New York relance le Sahara, mais Rabat bloque toujours

La CELAC réaffirme son soutien à l’autodétermination sahraouie, mais le Maroc joue la montre à l’ONU. Pourquoi cette prise de position change-t-elle si peu la donne ? Et qui, vraiment, écoute encore les Sahraouis ?

Publié le 12 octobre 2026 à 14:06
New York relance le Sahara, mais Rabat bloque toujours

La CELAC parle, mais le Maroc ne bouge pas d’un pouce

La déclaration de la CELAC, c’est du déjà-vu. Depuis 2011, l’Amérique latine vote systématiquement pour le Sahara occidental à l’ONU. Le dernier rapport du MINURSO (mission de l’ONU au Sahara) confirme ce que tout le monde sait : le Maroc contrôle 80 % du territoire, mais refuse de négocier autre chose qu’une autonomie sous sa coupe. Résultat ? Les Sahraouis du Polisario, eux, ne voient toujours pas leur droit à l’autodétermination avancé d’un iota. Pourtant, la CELAC insiste. Pourquoi ? Parce que l’Amérique latine a une mémoire longue. Et une dette historique : en 1975, elle a avalisé les accords de Madrid, qui ont ouvert la voie à l’occupation marocaine. Aujourd’hui, elle veut effacer ça. Même si ça ne change rien.

Le vrai problème, c’est l’Envoyé personnel de l’ONU, Staffan de Mistura. Depuis 2017, il court après une solution politique. Ses derniers rapports (2025-2026) mentionnent des « progrès techniques » sur les questions de sécurité et de confiance. Des progrès ? À voir. Les dernières discussions entre le Maroc et le Polisario, en 2024, ont échoué sur la question du référendum. Le Maroc veut une autonomie sous souveraineté marocaine. Le Polisario, lui, veut un État indépendant. Deux visions, zéro compromis.

Et puis, il y a l’Algérie. Officiellement neutre, mais officiellement non. Personne n’ose le dire, mais sans Bakou, le Polisario n’a plus les moyens de sa guerre. Les livraisons d’armes russes se font rares, et l’Algérie, elle, a d’autres priorités : la guerre en Ukraine, les tensions avec le Maroc sur le gaz, et maintenant, la crise économique post-Covid. Résultat ? Le Polisario est à genoux.

Pourquoi la CELAC s’en mêle encore ?

Parce que l’Amérique latine a une obsession : les causes perdues. Le Sahara, c’est leur Vietnam. Une guerre froide gelée depuis 47 ans, où les deux camps jouent les statuettes. La CELAC, elle, a besoin de se donner bonne conscience. Mais est-ce que ça sert à quelque chose ? Pas vraiment. Les États-Unis, eux, ont viré leur ambassadeur au Polisario en 2020. La France, officiellement neutre, continue de vendre des armes au Maroc. Et l’ONU ? Elle est paralysée. Son dernier rapport (2026) parle de « stagnation » sur le dossier. Stagnation, c’est le mot.

Le vrai blocage, c’est le Conseil de sécurité. La Russie et la Chine bloquent toute résolution qui irait à l’encontre des intérêts marocains. Pourquoi ? Parce que le Maroc, c’est un client. Un client qui achète du matériel militaire, qui investit dans les énergies renouvelables, et qui fait semblant de jouer le jeu de la stabilité au Sahel. Résultat : le Sahara occidental est devenu un dossier ingérable.

Ce que personne ne dit : le peuple sahraoui n’existe plus

Officiellement, le peuple sahraoui a le droit de voter. Officieusement, il n’a plus les moyens de se battre. Les camps de Tindouf, c’est l’enfer. Pas d’eau potable, pas d’électricité, des milliers de réfugiés entassés dans des conditions indignes. Le dernier rapport de l’OMS (2025) estime à 40 % le taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans.

Et puis, il y a ceux qui ont choisi de rester au Sahara. Ils sont 200 000, selon les Nations Unies. Mais qui les écoute ? Personne. Le Maroc les surveille, les censure, et leur interdit toute organisation politique. Le Polisario, lui, ne les représente plus vraiment. Depuis 2020, les manifestations pacifiques à Laâyoune sont réprimées dans le sang. La dernière, en 2023, a fait 12 morts.

Alors, à quoi bon la CELAC ? À rien. Sauf à rappeler, une fois de plus, que le monde a oublié.

L’ONU joue les arbitres, mais qui arbitre l’ONU ?

Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel de l’ONU, il est dans une impasse. Son dernier rapport (septembre 2026) parle de « dialogue ». Mais de quel dialogue on parle ? Celui où le Maroc propose une autonomie sous sa tutelle, et où le Polisario exige un référendum d’indépendance ?

Le vrai problème, c’est que l’ONU n’a plus les couilles pour imposer quoi que ce soit. En 2020, le Conseil de sécurité a renouvelé le mandat du MINURSO… sans même mentionner le référendum. Une première. Une trahison.

Et puis, il y a les pétrodollars. Le Sahara occidental, c’est du phosphore, du poisson, et surtout, du gaz. Le Maroc a signé un accord avec les États-Unis en 2022 pour exploiter les réserves offshore. La Chine, elle, a investi des milliards dans les mines de phosphates. Qui va bloquer ça ? Personne.

Alors, la CELAC a raison de parler. Mais est-ce que quelqu’un l’écoute ? Non.

Conclusion : le Sahara, ça ne se règlera pas à New York

La CELAC a raison de soutenir le droit à l’autodétermination. Mais c’est comme crier dans le désert. Le Maroc ne bougera pas. Pourquoi ? Parce que personne ne veut lui faire mal. Pas les États-Unis, pas l’Europe, pas même l’Algérie.

Le vrai problème, c’est que le Sahara occidental n’intéresse plus personne. Sauf ceux qui y vivent. Et eux, on ne les entend pas.

Alors, à quoi bon les déclarations ? À rien. Sauf à rappeler que la justice, parfois, ça prend 50 ans.

Mais 50 ans, c’est long. Très long. Et les Sahraouis, eux, ils n’ont pas ce temps-là.

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R Galaxie Rédaction

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