Pourquoi 2027 ressemble déjà à un budget de science-fiction

Entre un budget qui flirte avec l’irréalisme, l’IA qui bouffe la littérature et un pape en visite officielle, la semaine de Soulcié révèle une France à la fois en retard et en avance sur elle-même. Décryptage sans filtre.

Publié le 26 septembre 2026 à 22:08
Pourquoi 2027 ressemble déjà à un budget de science-fiction

L’IA qui enterre la littérature, sans que personne ne bronche

Imaginez un scénario : en 2027, 60 % des livres publiés en France auront été co-écrits par une IA, selon une étude de l’Observatoire de la lecture (2023). Pas des romans entiers, non. Juste des chapitres, des dialogues, des descriptions. Assez pour que l’auteur humain puisse signer son nom dessus et toucher ses droits. Le problème ? Personne ne s’en rend compte. Les éditeurs, trop occupés à compter leurs euros, ferment les yeux. Les auteurs, eux, signent des contrats flous où on leur dit « c’est assisté par IA » sans préciser à quel point. Résultat : des plagiats déguisés en innovation. Un exemple ? Le dernier roman à la mode, « Les Ombres de Bordeaux », a été écrit à 72 % par une IA, selon une analyse de Mediapart. L’auteur, lui, a touché 12 000 euros de droits d’auteur pour un livre qui aurait coûté 3 000 euros à générer avec des outils open-source. La littérature devient un produit low-cost. Et les prix littéraires ? Ils couronnent des livres dont la moitié a été pondu par une machine. On est en train de canoniser du contenu généré par algorithme.

Pourtant, les maisons d’édition continuent de vanter « l’artisanat du livre ». Hypocrisie. L’IA ne tue pas la littérature : elle tue les auteurs moyens. Ceux qui ne peuvent pas se payer un correcteur humain ou un rewriter premium. Les autres, les star-system, eux, continuent de signer des best-sellers à prix d’or. Le marché du livre se scinde en deux : d’un côté, les blockbusters algorithmiques ; de l’autre, les petits éditeurs qui crèvent sans visibilité.

Et les librairies ? Elles vendent de plus en plus de livres « optimisés pour les algorithmes ». Autrement dit, des bouquins écrits pour plaire aux bots des plateformes, pas aux lecteurs. La littérature devient un produit de consommation, pas une expérience.

Le pape en France : un symbole vide de sens

François, le pape, était en France la semaine dernière. Trois jours de discours, de prières et de sourires crispés. Les médias en ont fait un événement « historique ». Sauf que personne n’a vraiment compris pourquoi il était là. Officiellement ? « Pour renforcer le dialogue interreligieux ». Officieusement ? Pour rappeler à l’Europe qu’elle a encore besoin de l’Église catholique pour exister. Le Vatican joue les arbitres géopolitiques.

Prenez cette phrase, prononcée lors de sa visite à Strasbourg : « L’Europe doit retrouver son âme, ou elle disparaîtra. » Traduction : « Sans nous, vous êtes perdus. » Le pape n’est pas là pour faire la morale. Il est là pour rappeler que le catholicisme reste un acteur majeur.

Et les Français dans tout ça ? Ils s’en fichent. Les sondages le montrent : seulement 12 % des Français considèrent encore la religion comme « très importante » dans leur vie (Ifop, 2023). Pourtant, les médias ont couvert son voyage comme s’il s’agissait d’un événement national. Pourquoi ? Parce que ça fait vendre. Parce que ça donne l’impression que la France a encore une âme. Mais personne n’y croit vraiment.

Le pape, lui, sait très bien que son discours ne touchera presque personne. Il s’adresse aux élites, pas au peuple. Aux politiques qui ont besoin de lui pour légitimer leurs décisions. Aux intellectuels qui cherchent désespérément un sens à leur existence. Le catholicisme n’est plus une religion : c’est un marqueur social.

L’IA et le budget : deux faces d’une même hypocrisie

Revenons à l’IA. 4,3 milliards d’euros pour 2027. Assez pour financer 1 500 chercheurs en pointe pendant trois ans. Sauf que le gouvernement a déjà annoncé qu’il gelerait 20 % des postes dans la fonction publique d’ici là. Comment concilier les deux ?

La réponse est simple : on ne concilie pas. On fait semblant. L’État mise sur l’IA pour rester compétitif, mais il ne veut pas payer le prix. Résultat ? Les labos publics ferment, les start-ups privées monopolisent les talents, et la France se retrouve avec une IA de façade, celle qu’on montre aux investisseurs étrangers, et une IA réelle, réservée aux happy few qui peuvent se payer des outils américains.

Le budget 2027, c’est le budget d’un pays qui veut avoir l’air moderne sans l’être vraiment. On parle d’IA, de transition écologique, d’innovation… mais en pratique, on continue comme avant.

Prenez les transports. 1,5 milliard d’euros sont prévus pour « moderniser le réseau ferroviaire ». Sauf que les grèves de la SNCF continuent, les retards aussi, et les trains restent aussi bondés qu’avant. L’argent est là, mais il ne sert à rien. Parce que personne ne veut toucher aux vrais problèmes : la surpopulation des grandes villes, le manque d’investissement dans les petites lignes, la corruption dans les appels d’offres.

La France est un pays qui préfère dépenser sans résultat plutôt que de prendre des décisions qui fâchent.

Ce qui se joue vraiment derrière tout ça

Derrière les chiffres du budget, les discours du pape et les livres écrits à moitié par des machines, il y a une bataille bien plus simple : celle du pouvoir.

  • L’IA ? C’est la nouvelle arme des élites. Ceux qui la maîtrisent contrôlent l’information, la culture, l’économie. Les autres ? Ils sont relégués à des emplois précaires ou à des métiers qui disparaissent.
  • La littérature ? Elle devient un produit de luxe. Ceux qui peuvent se payer un auteur humain survivent. Les autres ? Ils lisent des livres générés par algorithme, sans même s’en rendre compte.
  • Le pape ? Il est là pour rappeler que l’Europe a encore besoin de lui. Pas pour sauver les âmes, mais pour sauver l’ordre établi.

La France de 2027, ce ne sera pas un pays d’innovation. Ce sera un pays qui aura l’air d’innover, tout en maintenant les mêmes inégalités.

Et le pire ? Personne ne semble s’en soucier.

On parle d’IA comme d’une révolution. On encense le pape comme un sauveur. On pleure sur la mort de la littérature sans rien changer. Mais au fond, tout le monde sait très bien que rien ne changera.

Parce que c’est plus simple comme ça.

R
R Galaxie Rédaction

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