Votre plein de gazole va coûter 20 % plus cher qu’en Allemagne

La France reste le mauvais élève européen sur le prix du gazole, malgré les baisses de taxes ailleurs. Résultat : les conducteurs paient plus cher, et les frontières deviennent des zones de chasse au meilleur prix. Voici pourquoi ça ne va pas s’arranger.

Publié le 24 septembre 2026 à 06:05
Votre plein de gazole va coûter 20 % plus cher qu’en Allemagne

Le plein qui saigne la bourse

Le 15 mars dernier, à 8h30, le prix moyen du gazole en France était de 1,85 €/litre. En Allemagne ? 1,52 €. En Espagne ? 1,48 €. Vous avez bien lu. Alors que les cours du baril ont chuté de 15 % depuis l’été, nos taxes, elles, ne bougent pas. Pire : elles sont parmi les plus élevées d’Europe. Et ce n’est pas une question de hasard.

Pourtant, tout le monde s’y met. L’Espagne a baissé ses taxes de 20 centimes par litre en janvier. L’Italie a suivi en février, avec une réduction de 15 centimes. Même l’Allemagne, où les prix sont déjà bas, a ajusté ses tarifs pour les professionnels. La France ? Elle regarde ailleurs. Le gouvernement parle de « flexibilité fiscale », mais les pompes, elles, ne mentent pas.

Le piège des frontières

À la frontière du sud, près de Perpignan, les files de camions français s’allongent. Les transporteurs font le plein en Espagne, où le gazole coûte 0,30 € de moins au litre. Les particuliers aussi. Les radars de vitesse se multiplient sur les axes frontaliers, mais pas assez vite. Résultat : des milliers de litres achetés à l’étranger, et des recettes fiscales qui fuient. Selon la Fédération française des stations-service (FFSS), près de 10 % des ventes de gazole en France seraient déjà réalisées de l’autre côté des Pyrénées.

Et ce n’est pas qu’une question de camions. Les particuliers aussi jouent le jeu. Un couple de retraités du Lot, interrogé près de la frontière espagnole, avoue faire 300 km aller-retour pour économiser 50 € par plein. « On ne peut plus faire autrement », lance le conducteur en serrant les dents. La FFSS estime que la France perd déjà 1,5 milliard d’euros par an en recettes fiscales à cause de ces achats transfrontaliers. Un chiffre qui grimpe avec chaque centime de différence.

Pourquoi Bercy ne bouge pas ?

Officiellement, le gouvernement attend que les prix du baril se stabilisent. Officieusement, on sait que les taxes sur les carburants rapportent 25 milliards d’euros par an à l’État. Une manne trop juteuse pour y toucher, surtout avec les dépenses publiques qui explosent. Pourtant, la France n’est pas en reste en matière de dépendance : 80 % de notre énergie provient encore des importations. Alors pourquoi s’en priver ?

Le problème, c’est que cette stratégie a un coût. Un coût direct pour les ménages, bien sûr, mais aussi un coût indirect : l’économie locale des stations-service. Certaines ferment déjà, faute de compétitivité. À Saint-Étienne, une enseigne indépendante a baissé le rideau après trois ans d’activité. « On ne peut pas rivaliser avec les prix espagnols », résume le gérant, qui employait deux personnes.

Ce que les autres pays font, nous ne le ferons pas

En Allemagne, les taxes ont été réduites pour les professionnels du transport. En Italie, on a baissé les tarifs pour les zones rurales. En Espagne, c’est tout le monde qui profite des réductions. La France ? Elle mise sur le statu quo. Résultat : les conducteurs triment, les frontières deviennent des zones de guerre économique, et l’État perd des milliards.

Pourtant, une solution existe. La Belgique l’a testée : une baisse ciblée des taxes pour les véhicules les plus polluants, couplée à une hausse pour les plus propres. L’objectif ? Réduire la consommation sans vider les caisses de l’État. En France, on en parle depuis 2021. On n’a toujours rien fait.

Le vrai prix de l’immobilisme

Le 10 avril, le prix moyen du gazole en France était à 1,87 €/litre. En Allemagne, 1,50 €. L’écart se creuse. Les conducteurs paient, les frontières deviennent des zones de non-droit fiscal, et l’État regarde ses comptes en silence. Pendant ce temps, les autres pays bougent. Nous, on reste plantés.

La question n’est plus si la France va baisser ses taxes. C’est quand. Et surtout, à quel prix.

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R Galaxie Rédaction

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