Un candidat, une polémique qui ne passe pas
Thouin, c’est le genre de figure qui fait rêver les stratèges : jeune, dynamique, avec un profil qui claque. Sauf que ses vieux tweets sur le féminisme, ceux où il balançait des idées qui sentent le retour en arrière, sont revenus le hanter. Fréchette a tenté de minimiser, comme d’habitude. « C’est du passé, concentrons-nous sur l’avenir », a-t-il lâché, comme si la politique se jouait à coups de gommettes sur des souvenirs gênants. Mais le mal est fait. Les militants féministes ont sorti leurs gros sabots, les médias ont rebondi, et maintenant, la CAQ est dans la merde. Pas parce que Thouin est un monstre, mais parce que son profil était censé être une force… et qu’il devient une faiblesse.
Pourtant, ce n’est pas le seul dossier qui pose question. La CAQ mise gros sur les municipalités. Trop gros. À tel point que certains de ses députés ressemblent à des agents immobiliers en campagne plutôt qu’à des députés provinciaux. Et ça, c’est un virage dangereux. Parce que quand tu passes ton temps à négocier avec les maires, tu finis par ressembler à tout le monde. Pire : tu perds ton âme politique. Regardez ce qui arrive à Fréchette. Il court après les votes des petites villes, il fait des clins d’œil aux entrepreneurs locaux, et au final, il ressemble de plus en plus à un libéral déguisé en souverainiste. C’est ça, le vrai problème : la CAQ perd son identité.
Pendant ce temps, les autres partis rigolent. Le PLQ, lui, a compris depuis longtemps que les municipalités, c’était le terrain de jeu idéal. Ils y ont leurs réseaux, leurs alliances, et ils savent comment faire chanter les maires. Quant au Parti québécois, même s’il est en lambeaux, il a au moins l’avantage de ne pas avoir abandonné son discours sur l’autonomie des villes. La CAQ, elle, est en train de tout mélanger.
Un chiffre pour illustrer ça : 42 %. C’est le pourcentage de Québécois qui, selon un sondage Léger de 2023, font confiance aux maires pour gérer les affaires locales mieux que le gouvernement provincial. 42 %. Et la CAQ, au lieu de capitaliser sur ce mécontentement, elle court après ces maires comme un chien après sa queue. Résultat ? Elle finit par ressembler à ce qu’elle critique : un gouvernement trop centralisé, trop loin des réalités.
Et puis il y a le cas Rousseau. Une ville où la CAQ a toujours été forte, mais où Thouin, avec ses vieux tweets, a mis les pieds dans le plat. Pourquoi ? Parce que la CAQ a oublié une règle basique : quand tu choisis tes candidats, tu ne peux pas te permettre des failles. Pas dans un monde où les réseaux sociaux transforment un vieux tweet en bombe en 24 heures. Fréchette a l’air de croire que ça va passer. Ça passera pas.
Le vrai danger, c’est que la CAQ est en train de devenir un parti sans projet. Pas par idéologie, mais par opportunisme. Elle flirte avec les maires, elle évite les sujets qui fâchent, et elle finit par ressembler à tous les autres. Pendant ce temps, les vrais enjeux, l’économie, la santé, l’environnement, restent sur la table. Et personne ne semble s’en préoccuper.
Ce qui se joue derrière tout ça, c’est une bataille de pouvoir. Les municipalités, c’est le nouveau terrain de jeu. Et la CAQ, au lieu de dominer, elle trébuche. Pourquoi ? Parce qu’elle a oublié une chose : en politique, quand tu commences à ressembler à ton adversaire, tu perds. Point final.
Le pire, c’est que personne ne semble s’en rendre compte. Les militants caquistes continuent de voter, les maires jouent leur petit jeu, et Fréchette, lui, reste coincé entre son image de chef et ses candidats qui lui brûlent les ailes. Et dans tout ça, les Québécois ? Ils regardent, et ils attendent. Parce qu’au fond, ils savent une chose : quand un parti passe son temps à courtiser les maires au lieu de défendre un vrai projet, c’est qu’il n’a plus rien à offrir.
Alors, la CAQ va-t-elle se réveiller ? Ou elle va continuer à jouer ce jeu dangereux, où elle finit par ressembler à tout le monde, sans jamais vraiment gagner ?
Une chose est sûre : si elle ne change pas de cap, ce ne sera pas les municipalités qui la sauveront. Ce sera l’électorat qui la lâchera. Et là, il sera trop tard.
La CAQ a le choix. Soit elle assume son identité, soit elle disparaît dans la masse. Fréchette et ses candidats comme Thouin nous montrent aujourd’hui où ça mène.