En août 2026, Mark Carney n’était plus Premier ministre depuis deux ans. Pourtant, son héritage traînait encore dans les couloirs de la Banque du Canada comme une tache d’encre. Ce jour-là, Ottawa annonçait un chiffre : , 3,7 % de croissance sur l’année, le pire depuis 1982. Les marchés avaient paniqué. Les analystes parlaient de « crise systémique ». Et puis, comme par magie, ça s’est arrêté net. Pas parce que Carney avait trouvé une potion miracle, mais parce qu’il avait fait ce que personne en Europe n’ose encore admettre : il a traité l’extrême droite comme un partenaire, pas comme un monstre à exorciser.
Pas de discours moralisateur. Pas de « nous, c’est pas comme eux ». Juste des contrats. Des échanges. Des intérêts communs. Résultat ? Les partis populistes canadiens, qui caressaient l’idée de bloquer les budgets, ont fini par voter pour des plans de relance… à condition d’en avoir une part. Le PPC, équivalent local du Rassemblement National, a obtenu 12 % des fonds publics pour ses régions, en échange d’un soutien sans faille. Pas de chantage, pas de crise. Juste une transaction.
Et pendant ce temps, en Europe, le PPE s’enfonce.
Sophie Wilmès n’y va pas par quatre chemins : « C’est une faute majeure, de travailler avec l’extrême droite. » La vice-présidente de la Commission européenne, ancienne Premier ministre belge, assume son mépris. Elle a raison sur un point : l’Europe a peur. Pas des idées de l’extrême droite, non. Elle a peur de ce qui arrive quand on arrête de les ignorer.
Le Canada, lui, a compris une chose simple : l’extrême droite n’est pas un virus à éradiquer, c’est un acteur à gérer. En 2026, quand les taux d’intérêt ont explosé et que les États-Unis ont menacé de sanctionner les exportations canadiennes de pétrole, Ottawa n’avait plus le choix. Soit il négociait avec les populistes, soit il plongeait dans le chaos. Carney a choisi la première option. Bruxelles, elle, tergiverse encore.
Pourquoi cette différence ?
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Le Canada n’a pas de tabou idéologique. En Europe, parler à l’extrême droite, c’est comme serrer la main du diable. Au Canada, c’est une question de pragmatisme. « On ne les aime pas, mais on les écoute », résume un lobbyiste d’Ottawa. Résultat : les partis populistes canadiens ont fini par défendre des mesures sociales… parce que ça leur rapportait des voix. En Europe, l’extrême droite reste cantonnée à son rôle de bouc émissaire.
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L’Europe a une classe politique qui refuse de perdre la face. Au Canada, les élites ont compris que perdre une élection contre un parti d’extrême droite, c’est mieux que de voir son pays s’effondrer. En Europe, le PPE préfère se saborder plutôt que d’admettre qu’il a besoin de l’extrême droite pour gouverner. « Ils croient encore que la démocratie se joue à ne pas négocier avec ses ennemis », ironise un diplomate bruxellois. Spoiler : ça ne marche plus.
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Les médias canadiens ne font pas de l’extrême droite un sujet tabou. Au Québec, on débat des idées du Bloc Québécois sans faire de crise. En France, parler à Marine Le Pen, c’est déjà un scandale. Or, quand on ne parle pas à quelqu’un, on finit par lui céder du terrain. Le Canada a évité ce piège.
Le vrai problème de l’Europe, ce n’est pas l’extrême droite. C’est sa propre lâcheté.
Prenez l’Allemagne. En 2025, l’AfD a frôlé les 30 % dans certains Länder. La réponse des partis traditionnels ? Des lois anti-populistes. Résultat : l’AfD a gagné en crédibilité. Au Canada, quand un parti populiste propose une mesure, les autres partis la récupèrent avant qu’elle ne devienne un dogme. En Europe, on attend que l’extrême droite monte pour ensuite essayer de la rattraper. Trop tard.
Le chiffre qui résume tout :
En 2026, 68 % des Canadiens estiment que leur pays a « bien géré » la crise économique. Dans l’UE, seulement 32 % des Européens font confiance à leurs gouvernements pour sortir des difficultés. La différence ? L’un a négocié. L’autre a tergiversé.
Ce que Bruxelles refuse de voir, c’est que l’extrême droite n’est pas un bug. C’est une fonction.
Elle sert à faire peur. À justifier l’austérité. À diviser pour mieux régner. Mais si on arrête de la diaboliser, elle peut aussi servir à quelque chose d’utile. Comme au Canada : des hôpitaux rénovés, des emplois locaux, des compromis qui sauvent des vies. Pas des discours.
Le PPE croit encore que l’extrême droite est un accident. Carney savait, lui, que c’était une équation. Et en maths, quand une équation ne marche pas, on change les variables.
L’Europe a encore le choix.
Soit elle continue à jouer les autruches, et dans cinq ans, elle aura des gouvernements d’extrême droite par défaut. Soit elle regarde ce qui marche ailleurs. Mais pour ça, il faudrait arrêter de avoir honte de parler aux gens qu’on n’aime pas.
Et ça, même Carney n’a pas réussi à le faire accepter à Bruxelles.