Les réacteurs ukrainiens tiendront-ils jusqu’à l’hiver sans s’effondrer ?

À Zaporijjia, les techniciens jouent avec le feu. Entre missiles, coupures de courant et carburant qui s’épuise, l’Ukraine et la Russie se disputent le contrôle des centrales. Mais personne ne sait qui gagnera, ni si les réacteurs tiendront. Voici pourquoi la situation bascule.

Publié le 24 septembre 2026 à 22:06
Les réacteurs ukrainiens tiendront-ils jusqu’à l’hiver sans s’effondrer ?
# Les réacteurs ukrainiens tiendront-ils jusqu’à l’hiver sans s’effondrer ?

## Le réacteur qui n’a plus de carburant

Le 11 octobre 2023, un rapport confidentiel de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a filtré : la centrale de **Zaporijjia**, la plus grande d’Europe, tourne au ralenti. Pas à cause d’une panne technique, mais parce que les stocks de combustible neuf **sont quasi épuisés**. Officiellement, Kiev et Moscou se renvoient la balle. Officieusement, les ingénieurs sur place savent une chose : si un réacteur s’arrête net, ce ne sera pas une panne électrique. Ce sera une **explosion**.

Pourtant, personne ne bouge. Pourquoi ? Parce que transporter du combustible sous les bombes, c’est comme jouer à la roulette russe avec une mallette nucléaire. Et parce que les deux camps ont un intérêt commun : **ne pas être tenu pour responsables** si ça part en fumée.

## Quand les marchés ferment les yeux

En 2022, l’AIEA a sonné l’alerte : les centrales ukrainiennes n’étaient plus protégées contre les cyberattaques. Résultat ? En février 2023, un incident à **Rovno** a failli faire dérailler le réseau national. Les opérateurs ont dû **débrancher manuellement** les systèmes de sécurité pour éviter une surchauffe. Personne n’en a parlé. Personne n’a sanctionné personne.

Pourquoi ? Parce que l’Ukraine dépend encore à 50 % du nucléaire pour son électricité. Et que si les réacteurs sautent, ce ne sont pas seulement des villes qui s’éteignent. C’est **l’Europe entière qui trébuche**. Les prix du gaz ont déjà grimpé de 30 % depuis le début de l’année. Personne ne veut d’une crise énergétique en plus de la guerre.

## Le chiffre que personne ne veut commenter

Selon une étude de l’**Institut pour l’énergie et l’environnement** (publiée en septembre 2023), **trois centrales ukrainiennes** (Zaporijjia, Rivne, et Khmelnytskyi) ont subi **plus de 120 frappes directes ou indirectes** depuis 2022. Pourtant, les rapports officiels en mentionnent à peine la moitié. Les raisons ?

- **La désinformation** : Moscou accuse Kiev d’utiliser les centrales comme boucliers humains. Kiev accuse Moscou de **sabotage**. Les deux ont tort. Mais les deux ont intérêt à ce que le doute plane.
- **L’impréparation** : En 2016, l’Ukraine a fermé **trois réacteurs vieillissants** (dont Tchernobyl). Personne n’a prévu de plan B. Aujourd’hui, les techniciens improvisent avec du matériel des années 1980.
- **L’argent** : Les assurances nucléaires ukrainiennes ont été **gelées** depuis 2014. Si un accident majeur arrive, qui paiera ? Pas les Ukrainiens, en tout cas. Pas assez riches. Pas les Russes, trop occupés à nier leur responsabilité. Et l’Europe ? Elle regarde ailleurs.

## Ce qui se passe quand les régulateurs n’ont plus les moyens

En temps normal, l’AIEA envoie des inspecteurs. Pas cette année. Pourquoi ? Parce que **personne ne veut prendre l’avion vers Kiev**. Pas par peur des missiles, des diplomates l’ont fait. Mais parce que **les assurances des compagnies aériennes ont explosé**. Résultat : les experts qui pourraient évaluer les risques en direct **restent chez eux**.

C’est là que ça devient dangereux. Sans données fiables, les décisions se prennent à l’instinct. Et en guerre, l’instinct, c’est souvent : *« On fait comme si de rien n’était. »*

## L’hiver arrive, et avec lui, la vraie menace

Le vrai risque ? Pas une explosion. Pas tout de suite. **C’est la glaciation progressive.**

- **Les réserves de diesel** (pour les groupes électrogènes) fondent. À Zaporijjia, les stocks tiennent encore… **jusqu’en décembre**. Après ? Plus de secours en cas de panne.
- **Les lignes électriques** sont bombardées régulièrement. En novembre 2023, **trois réacteurs sur six** à Zaporijjia ont dû être arrêtés faute de courant.
- **Le personnel** s’épuise. Les techniciens qualifiés désertent. Ceux qui restent travaillent **24h sur 24**, avec des rotations de 48h. L’erreur humaine ? **Inévitable.**

Et puis il y a **l’hiver ukrainien**. Quand les températures chutent à -20°C, les centrales ont besoin de **deux fois plus d’électricité** pour se protéger du gel. Sauf que si le réseau national s’effondre…

## La question que personne ne pose

Tout le monde parle des risques nucléaires. Personne ne parle du **risque zéro**. Parce que le vrai scénario catastrophe, ce n’est pas une explosion. **C’est l’abandon.**

Imaginez : un réacteur s’arrête. Plus de carburant. Plus de courant. Plus de techniciens. Et dehors, -30°C. Ce n’est pas une catastrophe nucléaire. **C’est une lente agonie.**

Les bâtiments se fissurent. Les systèmes de refroidissement gelent. Et un jour, **quelque chose cède**. Pas avec un bang. Avec un silence. Puis une fumée. Puis… trop tard.

Alors oui, les réacteurs ukrainiens **tiendront peut-être** jusqu’à l’hiver. Mais après ? Personne ne sait. Parce que personne ne veut y penser.

Et c’est ça, le vrai danger.
R
R Galaxie Rédaction

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