Claudio Zali, encore lui: le Tessin en a marre des affaires qui traînent

Le Ministère public tessinois relance une procédure pénale contre Claudio Zali, ex-conseiller d’État de la Lega, pour des accusations d’atteinte à l’intégrité sexuelle. Une affaire qui s’étire depuis des années, et qui soulève des questions sur la lenteur de la justice et l’impunité des puissants. Le canton, lui, semble las de ces scandales à répétition.

Publié le 2 septembre 2026 à 06:00
Claudio Zali, encore lui: le Tessin en a marre des affaires qui traînent

Un dossier qui pue le déjà-vu

Claudio Zali. Encore. Le nom revient comme une mauvaise rengaine. Cette fois, c’est le Ministère public tessinois qui rouvre le dossier, avec une nouvelle procédure pénale pour atteinte à l’intégrité sexuelle. Les faits remonteraient à plusieurs années. Plusieurs. Années. Vous avez bien lu.

Le problème, ce n’est pas seulement l’accusation, grave, soit. Le problème, c’est que ça traîne. Depuis combien de temps ? Personne ne semble vraiment le savoir, ou vouloir le dire. Mais une chose est sûre : le Tessin en a ras-le-bol. Ras-le-bol des affaires qui s’enlisent, des politiques qui démissionnent sans vraiment disparaître, et d’une justice qui semble jouer au yo-yo avec les dossiers sensibles.

Zali, lui, a quitté le Conseil d’État en 2023. Officiellement, pour des raisons personnelles. Officieusement, parce que les nuages s’accumulaient. Et maintenant, on nous ressort le dossier comme si de rien n’était. Comme si le temps avait effacé les questions. Comme si les victimes, parce qu’il y en a, forcément, n’avaient pas déjà assez attendu.

La justice tessinoise, championne du surplace

Le Tessin a une drôle de relation avec ses élites. On les encense, on les craint, on les tolère… jusqu’à ce qu’elles trébuchent. Et là, c’est la valse des excuses. « Procédure complexe », « respect des droits de la défense », « enquête approfondie ». Des mots. Toujours les mêmes. Pendant ce temps, les dossiers s’empilent, les victimes s’impatientent, et les citoyens se demandent si la justice tessinoise n’est pas en train de devenir une machine à étouffer les affaires.

Prenez le cas de Marco Borradori, ancien syndic de Lugano. Accusé de corruption, il a fallu des années pour que le procès aboutisse. Des années. Et encore, avec des peines légères, des recours, des reports. Le message est clair : ici, les puissants ont le temps. Ils ont les avocats. Ils ont les réseaux. Et surtout, ils ont une justice qui semble plus préoccupée par les apparences que par les faits.

Avec Zali, c’est la même chanson. Une enquête ouverte, puis classée, puis rouverte. Comme si on jouait à cache-cache avec la vérité. Et pendant ce temps, les Tessinois regardent, sceptiques. Ils ne sont pas dupes. Ils savent que dans ce canton, les affaires sensibles ont tendance à s’évaporer. Ou à traîner si longtemps que plus personne ne s’en souvient.

Pourquoi ça coince, vraiment

Officiellement, c’est une question de procédure. De respect des droits. De complexité juridique. Officieusement, c’est une question de pouvoir. Le Tessin, c’est un petit monde. Tout le monde se connaît. Tout le monde se protège. Et quand un conseiller d’État de la Lega, parti qui a longtemps dominé la scène politique locale, se retrouve dans le collimateur, les pressions sont réelles.

La Lega, justement. Ce parti qui se présente comme le défenseur des valeurs traditionnelles, de l’ordre, de la moralité. Et qui se retrouve, encore une fois, éclaboussé par une affaire sordide. Coïncidence ? Peut-être. Mais quand ça arrive une fois, on peut parler de malchance. Quand ça arrive deux fois, trois fois, on commence à se demander si le problème n’est pas systémique.

Et puis, il y a l’argent. Les avocats coûtent cher. Les procédures aussi. Les victimes, elles, n’ont pas toujours les moyens de tenir la distance. Alors elles lâchent. Ou elles acceptent des arrangements qui ne les satisfont pas. Parce que la justice, au fond, c’est aussi une question de moyens. Et dans ce domaine, Zali et ses semblables ont un avantage certain.

Le Tessin, otage de ses élites

Le plus triste, dans cette histoire, c’est que le Tessin n’est pas un cas isolé. Partout en Suisse, les affaires de ce genre se multiplient. Mais ici, le phénomène prend une dimension particulière. Parce que c’est un petit canton. Parce que tout le monde se connaît. Parce que les réseaux sont serrés, et que les protections sont solides.

Résultat : les citoyens ont l’impression d’être pris en otage. Otage d’une classe politique qui se protège. Otage d’une justice qui traîne. Otage d’un système où les puissants semblent toujours s’en sortir, d’une manière ou d’une autre.

Et puis, il y a cette question qui fâche : et si, au fond, personne ne voulait vraiment que ça change ? Si les Tessinois préféraient fermer les yeux, tant que les trains arrivent à l’heure et que les touristes continuent de venir ? Si l’omerta était, au final, le prix à payer pour la tranquillité ?

Ce qui va se passer maintenant

Rien. Ou presque. La procédure va suivre son cours. Les avocats de Zali vont multiplier les recours. Les médias vont en parler pendant quelques jours, puis passer à autre chose. Et dans six mois, un an, deux ans, on rouvrira peut-être le dossier. Ou pas.

Parce que c’est ça, la justice tessinoise. Une machine lente, lourde, et surtout, très prudente. Trop prudente. Une machine qui semble plus préoccupée par les équilibres politiques que par la vérité. Une machine qui, au final, donne l’impression de protéger les puissants plutôt que les victimes.

Alors oui, Claudio Zali va peut-être finir par être jugé. Ou peut-être pas. Mais une chose est sûre : cette affaire, comme les autres, laisse un goût amer. Celui d’un système qui a perdu de vue sa mission première : rendre justice. Pas dans dix ans. Pas quand tout le monde aura oublié. Maintenant.

La question que personne ne pose

Pourquoi, au fond, le Tessin tolère-t-il ça ? Pourquoi accepte-t-il que ses élites jouent avec les règles, avec les procédures, avec la patience des citoyens ? Est-ce de la résignation ? De la peur ? Ou simplement l’habitude d’un système où les puissants finissent toujours par s’en sortir ?

Une chose est sûre : si rien ne change, le prochain scandale est déjà en route. Et le prochain Claudio Zali aussi.

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R Galaxie Rédaction

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