De Wever veut un accord d’ici la fin de semaine, les partis bloquent

Les négociations sur le budget fédéral reprennent, mais Bart De Wever mise sur un conclave express. Les partis s’entêtent sur des détails. Pourquoi cette précipitation ? Et pourquoi ça va encore foirer.

Publié le 26 septembre 2026 à 06:04
De Wever veut un accord d’ici la fin de semaine, les partis bloquent

Le chiffre que personne ne veut afficher : 1,8 milliard d’euros en moins pour 2025

Le gouvernement fédéral a déjà prévenu : sans accord, les ministères devront serrer la ceinture dès janvier. 1,8 milliard d’euros de trou, selon les calculs de l’Agence fédérale des Finances. Un chiffre que De Wever brandit comme une menace. « Si on ne se met pas d’accord, ce sont les hôpitaux, les écoles et les allocations qui trinqueront », a-t-il averti. Sauf que les partis, au lieu de paniquer, semblent jouer à qui tiendra le plus longtemps. Les libéraux de l’Open VLD veulent rogner sur les subventions aux communes. Les socialistes du sp.a refusent de toucher aux pensions. Et les écologistes, eux, bloquent sur le climat, comme d’habitude.

Pourtant, cette fois, c’est différent. D’habitude, les négociations traînent parce que personne n’a vraiment envie de trancher. Là, De Wever a fixé une date butoir : le conclave du week-end. Un ultimatum déguisé. « On ne peut pas laisser les Belges dans le flou plus longtemps », a-t-il répété, comme si la population avait besoin d’être rassurée par des promesses creuses.

Mais le vrai problème, c’est que personne ne croit vraiment à ce conclave. Les partis savent pertinemment que De Wever n’a pas les mains libres. Il dépend des libéraux flamands, qui, eux-mêmes, dépendent des écologistes. Et les écologistes, on le sait, aiment bien faire durer le suspense.

Le piège ? Personne ne veut être celui qui craquera en premier. Résultat : on tourne en rond. Comme en 2018, quand le pays avait mis 541 jours à former un gouvernement. Sauf qu’à l’époque, au moins, tout le monde avait l’excuse de la crise politique. Là, c’est juste de la mauvaise foi.

Pourquoi De Wever joue les pressés ?

De Wever n’est pas un idiot. Il sait que plus les négociations traînent, plus le risque de blocage total augmente. Et un blocage total, ça veut dire : pas de budget, pas de crédits, des fonctionnaires en grève, des hôpitaux qui ferment des lits. Bref, un cauchemar médiatique. Alors il joue la carte de l’urgence.

Sauf que les autres partis, eux, jouent un autre jeu. Celui de la division. « Si on cède maintenant, on encouragera les autres à exiger toujours plus », murmure-t-on côté sp.a. Traduction : « On va faire durer, et à la fin, ce sera De Wever qui devra avaler son orgueil ».

Et puis, il y a le petit détail qui fait grincer des dents : les Flamands veulent plus d’argent pour leurs régions. Les Wallons, eux, veulent garder ce qu’ils ont. Et les Bruxellois, comme d’habitude, se font oublier. C’est ça, la Belgique : un pays où tout le monde se bat pour avoir sa part du gâteau, alors que le gâteau, lui, rétrécit.

Le vrai enjeu ? Ce n’est pas le budget. C’est le pouvoir. Et De Wever le sait. S’il arrive à faire passer son accord avant la fin de l’année, il renforce sa position pour les prochaines élections. S’il échoue, ce sera la galère. Et personne ne veut lui faire ce cadeau.

Ce qui cloche dans les négociations : les petits détails qui font tout capoter

Les experts du budget fédéral ont passé des semaines à aligner des chiffres. Résultat : des centaines de pages de compromis techniques. Sauf que personne ne les lit. Personne, sauf les fonctionnaires qui, eux, sont payés pour ça.

Prenez le cas des « crédits de fonctionnement ». En théorie, c’est simple : on réduit les dépenses inutiles. En pratique, chaque parti a sa propre définition de « inutile ». Les libéraux veulent supprimer les subventions aux festivals. Les socialistes veulent garder l’argent pour les associations locales. Les écologistes, eux, veulent taxer les entreprises polluantes. Bref, chacun campe sur ses positions.

Et puis il y a les « clauses de revoyure ». Des petits détails techniques qui, une fois signés, peuvent tout faire basculer. « On ne peut pas s’engager sur du long terme sans savoir ce qui va se passer dans six mois », grogne un négociateur du MR. Traduction : « On va faire traîner, et à la fin, on verra bien ».

Le pire ? Personne ne veut assumer la responsabilité d’un échec. Alors on repousse, on tergiverse, on attend que l’autre craque. Et pendant ce temps, les Belges paient la note.

Le conclave du week-end : un coup de poker ou une illusion ?

De Wever a convoqué un conclave pour le week-end. Officiellement, c’est pour « trouver une solution rapide ». Officieusement, c’est pour éviter que la situation ne dégénère.

Sauf que les conclaves, en Belgique, c’est comme les mariages : ça finit souvent en divorce. En 2011, il avait fallu six mois pour former un gouvernement. En 2018, 541 jours. Et cette fois, avec un budget en jeu, c’est encore pire.

Alors, est-ce que ça va marcher ? Probablement pas. Pas parce que les partis ne veulent pas d’accord, mais parce qu’ils ne veulent pas cet accord. Celui que De Wever leur propose.

Le problème, c’est que le N-VA (le parti de De Wever) a besoin des libéraux flamands pour tenir. Et les libéraux flamands, eux, ont besoin des écologistes pour faire passer leurs réformes. Sauf que les écologistes, eux, veulent des garanties sur le climat. Et De Wever, lui, veut des garanties sur le pouvoir.

Bref, c’est un jeu de dupes. Et à la fin, ce seront les Belges qui trinqueront.

Ce qui se joue vraiment : la guerre des régions

Derrière les chiffres du budget, il y a une vraie bataille : celle entre Flandre et Wallonie. Les Flamands veulent plus d’autonomie. Les Wallons veulent garder leurs acquis. Et Bruxelles, comme d’habitude, se fait écraser.

De Wever joue son va-tout. S’il arrive à faire passer son budget, il renforce sa position pour les prochaines élections. S’il échoue, ce sera la crise. Et une crise, en Belgique, ça veut dire : nouvelles élections, nouveau gouvernement, et toujours les mêmes problèmes.

Le vrai enjeu ? Ce n’est pas le budget. C’est le pouvoir. Et personne ne veut lâcher prise.

Alors, à quoi bon un conclave ? À rien, si ce n’est à gagner du temps. Parce qu’au fond, tout le monde sait une chose : la Belgique ne changera pas. Elle continuera à tergiverser, à se battre pour des miettes, et à laisser les Belges payer l’addition.

La dernière ligne droite.

De Wever a encore une carte à jouer. Mais les autres partis, eux, ont déjà gagné. Parce qu’ils savent une chose que lui ignore : en Belgique, les vrais gagnants, ce sont ceux qui font durer le jeu. Pas ceux qui veulent des solutions.

Et cette fois, les Belges n’ont pas le choix. Ils vont devoir payer. Encore.

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R Galaxie Rédaction

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