De Wever propose un budget qui divise encore Bruxelles

Le N-VA avance une nouvelle version, mais les tensions persistent. Pourquoi ce budget reste un casse-tête politique, et économique. Avec un chiffre clé : 12 milliards d’euros en jeu.

Publié le 8 octobre 2026 à 08:06
De Wever propose un budget qui divise encore Bruxelles

Le budget fédéral traîne, et De Wever joue les arbitres malgré lui

Mercredi soir, le kern s’est encore enfermé. Pas pour célébrer, pas pour signer. Juste pour discuter. Encore. Bart De Wever avait son tableau sous le bras, celui qu’il présente comme « un pas dans la bonne direction ». Vincent Van Peteghem, lui, a hoché la tête. Mais personne n’a signé. Pourquoi ? Parce que ce pas, pour certains, mène droit dans le mur.

Le problème n’est pas la proposition. C’est l’ambiance. Depuis des mois, les partis se tirent dans les pieds sur trois dossiers : la dette, les pensions, et cette maudite réforme de l’État. De Wever a sorti un document qui, sur le papier, équilibre un peu mieux les comptes. Mais sur le terrain, ça sent toujours le coup bas.

12 milliards d’euros, et personne ne veut toucher aux vrais leviers

Le budget fédéral 2025, c’est comme un restaurant où tout le monde commande un plat différent. Les uns veulent couper dans les subventions, les autres dans les salaires publics, d’autres encore dans les investissements. Résultat : on tourne en rond.

De Wever a mis sur la table une économie de 12 milliards d’euros d’ici 2028, selon des sources proches des négociations. Comment ? En gelant les embauches dans la fonction publique, en revoyant certaines allocations, et en taxant un peu plus les entreprises. Rien de révolutionnaire. Juste… logique, si on oublie que la Belgique est un pays où les partis se battent comme des chiffonniers pour chaque euro.

Le vrai blocage ? Les pensions. Le N-VA veut les revaloriser moins vite. La gauche hurle. Les libéraux tergiversent. Et au milieu, les Belges regardent, impuissants. Parce que personne ne veut assumer : soit on augmente les cotisations, soit on réduit les prestations. Deux options qui font voter contre soi.

Van Peteghem trouve ça « un pas dans la bonne direction », mais pas assez

Vincent Van Peteghem, le ministre des Finances, a sorti sa formule consensuelle. « Un pas dans la bonne direction », a-t-il lâché après la réunion. Traduction : « On avance, mais on est encore loin du compte ». Sauf que dans la politique belge, « un pas » peut vouloir dire « deux ans de négociations supplémentaires ».

Le CD&V et le N-VA, alliés au gouvernement, poussent pour un budget serré. Mais Open VLD et les socialistes freinent. Résultat : on en est à des discussions techniques sur des virgules dans les tableaux Excel, alors que le vrai débat, comment financer la transition écologique sans étouffer les ménages ?, est à peine évoqué.

Le détail qui en dit long : personne ne parle des 50 milliards d’euros de dettes supplémentaires accumulées depuis 2020. Parce que ça fait mal. Parce que ça oblige à choisir.

Pourquoi ce budget est un test pour De Wever, et pour la Belgique

Bart De Wever n’est pas là par hasard. Il joue son va-tout. Si le budget passe, il renforce sa position de leader. S’il échoue, c’est la crise gouvernementale. Point.

Mais au-delà de lui, il y a un problème structurel : la Belgique ne décide plus. Chaque réforme se transforme en guerre de tranchées. Les partis préfèrent se disputer plutôt que de trancher.

Exemple : la réforme de l’État, censée simplifier l’administration, traîne depuis des années. Parce que personne ne veut lâcher son pouvoir. Résultat ? Un État gonflé, inefficace, et des citoyens qui en ont marre.

Ce que personne ne dit : le vrai enjeu, c’est la crédibilité de la Belgique

Les marchés s’en fichent, pour l’instant. Mais si Bruxelles ne trouve pas d’accord d’ici l’automne, ce ne seront plus seulement les partis qui trinqueront. Les entreprises, les ménages, et même les investisseurs étrangers vont commencer à s’inquiéter.

Le chiffre à retenir : la note de la Belgique par les agences de notation a déjà été dégradée deux fois depuis 2020. Pas à cause du budget. À cause de l’incapacité à se mettre d’accord.

De Wever a son plan. Van Peteghem trouve ça « bien ». Mais dans les coulisses, on rigole jaune. Parce que quand on a passé des années à se battre pour des miettes, on oublie l’essentiel : un budget, c’est d’abord un choix de société. Et là, personne ne veut choisir.

La dernière question, celle qu’on n’ose pas poser

Si même les alliances gouvernementales ne tiennent plus, qui va oser dire : « Assez joué, on fait comme ça » ?

Parce que c’est ça, le vrai risque. Pas l’échec du budget. L’échec de la démocratie.

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R Galaxie Rédaction

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