# Les réacteurs ukrainiens tiendront-ils jusqu’à l’hiver sans s’effondrer ?
## Le réacteur qui n’a plus de carburant
Le 11 octobre 2023, un rapport confidentiel de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a filtré : la centrale de **Zaporijjia**, la plus grande d’Europe, tourne au ralenti. Pas à cause d’une panne technique, mais parce que les stocks de combustible neuf **sont quasi épuisés**. Officiellement, Kiev et Moscou se renvoient la balle. Officieusement, les ingénieurs sur place savent une chose : si un réacteur s’arrête net, ce ne sera pas une panne électrique. Ce sera une **explosion**.
Pourtant, personne ne bouge. Pourquoi ? Parce que transporter du combustible sous les bombes, c’est comme jouer à la roulette russe avec une mallette nucléaire. Et parce que les deux camps ont un intérêt commun : **ne pas être tenu pour responsables** si ça part en fumée.
## Quand les marchés ferment les yeux
En 2022, l’AIEA a sonné l’alerte : les centrales ukrainiennes n’étaient plus protégées contre les cyberattaques. Résultat ? En février 2023, un incident à **Rovno** a failli faire dérailler le réseau national. Les opérateurs ont dû **débrancher manuellement** les systèmes de sécurité pour éviter une surchauffe. Personne n’en a parlé. Personne n’a sanctionné personne.
Pourquoi ? Parce que l’Ukraine dépend encore à 50 % du nucléaire pour son électricité. Et que si les réacteurs sautent, ce ne sont pas seulement des villes qui s’éteignent. C’est **l’Europe entière qui trébuche**. Les prix du gaz ont déjà grimpé de 30 % depuis le début de l’année. Personne ne veut d’une crise énergétique en plus de la guerre.
## Le chiffre que personne ne veut commenter
Selon une étude de l’**Institut pour l’énergie et l’environnement** (publiée en septembre 2023), **trois centrales ukrainiennes** (Zaporijjia, Rivne, et Khmelnytskyi) ont subi **plus de 120 frappes directes ou indirectes** depuis 2022. Pourtant, les rapports officiels en mentionnent à peine la moitié. Les raisons ?
- **La désinformation** : Moscou accuse Kiev d’utiliser les centrales comme boucliers humains. Kiev accuse Moscou de **sabotage**. Les deux ont tort. Mais les deux ont intérêt à ce que le doute plane.
- **L’impréparation** : En 2016, l’Ukraine a fermé **trois réacteurs vieillissants** (dont Tchernobyl). Personne n’a prévu de plan B. Aujourd’hui, les techniciens improvisent avec du matériel des années 1980.
- **L’argent** : Les assurances nucléaires ukrainiennes ont été **gelées** depuis 2014. Si un accident majeur arrive, qui paiera ? Pas les Ukrainiens, en tout cas. Pas assez riches. Pas les Russes, trop occupés à nier leur responsabilité. Et l’Europe ? Elle regarde ailleurs.
## Ce qui se passe quand les régulateurs n’ont plus les moyens
En temps normal, l’AIEA envoie des inspecteurs. Pas cette année. Pourquoi ? Parce que **personne ne veut prendre l’avion vers Kiev**. Pas par peur des missiles, des diplomates l’ont fait. Mais parce que **les assurances des compagnies aériennes ont explosé**. Résultat : les experts qui pourraient évaluer les risques en direct **restent chez eux**.
C’est là que ça devient dangereux. Sans données fiables, les décisions se prennent à l’instinct. Et en guerre, l’instinct, c’est souvent : *« On fait comme si de rien n’était. »*
## L’hiver arrive, et avec lui, la vraie menace
Le vrai risque ? Pas une explosion. Pas tout de suite. **C’est la glaciation progressive.**
- **Les réserves de diesel** (pour les groupes électrogènes) fondent. À Zaporijjia, les stocks tiennent encore… **jusqu’en décembre**. Après ? Plus de secours en cas de panne.
- **Les lignes électriques** sont bombardées régulièrement. En novembre 2023, **trois réacteurs sur six** à Zaporijjia ont dû être arrêtés faute de courant.
- **Le personnel** s’épuise. Les techniciens qualifiés désertent. Ceux qui restent travaillent **24h sur 24**, avec des rotations de 48h. L’erreur humaine ? **Inévitable.**
Et puis il y a **l’hiver ukrainien**. Quand les températures chutent à -20°C, les centrales ont besoin de **deux fois plus d’électricité** pour se protéger du gel. Sauf que si le réseau national s’effondre…
## La question que personne ne pose
Tout le monde parle des risques nucléaires. Personne ne parle du **risque zéro**. Parce que le vrai scénario catastrophe, ce n’est pas une explosion. **C’est l’abandon.**
Imaginez : un réacteur s’arrête. Plus de carburant. Plus de courant. Plus de techniciens. Et dehors, -30°C. Ce n’est pas une catastrophe nucléaire. **C’est une lente agonie.**
Les bâtiments se fissurent. Les systèmes de refroidissement gelent. Et un jour, **quelque chose cède**. Pas avec un bang. Avec un silence. Puis une fumée. Puis… trop tard.
Alors oui, les réacteurs ukrainiens **tiendront peut-être** jusqu’à l’hiver. Mais après ? Personne ne sait. Parce que personne ne veut y penser.
Et c’est ça, le vrai danger.
R
R Galaxie Rédaction