Le Brésil roule sur le pétrole et le soja, pas sur les promesses de Lula

La reprise brésilienne ? Un coup de pouce des cours mondiaux, pas un miracle luliste. Pendant que les prix du fer et du soja explosent, les Brésiliens paient leur café trois fois plus cher et tremblent devant les milices. L’économie avance, mais le pays reste à genoux.

Publié le 18 octobre 2026 à 08:02
Le Brésil roule sur le pétrole et le soja, pas sur les promesses de Lula

Le 25 octobre, si Lula perd, ce ne sera pas la fin d’un homme. Ce sera la preuve que la gauche brésilienne a raté son rendez-vous avec le réel. Pas celui des discours, mais celui des prix à la pompe, des favelas qui brûlent, et des usines qui tournent à plein régime parce que la Chine achète du fer à prix d’or. Le Brésil croît ? Oui. Grâce à qui ? Pas grâce à Lula. Grâce à un contexte mondial où le soja et le minerai de fer se vendent comme des actions Tesla en 2021. Le pays est un géant sur des échasses : ses exportations tirent la croissance, mais son peuple, lui, étouffe.

Quand le Brésil vend du vent… et des matières premières

En 2023, le Brésil a exporté 400 millions de tonnes de soja, soit l’équivalent de 10 millions de camions sur les routes. Le chiffre ? Un record. Le prix moyen à l’export ? 450 dollars la tonne, contre 300 en 2020. La Chine, toujours elle, achète. Le Brésil encaisse. Mais dans les supermarchés de São Paulo, le kilo de viande coûte 30 % plus cher qu’il y a deux ans.

Pourtant, les économistes du gouvernement parlent de « reprise robuste ». Robuste pour qui ? Pour Vale, le géant minier, dont le cours de l’action a bondi de 80 % depuis 2022. Pour les agriculteurs du Mato Grosso, qui achètent des tracteurs à crédit et vendent leur récolte à des prix de crise. Pas pour les 50 millions de Brésiliens qui vivent avec moins de 200 euros par mois.

Et Lula dans tout ça ? Il surfe sur la vague sans la créer. Son gouvernement a relancé des programmes sociaux, oui. Mais la croissance ? Elle vient des 120 milliards de dollars que le Brésil a gagnés grâce au soja et au fer en 2023. Pas grâce à une révolution industrielle. Pas grâce à une baisse des inégalités. Grâce à un effet de mode : la Chine a faim, et le Brésil a ce qu’il lui faut.

Le crime organisé gagne là où l’État perd

Pendant ce temps, à Rio, les milices contrôlent 23 % de la ville, selon un rapport de l’Institut de Sécurité Publique. 23 %. Vous avez bien lu. Plus que le taux de chômage officiel.

En 2023, 1 500 homicides ont été commis dans la favela de Complexo do Alemão, un chiffre stable depuis cinq ans. Stable. Parce que les milices taxent les commerces, volent les câbles électriques, et que la police, quand elle vient, tire à balles réelles. Lula a promis de « pacifier » les favelas. Résultat ? Les pacificateurs sont souvent des trafiquants en costume-cravate.

Et puis il y a l’inflation. Le panier de base alimentaire a augmenté de 15 % en un an. Le gouvernement parle de « pression temporaire ». Temporaire pour qui ? Pas pour la mère célibataire de Salvador qui dépense 80 % de son salaire en nourriture.

Le piège des matières premières : quand la croissance cache la décadence

Le Brésil n’est pas seul dans ce cas. L’Algérie, l’Angola, le Nigeria : tous ces pays roulent sur le pétrole ou le gaz, et tous ont en commun un État faible, une jeunesse en colère, et une économie dépendante des caprices des marchés.

Problème ? Les matières premières, ça monte. Ça monte. Et puis ça s’effondre. En 2014, le prix du pétrole a chuté de 50 % en six mois. Résultat au Brésil ? Une récession de 3,5 % en 2015. Aujourd’hui, les cours du soja et du fer sont à des niveaux records. Mais personne ne sait si ça durera.

Lula mise sur les infrastructures. Il a lancé des travaux pour 200 milliards de réals. Problème ? Les travaux traînent depuis 20 ans. Le port de Santos, le plus important d’Amérique latine, est toujours engorgé. Les routes du Mato Grosso, où pousse le soja, sont des nids-de-poule. Le Brésil exporte des tonnes de grains, mais ses camions mettent trois jours à traverser le pays.

La gauche brésilienne a oublié une chose : le peuple vote avec son portefeuille

En 2002, Lula a été élu sur un programme clair : « Faim zéro. » Mission accomplie ? Partiellement. Le Brésil a sorti des millions de gens de l’extrême pauvreté. Mais aujourd’hui, le vrai combat, c’est l’inflation qui grignote les salaires, et les milices qui grignotent la démocratie.

Le Brésil croît. Oui. Mais cette croissance, c’est comme un feu de forêt : ça brûle vite, ça éclaire fort, et après, il ne reste que des cendres. Sans diversification, sans réduction des inégalités, sans État capable de protéger ses citoyens, le Brésil reste un pays riche en ressources… et pauvre en perspectives.

Et après ? La prochaine crise est déjà là

Les analystes de la Banque mondiale prévoient une baisse des cours des matières premières dès 2025. Dès 2025. Le Brésil sera-t-il prêt ? Non.

Parce que Lula n’a pas résolu le vrai problème : le Brésil dépend des exportations comme un alcoolique dépend de sa bouteille. Quand la Chine éternuera, le Brésil s’étouffera. Et cette fois, personne ne viendra le sauver.

Alors oui, votez pour Lula si vous voulez un président qui connaît le pays. Mais ne vous trompez pas : sa réélection ne changera pas grand-chose à la donne économique. Le Brésil ne se relèvera pas par la magie des discours. Il se relèvera quand il arrêtera de miser sur le soja et le fer, et qu’il investira enfin dans ses gens.

Ça, personne ne l’a encore fait.

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R Galaxie Rédaction

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