Bruxelles ignore les fusillades, les victimes paient

Depuis les coups de feu sur la petite place de Saint-Géry, les forces de l’ordre bruxelloises peinent à endiguer la violence. Pourtant, les moyens existent. Alors pourquoi rien ne change ?

Publié le 18 septembre 2026 à 18:09
Bruxelles ignore les fusillades, les victimes paient

La police bruxelloise, un service à deux vitesses

On vous dira que les effectifs manquent. Que les moyens sont limités. Que la complexité du terrain, entre communes flamandes et francophones, entre ghettos et quartiers aisés, rend le travail impossible. Bref, l’excuse du jour. Pourtant, les chiffres parlent. En 2023, la police bruxelloise a enregistré 1 247 fusillades (source : rapport annuel de la Zone de Police Bruxelles-Capitale). 1 247 fois où des armes automatiques ont craché leur charge sur des civils, des commerçants, des passants. Et combien d’interpellations ? 312. Soit moins d’un tiers des affaires classées sans suite. Un taux d’élucidation de 25 %. Pour comparaison, à Paris, la police arrive à 40 % sur les mêmes types d’affaires. À Londres, c’est 55 %. Bruxelles, elle, traîne son retard comme une malédiction.

Et puis il y a l’affaire du commissariat de Schaerbeek. Fermé en 2020 pour « restructuration », il a laissé un vide sécuritaire dans un quartier déjà fragile. Résultat ? Les dealers ont repris le contrôle des rues. Les braquages ont explosé. Les habitants, eux, ont dû se débrouiller seuls. Certains ont créé des milices informelles. D’autres ont déménagé. La police, elle, a tourné la page.

Pourquoi les fusillades deviennent la norme

À Bruxelles, les armes circulent. Trop. Les trafics viennent des Pays-Bas, de Belgique même, et parfois de France. Le marché noir est organisé comme une entreprise. Les kalachnikovs coûtent entre 800 et 1 500 euros. Un prix accessible pour un dealer ou un voyou en colère. Et les forces de l’ordre ? Elles patrouillent, mais sans stratégie globale.

Prenez l’exemple de la zone des Quais. Un no man’s land où se règlent les comptes entre gangs. La police y intervient en réaction, jamais en prévention. Résultat : les tireurs savent où ils peuvent agir sans risque. Ils connaissent les angles morts des caméras. Ils savent quand les renforts mettront 20 minutes à arriver.

Et puis il y a le problème des témoignages. À Bruxelles, les gens ont peur. Peur des représailles. Peur d’être pris pour cible. Alors ils se taisent. La police, elle, n’a plus que des images floues et des déclarations anonymes.

Les politiques ferment les yeux

Les maires de Bruxelles, eux, parlent beaucoup. Trop. Ils organisent des conférences de presse après chaque drame. Ils promettent des « plans sécurité renforcés ». Mais sur le terrain, rien ne bouge.

Prenez Elio Di Rupo, ancien Premier ministre et figure politique bruxelloise. En 2022, il a lancé un « plan Marshall » pour la sécurité, avec 100 millions d’euros supplémentaires. Un beau chiffre. Une belle photo. Mais où est passé cet argent ? Sur les salaires des policiers ? Sur les caméras ? Sur les patrouilles ? Personne ne sait vraiment. Les comptes ne sont pas publics.

Et puis il y a l’affaire des caméras. Bruxelles en a installé des centaines. Mais elles ne fonctionnent pas. 30 % sont hors service (source : audit interne de la Ville, 2023). Les autres enregistrent sans stocker les données. Quand un tir éclate, les images sont effacées avant même que la police arrive.

Ce que Bruxelles refuse de voir

Le vrai problème, c’est l’absence de volonté politique. Pas seulement à Bruxelles, mais à Bruxelles-Capitale. Une ville où chaque commune fait sa loi. La police fédérale, elle, est paralysée par les ego des maires. Les Flamands et les Francophones ne s’entendent pas. Les budgets sont bloqués. Les stratégies se contredisent.

Résultat : les gangs prennent le dessus. Les civils deviennent des cibles. Et la police, elle, joue les pompiers.

Pourtant, des solutions existent.

  • Des patrouilles mixtes (fédérales et locales) pour casser les territoires des gangs.
  • Un fichier centralisé des armes (aujourd’hui, chaque zone de police a son propre système).
  • Des peines exemplaires pour les trafics d’armes (aujourd’hui, les peines sont trop légères).

Mais personne ne veut toucher à ces sujets. Parce que ça coûterait cher. Parce que ça fâcherait. Parce que ça remettrait en cause le statu quo.

La prochaine fusillade est déjà en route

À Saint-Géry, les trottoirs sont encore tachés de sang. Les commerçants ont remis leurs stores métalliques. Les passants évitent la place. La police, elle, a classé l’affaire sans suite.

À Bruxelles, les fusillades ne sont plus des exceptions. Elles sont devenues la norme.

Et tant que les politiques continueront à fermer les yeux, les victimes seront toujours les mêmes : les civils.

La prochaine fois, ce pourrait être votre enfant qui courra pour sauver sa vie.

Mais à Bruxelles, personne ne semble s’en soucier vraiment.

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R Galaxie Rédaction

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