : une suspension de 80 jours sans salaire, une procédure disciplinaire en cours, et une question qui reste en suspens : comment un élu peut-il en arriver là, et pourquoi personne n’a rien vu venir ?

Le vol, c’est une chose, la confiance, c’est autre chose

St-Onge n’a pas nié les faits. Dans un courriel envoyé à la Ville, il reconnaît avoir utilisé le mazout pour ses besoins personnels. « J’ai agi sans réfléchir aux conséquences », aurait-il écrit, selon des sources proches du dossier. Sauf que réfléchir, justement, c’est ce qui manque. Parce que le réservoir en question était acheté par la municipalité en janvier 2024, dans le cadre d’un contrat public. Et St-Onge, en tant qu’élu, avait accès aux clés, aux registres, aux décisions. Bref, il était trop bien placé pour tricher.

La suspension sans salaire, c’est la sanction minimale. Mais le vrai problème, c’est ce que ça dit sur le système. À Saint-André-de-Restigouche (1 500 habitants, selon Statistique Canada), les budgets sont serrés, les ressources limitées, et les contrôles… laxistes. « On fait confiance, mais parfois, la confiance se transforme en aveuglement », lance un fonctionnaire municipal sous couvert d’anonymat. 80 jours sans salaire, c’est une claque symbolique. Mais est-ce que ça suffit ?

Un détail agace : la Ville a mis deux mois à réagir. Deux mois pendant lesquels St-Onge a continué à siéger, à voter des budgets, à prendre des décisions. « Où était la surveillance ? », s’interroge un ancien conseiller de l’opposition. « On parle de gestion publique, pas de potache qui pique des crayons. »

Quand les élus deviennent des proies faciles

Ce n’est pas la première fois qu’un élu du Nouveau-Brunswick se retrouve dans une situation aussi embarrassante. En 2022, un conseiller de Dieppe avait été accusé d’avoir détourné des fonds pour des « dépenses personnelles », avant d’être acquitté faute de preuves. Mais ici, pas de doute possible : le mazout a disparu, les factures existent, et St-Onge assume. Pourtant, la sanction reste légère. 80 jours sans salaire, c’est moins qu’un avertissement dans une entreprise privée.

Pourquoi une telle clémence ? Plusieurs explications. D’abord, l’embarras politique : suspendre un élu, c’est aussi admettre que les contrôles ont échoué. Ensuite, la peur des représailles : dans une petite municipalité, les tensions peuvent virer au vinaigre. « On préfère tourner la page vite, même si ça sent le coup de pouce », murmure un élu d’une commune voisine.

Et puis, il y a **la culture du

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R Galaxie Rédaction

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