Le PLQ joue la carte de la peur, et ça marche à moitié
Le Parti libéral du Québec (PLQ) a sorti l’artillerie lourde. Pas avec des promesses floues, mais avec un message simple : « Le PQ veut briser le Québec, et les autres partis ne font rien. » Marc Tanguay, vétéran de la politique québécoise, a été lâché comme un chien de garde. « Les Verts ? Ils sont trop occupés à compter leurs votes écologistes. Les Coïns ? Ils jouent aux apprentis sorciers avec leur alliance. Et le PQ ? Ils veulent un référendum pour quoi, au juste ? Pour nous diviser encore ? » Pas de nuances. Juste des coups bas calculés.
Pourtant, le problème, c’est que personne ne croit vraiment à cette stratégie. Les Québécois sont las des polémiques stériles. Et le PLQ le sait. D’où ce ton sec, presque méprisant, comme si Milliard et sa troupe parlaient à des enfants attardés. « Vous voulez un référendum ? Très bien, mais sachez que ça va coûter cher, et que vous allez perdre. » Sauf que personne n’a demandé leur avis. Le PQ avance, et les libéraux courent après, comme des pompiers qui éteignent un incendie déjà déclaré.
Le chiffre qui résume tout : selon un sondage Léger pour La Presse publié en juin, 52 % des Québécois se disent favorables à un référendum sur la souveraineté, même sans échéance précise. Le PLQ, lui, stagne autour de 22 % dans les intentions de vote. La machine est grippée. Et à Laval, lundi, Milliard l’a bien senti. D’où cette frénésie, ces attaques en rafale, comme si le simple fait de crier plus fort pouvait changer les choses.
Marc Tanguay, le boucher du PLQ
Tanguay, c’est l’homme qui n’a pas peur de dire « Je déteste » en pleine assemblée. « Je déteste les gens qui nous prennent pour des idiots. » Il a visé François Legault sans le nommer, les Coïns par leur petit nom, et même, en passant, les médias qui « ne parlent que de référendum ». Son style ? Brutal. Efficace. Et surtout, pas du tout libéral.
Le problème, c’est que Tanguay est un produit d’un autre temps. À une époque où les débats se réglaient à coups de poing dans les journaux, pas sur Twitter. Aujourd’hui, ses sorties font jaser, mais elles ne convainquent pas. Les Québécois veulent des solutions, pas des insultes. Pourtant, le PLQ mise tout sur ce registre. Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’ils savent faire. Attaquer. Pas construire.
L’anecdote qui en dit long : pendant son discours, un militant a levé la main pour demander « Et vous, qu’est-ce que vous proposez, au juste ? » Tanguay a souri, presque amusé. « On propose de ne pas se faire avoir. » Silence dans la salle. Personne n’a ri. Personne n’a applaudi. Juste des regards gênés. Parce que c’est vrai, mais c’est pas faux.
Le vrai danger : le PLQ devient le parti du « non » par défaut
Le PLQ est en train de se transformer en parti de la résistance passive. « On est contre le référendum, on est contre Legault, on est contre les Coïns… » Mais contre quoi, au fond ? Contre quoi ils se battent, à part leur propre survie politique ?
Le pire, c’est que ça pourrait marcher. Pas assez pour gagner, mais assez pour empêcher le PQ de l’emporter. Et ça, c’est exactement ce que veut François Legault : un Québec divisé, où personne ne peut le battre. Le PLQ, en jouant les trouble-fêtes, devient complice sans le savoir.
Le scénario catastrophe : si le PQ organise son référendum et que le « non » l’emporte, qui aura vraiment gagné ? Pas les libéraux, en tout cas. Ils auront juste perdu leur crédibilité une fois de plus. Et Legault aura encore cinq ans pour faire ce qu’il veut.
Pourquoi Laval, et pas Montréal ?
Choisir Laval pour un meeting, c’est un message. « On n’est pas que des bobos de Westmount. On est partout. » Sauf que Laval, aujourd’hui, c’est une ville où le PQ fait 30 % dans les sondages locaux (source : Journal Métro, 2023). Pas un bastion libéral. Alors pourquoi y aller ?
Deux raisons. La première, c’est la peau de chagrin du PLQ : ils doivent montrer qu’ils existent encore, même dans des villes qu’ils ne contrôlent plus. La deuxième, c’est plus cynique : Laval, c’est une ville où les gens votent par réaction. Si le PQ y fait peur, les libéraux peuvent grignoter quelques points. Pas assez pour gagner, mais assez pour empêcher une avalanche.
Le problème, c’est que cette stratégie, c’est celle d’un parti en désespoir. Pas celle d’un parti qui croit en quelque chose.
La dernière carte du PLQ : faire peur au PQ
Leur argument massue ? « Le référendum, ça va coûter 500 millions. À qui la note ? À vous. » Sauf que personne ne leur demande leur avis sur le budget. Et surtout, personne ne croit qu’ils vont gagner.
Leur vraie peur, c’est que le PQ gagne. Pas parce qu’ils sont souverainistes, mais parce que Legault est trop fort. Trop charismatique. Trop à l’aise dans le rôle du « sauveur ». Alors le PLQ joue sa dernière carte : faire croire qu’ils sont les seuls à pouvoir arrêter le PQ.
Sauf que les Québécois ne sont pas dupes. Ils savent que le PLQ n’a ni plan, ni argent, ni idées. Juste des griffes. Et à force de griffer, on finit par se blesser soi-même.
La dernière phrase de Milliard, ce soir-là : « On va les battre. Pas parce qu’on est les meilleurs, mais parce qu’on est les seuls à le vouloir. » Applaudissements polis. Quelques sourires forcés. Et dans le fond, un militant qui murmure à son voisin : « Ouais, enfin… les seuls à le vouloir, ou les seuls à avoir encore des dents ? »
Ce qui se joue vraiment : la mort lente du PLQ
Le PLQ n’est plus un parti. C’est un refuge. Pour ceux qui ne veulent pas voter pour Legault, mais qui n’ont pas confiance dans les Coïns. Pour ceux qui croient encore que le libéralisme peut sauver le Québec, alors qu’il l’a déjà perdu.
Leur rassemblement de Laval, c’était ça : un dernier hoquet avant l’agonie. Pas une renaissance. Juste un dernier cri dans le vide.
Et le pire ? Personne ne les entend plus.
La dernière idée qui reste : le PLQ pourrait disparaître. Et personne ne s’en plaindrait vraiment. Parce qu’au fond, ce qu’ils défendent, c’est une illusion. Une vieille photo jaunie du Québec d’avant. Et les Québécois, eux, veulent du neuf. Même si c’est laid.