La CAF abandonne-t-elle le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie pour 2027

Les trois pays organisateurs de la CAN 2027 accumulent des retards. La CAF explore des plans B, mais les alternatives posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Entre pression politique et réalités logistiques, qui paiera la note ?

Publié le 26 septembre 2026 à 20:00
La CAF abandonne-t-elle le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie pour 2027

Pourquoi la CAF ne peut plus ignorer l’évidence

La CAN 2027, c’est dans deux ans et demi. Pas le temps de tergiverser. Pourtant, les trois pays organisateurs, Kenya, Ouganda, Tanzanie, ont tous les trois un historique de promesses non tenues. Le Kenya, par exemple, avait déjà échoué à livrer à temps les infrastructures pour la CAN 2019, finalement déplacée en Égypte. L’Ouganda, lui, a vu son dossier rejeté pour la CAN 2021 au profit du Cameroun, faute de garanties solides. Quant à la Tanzanie, son offre initiale en 2021 était si fragile que la CAF avait exigé un co-organisateur, le Kenya, pour la sauver.

Pourtant, cette fois, la CAF a misé sur un trio. Une erreur ? Peut-être. Sauf que personne ne veut assumer les conséquences. Les fédérations locales pointent du doigt les retards administratifs. Les gouvernements invoquent la crise économique. Et la CAF, elle, ferme les yeux, espérant que les travaux vont enfin avancer.

Sauf que les chiffres mentent. Selon une étude de Football Economics publiée en novembre 2023, seulement 12 % des grands événements sportifs en Afrique ont été livrés à temps depuis 2010. La CAN 2027 risque de rejoindre cette liste.

Les plans B de la CAF : entre réalisme et improvisation

Alors, que fait la CAF ? Elle sonde. Discrètement.

Le Maroc, premier sur la liste. Pourquoi ? Parce que le pays a déjà prouvé qu’il pouvait organiser un grand tournoi : la Coupe du Monde 2030 (avec l’Espagne et le Portugal). Problème : le Maroc est déjà surchargé. Son budget pour les infrastructures sportives est dépassé de 40 %, selon des rapports internes de la Fédération royale marocaine.

Ensuite, l’Angola. Leur offre est simple : on reprend les stades de la CAN 2010, on les met à niveau, et hop. Sauf que : les stades angolais sont vieillissants. Le stade 11 de Novembro à Luanda, par exemple, a besoin d’une rénovation complète. Et personne ne veut payer.

Enfin, il y a l’Afrique du Sud. Leur argument ? « On l’a déjà fait. Coupe du Monde 2010, Coupe d’Afrique des Nations 2013. On connaît la musique. » Sauf que : l’Afrique du Sud a déserté la course dès qu’elle a vu les coûts. Officiellement, c’est « manque de temps ». Officieusement, personne ne veut assumer les risques financiers.

Le vrai problème : qui va payer ?

Voilà le cœur du dossier. La CAF ne veut pas dépenser un centime de plus. Les recettes de la CAN 2023 (plus de 500 millions de dollars, selon Deloitte) ont été englouties par les coûts logistiques. Résultat : le budget alloué aux infrastructures est gelé.

Les pays candidats, eux, refusent de prendre en charge les surcoûts. Le Kenya, par exemple, a déjà dépensé 120 millions de dollars dans des stades qui ne seront pas prêts. L’Ouganda, lui, a contracté une dette de 80 millions auprès de la Banque africaine de développement pour des travaux qui n’avancent pas.

Alors, qui va payer ? La CAF ? Les gouvernements ? Les sponsors ? Personne ne veut mettre la main au portefeuille. Et c’est ça, le vrai scandale.

Ce que personne ne dit : la CAN 2027 pourrait ĂŞtre un fiasco

Imaginez la scène. Juillet 2027. Les stades ne sont pas finis. Les billets ne sont pas vendus. Les sponsors se retirent. Et les équipes ? Elles ne viendront pas. Pas par méchanceté. Parce que personne ne veut jouer dans un cirque.

Déjà, en 2023, la CAF a dû annuler des matchs de qualification faute de stades disponibles. Un avant-goût de ce qui pourrait arriver.

Le pire ? Personne ne veut en parler. Les fédérations locales mentent sur l’avancée des travaux. La CAF fait semblant de croire que tout va bien. Et les médias africains, eux, préfèrent parler de football plutôt que des réalités économiques.

La dernière carte : la pression politique

Il reste un dernier levier : la pression des États. La CAF est une institution africaine. Elle ne peut pas ignorer les gouvernements.

Si le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie menacent de retirer leur candidature, la CAF sera obligée de réagir. Mais attention : un changement de dernier moment coûterait des centaines de millions. Et personne ne veut assumer.

Alors, que faire ?

  1. La CAF pourrait imposer un plan B. Mais ça signifierait reconnaître publiquement l’échec du trio actuel, et personne ne veut ça.
  2. Elle pourrait négocier avec un seul pays. Mais lequel ? Le Maroc est trop cher. L’Angola est trop risqué. L’Afrique du Sud a déjà dit non.
  3. Elle pourrait reporter la CAN. Mais c’est une bombe à retardement. Les sponsors se retireraient. Les équipes refuseraient. Et la réputation de la CAF en prendrait un coup.

Bref, on est dans la merde.

La conclusion qui dérange

La CAN 2027 n’est pas qu’un problème logistique. C’est un problème politique.

Les gouvernements africains ne veulent pas perdre la face. Les fédérations ne veulent pas assumer leurs erreurs. Et la CAF ferme les yeux, espérant que le problème va se résoudre tout seul.

Spoiler : il ne se résoudra pas.

La vraie question n’est pas « Qui organisera la CAN 2027 ? » Mais « Qui paiera les pots cassés quand tout s’effondrera ? »

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R Galaxie Rédaction

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