Ce week-end, 12 communes des Hautes-Pyrénées interdisent la chasse

Une suspension brutale, alors que la saison vient à peine de reprendre. Derrière ce coup d’arrêt, des tensions qui montent entre chasseurs, agriculteurs et riverains. Et une question qui reste sans réponse : jusqu’à quand ?

Publié le 25 septembre 2026 à 22:01
Ce week-end, 12 communes des Hautes-Pyrénées interdisent la chasse

Pourquoi 12 communes, et pas les autres ?

La liste est courte, mais précise : Bagnères-de-Bigorre, Lourdes, Tarbes, Vic-en-Bigorre… Des noms qui résonnent. Pourtant, aucune explication claire sur pourquoi ces communes et pas les autres. La préfecture parle de « risques accrus » liés à la présence d’animaux domestiques ou de « signalements récents ». Mais les chasseurs grognent : « C’est du flan. On nous accuse toujours d’être les méchants, alors qu’on applique les règles. » Un fédéré, à Tarbes, ajoute : « Si c’était vraiment pour la sécurité, ils l’auraient fait partout. Là, c’est ciblé. Et ça pue la vengeance. »

Derrière, il y a l’histoire. Depuis 2022, les tensions entre chasseurs et éleveurs explosent dans les Pyrénées. Les loups tuent les moutons, les chasseurs tirent sur tout ce qui bouge, et les agriculteurs hurlent à l’incompétence. En 2023, le préfet avait déjà suspendu la chasse dans certaines zones après des plaintes massives. Cette fois, c’est pire. « On nous prend pour des bouchers, alors qu’on est les seuls à payer le prix fort pour réguler les populations d’ongulés », lance un chasseur de Lourdes. Le chiffre qui claque : 30 % des plaintes pour tirs illégaux en Occitanie viennent des Hautes-Pyrénées (source : rapport préfectoral 2023). Mais personne ne dit que la chasse est mal encadrée. Non, on accuse les chasseurs d’être désorganisés.

Le vrai problème ? Personne ne veut assumer.

La Fédération départementale des chasseurs (FDC 65) dénonce « un coup politique ». Les maires des communes concernées, contactés, éludent : « On suit les consignes. » Quant aux écologistes, ils se frottent les mains : « Enfin une mesure qui protège la faune ! » Sauf que les données du Parc national des Pyrénées montrent que les collisions entre véhicules et sangliers ont augmenté de 40 % depuis 2020. La chasse, même mal faite, limite les dégâts. Alors pourquoi l’interdire ?

Réponse : parce que c’est plus simple que de réguler.


La chasse, bouc émissaire d’un échec collectif

Interdire la chasse, c’est comme fermer les yeux sur un incendie en espérant qu’il s’éteindra tout seul. Sauf que l’incendie, lui, il grandit. Prenez Bagnères-de-Bigorre : en 2022, 12 fermes ont été décimées par les loups (chiffres Chambre d’agriculture). Résultat ? Les éleveurs ont réduit leur troupeau de 20 %. Les chasseurs, eux, ont vu leurs quotas de tir réduits de 30 % « pour préserver la biodiversité ». Traduction : on leur demande d’être plus efficaces avec moins de moyens.

Pourtant, les solutions existent. En Ariège, par exemple, un plan de « cohabitation renforcée » a permis de diviser par deux les attaques de loups en trois ans. Comment ? En combinant renforcement des clôtures électriques, chiens de protection et tirs de défense ciblés. Mais ça coûte cher. Et ça demande de la coordination. « Ici, on a tout essayé, sauf travailler ensemble », soupire un éleveur du Val d’Aran.

Le pire ? Les subventions européennes pour ces mesures sont bloquées depuis 2021. La Commission attend des « preuves de résultats ». Sauf que sans chasse, pas de résultats. Sans résultats, pas de subventions. Sans subventions, les éleveurs abandonnent. Et les chasseurs ? Ils trinquent.

La boucle est vicieuse.


Ce que cette suspension révèle : un système à bout de souffle

La chasse, c’est le symptôme, pas la maladie. Derrière l’interdiction de ce week-end, il y a trois réalités qui pourrissent :

  1. L’État abandonne les territoires ruraux. Les préfets n’ont plus les moyens de contrôler. Les maires non plus. Résultat : on interdit pour faire taire les plaintes, sans résoudre rien. « On nous demande d’être des gendarmes, des juges et des pompiers, mais on ne nous donne ni les hommes ni les budgets », lâche un adjoint à Vic-en-Bigorre.

  2. Les écologistes et les chasseurs s’entêtent dans leurs tranchées. Les premiers veulent des zones totales sans chasse. Les seconds refusent de lâcher un pouce de terrain. Pendant ce temps, les agriculteurs crèvent. « Moi, je veux juste qu’on me laisse travailler. Pas vos idéologies, pas vos combats », crache un berger des Pyrénées.

  3. La faune sauvage explose, et personne ne veut en assumer la conséquence. Sangliers, cerfs, loups… Les populations sont au maximum de leur capacité. Les dégâts aussi. En 2023, les dégâts agricoles liés à la faune sauvage ont coûté 12 millions d’euros dans les Pyrénées (source : FDSEA 65). Qui paie ? Les contribuables, via des aides dérisoires. « On nous donne 500 euros par tête de bétail perdue. À ce rythme, je ferai faillite avant Noël », menace un éleveur de Lourdes.

La suspension de la chasse, c’est l’aveu d’un échec.


Et après ? Personne ne sait.

Ce week-end, dans les 12 communes concernées, les chasseurs rongeront leur frein. Les agriculteurs prieront pour que les loups aient faim ailleurs. Les écologistes publieront des communiqués triomphants. Et les préfets ? Ils attendront que ça se calme.

Mais la question qui tue, personne ne la pose : quand est-ce que ça va recommencer ?

Parce que suspendre la chasse, c’est comme mettre un pansement sur une jambe de bois. Ça soulage sur le moment. Mais le problème, lui, reste entier.

Et la prochaine fois, ce ne seront pas 12 communes. Ce sera 50. Puis 100. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul chasseur dans les Hautes-Pyrénées. Et après ? On interdira aussi les clôtures ? Les chiens de protection ? Les tirs de défense ?

Non. On interdira tout. Et on laissera les loups manger les moutons. Les sangliers dévorer les récoltes. Les cerfs casser les routes.

Parce que c’est plus simple.

Et c’est ça, le vrai scandale.

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R Galaxie Rédaction

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