Ceuta était prévisible, et Pedro Sánchez ment

Les services espagnols avaient tout vu venir. Pourtant, le gouvernement espagnol joue les surprises. Pourquoi ? Parce que la crise migratoire n’est pas un accident, mais une stratégie. Et personne ne veut l’admettre.

Publié le 10 septembre 2026 à 16:01
Ceuta était prévisible, et Pedro Sánchez ment

Pourquoi les services espagnols savaient tout, mais ont laissé faire

Le 17 juillet, le Centro Nacional de Inteligencia (CNI), le renseignement espagnol, a envoyé un rapport aux ministères concernés. « Risque d’afflux exceptionnel à Ceuta et Melilla entre le 25 et le 31 juillet », résumait un passage vu par El Confidencial. Les Marocains avaient confirmé : leurs gardes-frontières signalaient des regroupements près de la frontière. Les ONG, elles, parlaient de « planification organisée ». Même l’Union européenne, discrètement, avait été informée. Pourtant, rien. Pas de renforts, pas d’évacuations préparées, pas de plan B. Juste… l’attente. Comme si tout le monde savait que ça allait arriver, mais que personne ne voulait être celui qui sonnerait l’alarme à temps.

Pourquoi ? Parce que cette crise, elle sert à quelque chose. À Sánchez, elle permet de jouer les victimes face à l’extrême droite espagnole, qui hurle depuis des mois sur l’immigration. Aux Marocains, elle rappelle qui tient les ficelles : sans leur coopération, les migrants ne passeraient pas. Et à l’Europe ? Elle montre que, sans une vraie politique migratoire, les États sont impuissants. Sauf que cette fois, le calcul a mal tourné. Parce que 30 000 personnes, ça ne se gère pas avec des communiqués de presse.

Et puis, il y a ce détail : avant l’afflux, des centaines de migrants avaient déjà été interceptés en mer. Les garde-côtes espagnols en ont sauvé 1 200 rien qu’en juin. Mais personne n’a tiré la sonnette d’alarme. Pourquoi ? Parce que, quand on sait que ça va arriver, et qu’on ne fait rien, c’est qu’on a autre chose en tête.

Le Maroc, complice malgré lui ?

Rabat a toujours nié toute implication. « Nous ne sommes pas responsables de cette crise », a martelé le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dans un communiqué. Sauf que les images des caméras de surveillance marocaines, diffusées par Le Monde, montrent autre chose : des bus, des cars, des groupes organisés, poussés vers la frontière. Pas par hasard. Par décision.

Le Maroc a un intérêt à jouer ce rôle. D’abord, il négocie avec l’Europe : « Aidez-nous sur les visas, et on contrôle l’immigration ». Ensuite, il a besoin de ces migrants comme monnaie d’échange. Sans eux, pas de pression sur Bruxelles. Sans pression, pas de concessions. C’est un jeu vieux comme le monde : faire croire que la situation vous échappe, alors qu’on la maîtrise.

Mais cette fois, le jeu a dérapé. Parce que 30 000 personnes, ça ne se disperse pas en une nuit. Ça crée un chaos. Et quand le chaos s’installe, les promesses deviennent des mensonges. Les Marocains ont laissé faire. Les Espagnols ont fermé les yeux. Et l’Europe ? Elle regarde, impuissante.

L’Europe, spectatrice malgré les avertissements

Depuis des années, les rapports de Frontex, l’agence européenne de garde-côtes, tirent la sonnette d’alarme. « Les routes migratoires vers l’Espagne sont de plus en plus organisées », écrivait le rapport de 2022. « Les passeurs marocains travaillent main dans la main avec des réseaux africains ». Même chose en 2023 : « Risque accru d’afflux massifs en période de crise politique ».

Sauf que Bruxelles n’a jamais agi. Pourquoi ? Parce que l’Europe a peur. Peur des pays d’accueil, peur des réactions des populations, peur de se faire blacklister par les régimes autoritaires. Alors on attend. On observe. Et quand la crise éclate, on sort les grands discours sur « la solidarité européenne ».

Le problème, c’est que personne ne croit plus à ces discours. Pas les migrants, qui savent qu’on les utilise comme pions. Pas les pays d’accueil, qui en ont marre de payer les pots cassés. Et surtout, pas les Marocains, qui jouent leur partition sans états d’âme.

Ce que cette crise révèle : l’échec d’une Europe sans plan B

Ceuta, c’est le symptôme. Pas la cause. La vraie question, c’est : pourquoi l’Europe n’a toujours pas de politique migratoire cohérente ?

  • La France ferme les yeux sur les passeurs en Méditerranée, mais crie à l’invasion quand les migrants arrivent en Espagne.
  • L’Allemagne ouvre les bras aux Ukrainiens, mais serre les portes aux Africains.
  • L’Italie se fait blackmailer par les trafiquants, et l’Europe ne bouge pas.

Et pendant ce temps, les migrants ? Ils meurent en mer, ou ils attendent leur tour dans des camps insalubres. Parce que personne ne veut assumer les conséquences de ses choix.

Le pire ? Cette crise va se reproduire. Parce que tant que l’Europe n’aura pas de vraie stratégie, les Marocains continueront à jouer les arbitres. Et les migrants ? Ils seront toujours les dindons de la farce.

Pedro Sánchez, le roi du « trop peu, trop tard »

Quand les images des migrants empilés à Ceuta ont fait le tour du monde, Sánchez a sorti l’artillerie lourde. « C’est une crise humanitaire », « L’Espagne a besoin d’aide », « L’Europe doit agir ». Sauf que tout le monde sait une chose : ces discours, on les a déjà entendus. En 2018, avec l’arrivée des migrants vénézuéliens. En 2020, avec les Caraïbes. En 2022, avec les Tunisiens.

Chaque fois, même scénario : l’Espagne crie au secours, l’Europe promet des fonds, et puis… rien. Parce que les vrais problèmes, ceux qui demanderaient des décisions politiques courageuses, ne sont jamais abordés.

Alors oui, cette crise était prévisible. Mais ce qui ne l’était pas, c’est que personne ne voulait en assumer la responsabilité. Pas Sánchez, pas les Marocains, pas l’Europe. Juste des communiqués, des promesses, et des migrants qui attendent.

La prochaine fois, ce sera pire.

Parce que la prochaine fois, ce ne seront pas 30 000 personnes. Ce sera 50 000. Puis 100 000. Jusqu’à ce que l’Europe se réveille. Mais pour ça, il faudra que les images des camps de fortune fassent honte à tout le monde. Pas seulement à Sánchez.

Et en attendant, les migrants ? Ils continueront d’attendre. Comme toujours.

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R Galaxie Rédaction

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